Bibl. nat. manuscr. 1139, fonds Saint-Martial de Limoges
I. FÉTW, Histoire gén. de la musique depuis les temps les plus anciens jusqu'à nos iVïMrt, t, ÎV, p. 481.
manuscrit est en partie du xiii« siècle; mais le fragment où se trouve le chant dont il s'agit, depuis la page 32 jusqu'au feuillet 85, est évidemment du xi«, par le caractère de récriture : il y a eu sans doute, à la reliure ancienne de ce volume, mélange d'une partie avec une autre. Le chant,.traduit en notation moderne, a le véritable caractère des anciennes mélodies populaires : il est simple, rythmé en général à temps égaux, et sans ornement. Le ton est le 8® de la tonalité ecclésiastique avec la finale à la quarte de la tonique.
Je-ru-sa-Iem mi-ra - bi - lis, Urbs bc - a-ti- or a - li- isquam
perma-nes op - ta-bi - lis gau - dcn-ti-bus to an - ge - lis.
Nam in te Christus veniens, Aperla bona tribuens; Supôr asellum residens; Gens flores terrae consternons.
Illum Judtei emerant, Colaphos ei dederant.
In faciem conspuerant, Et in cnice suspenderant.
Et in sepulcro positus, Custoditur militibus; Tamen surrexit Dominus, mis aspicientibus.
Quid prodest nobis omnibus Honores adquirentibus Animam dare penitus Infernis tribulantibus?
Et ibi cœnaui fecerat; Cum discipulis manderat, Judas illum prodiderat, Triginta nummis vendcral.
In ligno pœnas passus est, In latus perforatus est, Pedes, manus confixus est I bique nos redemptus est.
Illic debemus pergere Nostros honores vendere, Templum Dei adquircre, Sarracenos destruere.
Illuc quicumque.tcnderit, Mortuus ibi fuerit, Cœii bona decerpseHt Et cum sanctis permanserit.
Le texte donné par M. Fétis diffère peu de celui qu'a publié ^L l'abbé Raillard^ En voici les variantes :
Texte de M. Fétis I'* strophe. Quam permanes optabilis •2' - Super asellum résidons;
Gens flores terrœ consternens.
0' - Tamen surrexit Doniinus
'.*" « Cœli bona decerpserit
Texte de M. l'abbé Raillard Quam permanens optabilis.
Super atinum residens; Gens flores terrœ prosteimenn.
Tandem surrexit Dominus Cœli bona deceperit
I. Explication des nenines, Abbé Raillabd, p. i5l. Paris, io-8, autog.
En ce qui concerne la traduction du chant donnée par ces deux auteurs, les versions diffèrent sensiblement.
D'après M. Fétis, la musique est du 8* mode grégorien avec finale sol; au contraire, M. Raillard en fait un 10' mode dont la finale est la.
Selon son habitude, M. Fétis a mesuré la mélodie; M. Raillard récrit dans un style libre, assez semblable au rythme du plain-chant. La seconde phrase seule est identique dans les deux versions. Afin de rendre plus facile la comparaison, nous transcrivons les deux textes en regard :