‹ Un Pape français: Urbain IIChapitre 294 sur 356 · EadmeR; Hist. nov.y 1. II, p · texte numérisé non relu

EadmeR; Hist. nov.y 1. II, p

Urbain II se montrait impitoyable pour les ordinations faites par rhérésiarque Guibert. Dans une lettre à Tévêque Bernard de Bologne, lettre qu'on peut rapporter à cette année 1097, car elle est datée du Latran, au mois d'avril, il disait : « Les ordinations faites par Thérésiarque Guibert depuis sa condamnation par le pape Grégoire de bienheureuse mémoire et par rÉglise romaine, comme aussi les ordinations faites par les pseudo-évêques ordonnés par lui, ont été, au synode général de Plaisance, déclarées invalides, à moins que les sujets ne puissent prouver qu'ils ignoraient la condamnation à Tépoque de la réception des saints ordres ^ » Comme Tévèque de Bologne réclamait son indulgence en faveur des pauvres religieux qui avaient souffert violence et qu'on avait par force entraînés à l'ordination schismatique, le Pape s'en remit à la sagesse de Tévéque qui réglerait lui-même la grave question, selon l'opportunité des circonstances, pourvu qu^il n'en résultât ni scandale ni infamie. Mais il voulait l'intransigeance pour ceux qui ne pouvaient fournir aucune excuse. Cependant même les mieux traités ne l'étaient qu'à la condition d'une pénitence quotidienne.

Le Pape demeura à Rome quelques mois, comme on le voit d'après les différents privilèges qu'il accorda à cette époque *. Il sut en profiter pour asseoir son autorité contre les schismatiques. Toutes les fois qu'il en avait l'occasion, il ne manquait pas d'encourager ceux qui souffraient pour la justice. C'est ainsi qu'il favorisa un abbé de Saint-Mihiel-sur-Meuse, Udalric, pour avoir « ouvert les bras de sa fraternelle charité et reçu à l'ombre de son pacifique monastère deux autres abbés, Lanzon et Rodolphe, qui étaient brûlés des ardeurs de la persécution * ». A peu près au même temps, pour récompenser la

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