La Chansonde Roland, Introd., P« 13. Tours
VI 11^ siècle et dont les exploits étaient devenus l'objet de mille chants populaires : « Quels sont les chœurs de jeunes gens, quelles sont les assemblées des peuples, quelles sont surtout les réunions des chevaliers et des nobles, quelles sont les veillées religieuses qui ne fassent doucement retentir, qui ne chantent en cadence son histoire, disant quel il fut, combien illustre et combien glorieusement il combattit sousle.grand Charles ^?.., »
Le grand événement de la fin du xi° siècle, la prédication de la croisade et la première expédition pour la Terre Sainte, devait prodigieusement inspirer Tâme nationale.
La Chanson de Roland qui fut composée vers cette époque, ou peut-être quelque temps avant la première croisade, d'après Léon Gautier, est tout entière animée de Tesprit et du souiYle des croisades ^.
C'était, il est vrai, une épopée, c'est-à-dire un poème de très longue haleine qui n'était pas destiné à être chanté par tout un peuple, ce qui n'eût pas été possible. Mais \di Chanson n'était elle-même que la réminiscence, ou mieux, en quelque façon, la résultante de nombreuses cantilènes populaires antérieures.
Cependant la guerre sainte devait avoir infailliblement son chant très spécial.
Il existe à la Bibliothèque nationale ^ un manuscrit qui nous en a conservé des traces.
D'après M. Fétis, directeur du conservatoire de Bruxelles *, le
1. « QusB cnim regDS, qux provlnciae, quae gentes, qu» urbes Willelmi docis potentiam non loquantur, virtutem animl, corporis vires, gloriosos belU studio et frequentia triumphos?Qui chori juvenum, qui conventus populorum, pnecipue roilitum ac nobilinm virorum, qua; vigiliœ sanctonimdulce non résonant et modulatis vocibus décantant qnalis
etquantus fueril; quam gloriose sub Carolo glorioso militavit {Acla Satictorum, Mali,