‹ Un Pape français: Urbain IIChapitre 329 sur 356 · IuRAT., ibid., p · texte numérisé non relu

IuRAT., ibid., p

Un auteur inconnu de la chronique du Mont-Cassin, que Ton croît avoir vécu vers la fin au xiv siècle, écrit à Tannée 1098 : « La douzième lune ayant eu une éclipse à son lei^er, peu à peu se mil à décliner j le Jour des nones de Juin, et le pape Urbain meurt; comme s'il aidait fallu que le ciel lui-même fût troublé par la mort d'un si grand Pontife *. »

Nous pourrions multiplier les citations du même genre, mais celles que nous avons rapportées suffisent amplement pour montrer en quels termes les contemporains parlent d'Urbain II. Tous lui donnent le titre de Saint, de Très Saint, de Pape de bienheureuse mémoire.

Faut-il maintenant voir, dans ces appellations de Saint, de Bienheureux, de Pontife de sainte et bienheureuse mémoire une simple formule banale de respectueuse vénération ? Ruinart ne le pense pas, étant donné le grand nombre de témoignages du même genre, même de la part des souverains Pontifes, ses successeurs : « Non seulement y dit-il, les écrivains anciens et modernes, mais encore les Pontifes romains dans leurs lettres et dans leurs décrets, l'appellent çà et là homme et Pontife de sainte et de bienheureuse mémoire -. »

Aussi bien, les contemporains font mieux que nous donner leur opinion personnelle sur le mérite et la sainteté d'Urbain II : ils nous apprennent que la meilleure preuve et la plus décisive de la sainteté d'un serviteur de Dieu, le miracle, ne lui a pas fait défaut, et que Dieu lui-même, comme on lit au procès de restauration du culte d'Urbain II, a voulu montrer par de nombreux prodiges combien la mort du Pontife était précieuse. Guibert de Nogent, historien contemporain d'Urbain II, dont Ruinart proclame la valeur en le disant exempt de toute crédulité et éloigné de toute religiosité féminine, « minime credulum et ab omni religione muliebri multum alienum ^ », Guibert de Nogent nous affirme qu'Urbain II fut glorifié par les miracles : « En effet, après la mort et la sépulture d'Urbain, ainsi que l'écrit son suc-

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