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Jc-ru-sa-lem mi-ra - bi- lis, Urbs be - a-ti-or a-li-is, quam
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perma-nens op-la - bi-Hs gau - don-ti-bus le ange - lis.
Le même manuscrit n^ 1139 contient un second chant des croisés composé en langue populaire, également cité et traduit en notatiou par MM. Fétis et Raillard. Les paroles et le chant sont identiques dans ces traductions. La seule différence consiste en ce que M. Fétis a mesuré la mélodie; il semble au contraire que celle-ci doit être écrite avec un rythme libre.
Dans l'espace d'un peu plus d'un siècle, dit M. Fétis, les progrès de là langue d'oc furent considérables.
Au moment où fut préchée la première croisade, c'est-à-dire dans les dernières années du xi" siècle, le latin était la langue du clergé et peut-être aussi celle des châteaux féodaux; mais le peuple ne la parlait plus, quoiqu'il la comprît encore. La forme de la langue populaire à cette époque (1096) apparaît dans un chant que répétaient dans leur marche vers la Terre Sainte ces soldats de la Croix, comme on les appelait, et la multitude de femmes, d'enfants, de vieillards et de gens de tout état dont se composait la cohue de la première croisade.
Ce chant est formé de dix strophes auxquelles s'applique la même mélodie avec quelques variantes rendues nécessaires par les paroles : nous n'en rapporterons qu'une, laquelle suffira pour faire connaître à la fois et Tétat de la langue d'une partie de la France et le caractère du chant populaire à la fin du xi* siècle* :
0 Mari - a Deu ftlai -
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Domna pre - ia per no - - s to fillo glori - os. E - lo
pair ais-
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samen ; pre - ia per
tola
jen ecel - - ro nos socor:
tor
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na nos
es a
plor.
Il est à remarquer que la mélodie de ce chant est une imitation frappante de l'hymne Açe maris steita. Au témoignage de M. Félix Clément [Revue de l'Art chrétien, livraison avril-juin 1878), l'hymne As^e maris a été composée au viii° siècle. Sa mélodie primitive a dû servir assez souvent de type pour les chants populaires des siècles qui suivirent. Celui dont nous nous occupons en est un exemple, ainsi qu'on peut le constater plus bas. Le premier vers de la composition qui précède [Jérusalem mirabilis) en serait encore une preuve si l'on accepte la version de M. l'abbé Raillard. Ce savant auteur affirme qu'il en a rencontré d'autres exemples dans l'étude qu'il a faite des manuscrits de cette époque. Donnons le tableau comparé de cette mélodie et du chant de VA\fe maris tel que l'a publié la commission de Reims et de Cambrai :
0 Mari -a
Deu Mai
^iS
Deu - les p fils e pai - re
Ave Ma-ris stel
la
De - i Ma - ter
aima