‹ Un Pape français: Urbain IIChapitre 41 sur 356 · Arch. 3, in lib. Ms. Censuali · texte numérisé non relu

Arch. 3, in lib. Ms. Censuali

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nouvelle, et allant se jeter en larmes aux pieds du souverain Pontife, le conjurèrent de mettre un terme aux périls extrêmes de la patrie. Le Pontife qui était prêt à mourir pour la justice et la liberté de TEglise si les circonstances Texigeaient, répondit inébranlablement : <c J'ai souvent expérimenté les fourberies du roi, mais s'il veut satisfaire à Dieu et à TEglise pour ses fautes, je lui donnerai l'absolution volontiers et lui imposerai la couronne royale avec la bénédiction du ciel. Sinon je ne puis ni ne dois me laisser émouvoir par vos prières. » Le roi se montra difficile à accepter ces conditions, et le peuple renouvelant plusieurs jours de suite ses instances auprès du Pape, afin qu'il daignât accueillir le coupable avant satisfaction, le Pontife resta ferme jusqu'au bout, tandis que le roi s'attirait la faveur populaire à force d'argent et d'intimidation i.

Enfin Rome, après diverses tentatives et un siège de trois ans, était acquise à Henri en l'année 1084. L'empereur rêvait sans doute ce que rêvait Henri III, son père, « être aussi maître sur terre que Dieu l'est au ciel », comme le disait un contemporain. Berthold a tait la relation de ces événements au moment où ils arriHiient 2. D'après lui, à cette époque, l'empereur de Constantinople avait envoyé à Henri une forte somme d'argent pour qu'il fit la guerre à Robert Guiscard, comte de Calabre et de Pouille, soldat juré du seigneur Pape. Robert Guiscard en effet touchait au territoire de Constantinople et y projetait une invasion. Mais Henri employa l'argent reçu, non pas à marcher contre Robert comme il l'avait promis avec serment, mais à se concilier le crédit du peuple romain, grâce à l'intervention duquel il put pénétrer dans le palais du Latran avec Guibert de Ravenne, soupape, que Honizo appelle « bestiam suam ». C'était le jeudi avant le jour des Rameaux. Les nobles Romains, à de rares exceptions près, tinrent pour le Pontife Grégoire et lui fournirent cinquante otages. Le Pape se retira alors au château

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