‹ Un Pape français: Urbain IIChapitre 293 sur 356 · Cf. Marlot. Histoire de Reims, t. II, p · texte numérisé non relu

Cf. Marlot. Histoire de Reims, t. II, p

3. Robort (le Saint-Komi mourut simple religieux, à Senuc, au canton de Grandpré, dans les Ardennos, en 1121. Il tHait très versé dans la connaissance des Saintes Écritures, et les écrivains ecclésiastiques lui donnent de grands éloges pour l'élégance de son style. Robert s'intitule humblement • moine de Saint- Renii au diocèse de Reims ». II ajoute dans la préface ces deux modestes renseignements» personnels : si quelqu'un désire savoir Tendroit où cette histoire a été écrite, c*est dans le cloître du monastère de Saint-Rem i (de Senuc) au diocèse de Reims; s'il veut savoir le nom de son auteur, qu'il sache qu'il s'appelle Robert. iPatrol, lai,, CLV, 670.)

radministration de la communauté de Senuc où il s'était retiré pour y passer en paix le reste de ses jours. ^

III. ' — Portrait de Guibert fugitif. — Saint Anselme e> Italie. — Rome, Schiavi, Capoue, Aversa. — Bulle di Pape en faveur du comte Roger.

Le Pape, d'après Berthold, célébra à Rome la Noël de 1097 et s'appliqua à établir une paix profonde dans la ville et les pays d'alentour. Il y célébra aussi la fête de Pâques avec la plus grande solennité. Le pseudo-pape, Guibert, lors de Tarrivét' d'Urbain à Rome, s'était réfugié dans sa forteresse d'Argentum. Voici le portrait que faisait de l'hérésiarque fugitif le cardinal Deusdedit * :

« Guibert, qu'on doit appeler avec plus de raison le pape Dément que le pape Clément-, dans sa forteresse d'Argentum, tonr élevée pour sa défense, attend les anges simoniaques ^, avec lesquels il s'envolera pour s'abîmer dans les affreux marais du Styx. Il a les jambes brisées, car la fortune, par la grâce de Dieu qui nous est favorable, chancelle et touche à sa ruine complète. Personne ne lui a donné les marques de déférence et de soumission dues au successeur des apôtres, excepté son Néron et ses criminels complices. Ajoutez-y ceux qui, mus par l'avarice, par l'adoration de l'idole Argent, se sont vendus à lui par serment, provisoirement ou à perpétuité. La plupart, pour lesquels sa perfidie sautait aux yeux, prenaient la fuite, tandis que ses mains sacrilèges offraient le sacrifice, afin de ne point participer à son crime, car ils le tenaient pour n'avoir succédé à aucim des pontifes romains, et pour être un parjure, un usurpateur et un simeniaque illégitimement opposé au souverain Pontife Grégoire. Les catholiques, en effet, qui défendaient leur foi et leur religion par un zèle selon Dieu, à la mort du pape Grégoire YII

1. Deusdedit, LibelL contra invas. et simon. Mon, Germ, hist,^ De Uu\ t. K. p. 330.

2. Il fait allusion ici au château de Saint-Ange où fut enfermé Gi*égoiiv \1I.

de bienheureuse mémoire, élurent pour lui succéder le très vénérable Victor, cardinal de l'Église romaine, archiprêtre et abbé du Mont-Cassin: et, à la mort de celui-ci, peu de temps après, ils reconnurent Urbain qui règne encore aujourd'hui, Urbain, homme remarquable par la science et la religion ^. »

Vers l'époque où nous sommes parvenus, Guibert perdit la forteresse importante d'Argentum. Cette place, située sur le Pô, faisait son principal appui, parce que de là il était facile à ses troupes de harceler les ennemis au passage. L'hérésiarque errait maintenant aux environs de Ravenne. Cependant Sigonio ne mentionne pas cette ville, mais Albe, où Guibert, d'après lui, occupait une place forte. Mais quel qu'ait été le lieu de la retraite de l'antipape, il est certain qu'ayant alors été forcé de quitter Rome, il tendait des pièges de toutes les manières, c< par lui-même ou par les siens, à toute personne religieuse qui se rendait à la Ville Éternelle ». Ce sont les propres expressions d'Eadmer. Durant le cours de cette cruelle persécution, ajoute-t-il encore, plusieurs évéques, des clercs et des religieux furent arrêtés, dépouillés, accablés de mauvais traitements et massacrés. Telle était la principale occupation des féroces partisans du tyran germanique ^.

D'où l'on peut conclure que cette persécution ne sévissait pas moins en Allemagne que dans ces contrées de l'Italie. Ce qui s'accorde du reste avec le récit de Berthold d'après lequel Manegold, prévôt de Marbach, vaillant défenseur d'Urbain, fut arrêté à cette époque par les bandes féroces d'Henri, et retenu longtemps en captivité, parce qu'il refusait d'adhérer au schisme. En cette même année, au rapport de Dodechin, Rulhand, archevêque de Mayence qui refusait d'embrasser le parti de l'empereur, fut contraint de fuir et de chercher un asile dans les montagnes de Thuringe. Il fut rendu à l'Église catholique par le seigneur Urbain, comme l'atteste Pascal, son successeur, dans sa lettre à Gébhard, évêquede Constance.

1. * Urbanum qui pn»sens habetur, virum sciontia et religione praestanlissimuni. •

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