‹ Un Pape français: Urbain IIChapitre 281 sur 356 · Robert Monach., op. cit., p · texte numérisé non relu

Robert Monach., op. cit., p

:{. i/. G., 55., XIX, 412.

la mer. Nous avons prié dans T église Saint-Nicolas. Puis nous dirigeant vers le port, nous voulions nous embarquer. Les matelots firent résistance. La fortune nous était contraire ; la mauvaise saison qu'on disait nous devoir être favorable arrivait. Force fut au comte Robert de se retirer en Calabre pour y prendre ses quartiers d'hiver. Après seulement il partit avec ses troupes. Mais alors la plupart des croisés, pris de tristesse et redoutant la disette à venir, vendirent leurs arcs, et, reprenant leurs bâtons de pèlerins, réintégrèrent lâchement leurs foyers. C'était une honte pour eux devant Dieu et devant les hommes, et la tache resta sur leur mémoire*. »

Il importe de relever cette réflexion du chroniqueur que les pèlerins croisés, en présence des hordes ignobles de l'antipape, se contentèrent de laisser à Dieu le soin de leur propre vengeance. Le fait est tout à la gloire d'Urbain II. Il eût été facile en effet au Pontife de profiter de la présence, dans la Ville Éternelle, des princes croisés pour balayer cette poignée d'insulteurs qui souillaient la basilique de Saint-Pierre. Mais, fidèle au programme de son évangélique douceur, il ne permit pas aux fidèles pèlerins de prendre ainsi en mains sa cause, pourtant si légitime. Il leur ordonna de continuer leur marche vers le but, sans- regarder ni à droite ni à gauche.

Mais avant de le voir rentrer à Rome, il est bon de jeter un coup d'œil sur le chemin parcouru alors par les croisés.

D'après un auteur anonyme deV Histoire delà Guerre Sainte^ cité par Mabillon dans son Miisœum Italicum 2, et témoin oculaire des choses qu'il raconte, les croisés, au départ, se divisèrent en trois sections. La première composée des Francs, avec Pierre l'Ermite, Godefroi de Bouillon et Baudoin son frère, entrèrent en Hongrie. Pierre l'Ermite arriva à Constantinople, aux calendes d'août, et avec lui la plupart des Allemands. Il y trouva les Lombards et beaucoup d'autres à qui l'empereur Alexis avait fait distribuer des vivres. Ce même empereur leur avait enjoint de ne pas franchir THellespont avant l'arrivée de

1. FuLCH. Carnot., HUL HieroL, Rec, hist. crois., III, p. 329.

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