V. Pontif. Ronu Dédicace des églises
dont la cause sacrée intéressait alors le monde entier ^ C'est ici le lieu de rapporter un incident vraiment extraordinaire qui arriva, dit-on, à Nantua, tandis que saint Hugues et Odon s'y trouvaient. On vint annoncer qu'un moine de la Charité, nommé AYillenc, venait de mourir. Aussitôt le saint abbé se mit en devoir de monter à Tautel et d'offrir à Dieu rhostie de propitiation pour le défunt. Mais TAuteur de la vérité ne permit pas qu'un si saint homme fût induit en erreur. II lui fut révélé que ce n'était pas Willenc qui était mort, mais Orius. Il le déclara à l'assistance aussitôt le saint sacrifice. « Il y avait là, raconte le moine Hugues, auteur de la Vie de saint Hugues, Odon, qui fut prieur de Cluny, puis évoque d'Ostie et souverain Pontife, sous le nom d'Urbain II. Cet évc^que reconnut, par un message envoyé à cet effet, la véracité de rhomme de Dieu... » C'était bien Orius qui était mort, et non Willenc qui devint prieur de la Charité quelques années après 2.
V. — Odon prisonnier de l'empereur. — CouronnemeÏ^t DE l'empereur par l'antipape Clément III.
Où en étaient alors les affaires générales de la chrétienté .* ( )n sait que deux ans auparavant, le 25 juin 1080, dans un synode composé de trente évèques schismatiques, à Brixen, ville du Tyrol, Henri de Germanie avait fait élire le pseudo-pape (luibert, un homme chargé de crimes et chassé depuis trois ans du siège de Ravenne, afin d'opposer ce fantôme à Grégoire, le Pontife légitime. Poursuivant la série de ses forfaits, Tempereur avait vainement tenté plusieurs fois de s'emparer de la N-ille de Rome. Berthold, témoin oculaire des faits qu'il rapporte 3, dit qu'en 1082, il revint à Rome avec l'apostat (îuibert.
1. On peut induire de cette réflexion du manuscrit que IVvt^que d'Ostie «'•tait déjà alors véri^tablement légat du Pape.
2. Dom Ruinart suppose, mais à tort, (ju'au moment nu^me de révénement, WUlenc était déjà prieur de la Charité. (V. Annal. liened., u V, p. 215.)