‹ Un Pape français: Urbain IIChapitre 345 sur 356 · CHANT DES CROISÉS · texte numérisé non relu

CHANT DES CROISÉS

Toute passion, bonne ou mauvaise, éprouve le besoin de se chanter. L'amour de la patrie, comme Tenthousiasme religieux, comme toute flamme, afm de s'enflammer davantage, veut se traduire par une musique et par des phrases rythmées dont le propre est d'éveiller dans la sensibilité de nouvelles ardeurs.

La religion a ses chants^ les plus simples, c'est-à-dire les plus harmonieusement appropriés à la simplicité de Tàme et à la simplicité du but éternel qu'elle poursuit. Le patriotrisme a ses chants, leur caractère est d'émouvoir aussi bien l'artiste le plus consommé que Tàrae la plus vulgaire. Et ce sentiment patriotique sait trouver- des accents plus vibrants et plus forts quand sonne l'heure d'un combat.

Les cantilènes populaires abondaient au moyen âge. Charlemagne n'avait-il pas fait transcrire les chants nationaux qui célébraient la gloire de ses aïeux? Du v« au x* siècle, la cantilène guerrière, composée en tudesque ou en roman, était l'expression ardente du sentiment populaire d'une société passionnée pour la guerre et admiratrice des gestes héroïques.

Et toute cette poésie, comme toute cette musique, avait un objet ou patriotique ou religieux ; les légendes bretonnes toutes pleines des souvenirs des druides, la résistance à l'invasion de Tislamisme, la dévotion ardente à la Très Sainte Vierge, fournissaient amplement à rinspiration des trouvères et des jongleurs.

Léon Gautier, dans son Introduction à la Chanson de Roland ^ , nous cite les paroles du biographe de Guillaume d'Aquitaine, célébrant son héros qui avait combattu contre les Sarrasins à la fm du

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