Behnold, m. g. SS.f VII
2. Cf. Pro Gebehardo, epUt.apolog,Mon. Oerm. De lile imp. et pont,, t. II, p. 109. 3. /M.
*- Berthold, Annal, et Paul Bernried, Vita Grey, VIL Gebhard avait été or- UoDné prêtre, la veille, avec le chroniqueur Berthold lui-même.
changea rien à la manière de vivre régulière dont il avait jusque là donné l'exemple dans la vie claustrale *.
Les chroniqueurs du temps le représentent comme un savant, un saint et un thaumaturge. Il avait été formé de bonne heure à la connaissance des divines Ecritures. « Comme une abeille très prudente qui recueille le miel par toutes les fleurs, il avait butiné les pages des Livres saints et emmagasiné dans les alvéoles de son cœur les suaves senteurs qu'il devait ensuite faire goûter à son peuple. » Jeune encore, il était devenu le familier et le disciple de Tévêque de Constance, Conrad* On rapporte même qu'un jour celui-ci étant sorti de son palais, Gebhard, en enfant plaisant, alla s'asseoir sur le siège épiscopal. L'évêque rentre soudain et, à cette vue, se met à sourire : « Eh bien, Gebhard, lui dit-il, vous êtes bien empressé de prendre déjà ma place. Elle est réservée à un autre avant vous, mais après. Dieu vous appellera ici pour paître son troupeau. » La prophétie devait se réaliser. Il fut si bien à la hauteur de l'épiscopat que le ciel, plus d'une fois, donna des signes éclatants de sa sainteté. On le comparait à Moïse traversant la mer Rouge, parce que, poursuivi par une bande lorsqu'il rapportait de Rome les reliques du pape saint Grégoire et n'ayant point de barque pour traverser le Pô, il commanda aux eaux de se retirer et traversa le fleuve à pied sec. On l'égalait encore à saint Pierre guérissant un boiteux à la Porte Dorée, parce qu'il avait subitement relevé un malheureux infirme qui marchait courbé à terre comme un quadrupède. S'étonnant devant ces prodiges : « Qui pourrait croire, dit le chroniqueur, que de la terre stérile des Allemands il ait pu sortir un si grand homme ? ^ »
C'est en compagnie de ce saint personnage fait évêque malgré lui, que le légat du Pape demeura quelque temps à Constance où il fit de nombreux et sages règlements au profit de cette
1. C'est le témoignage de l'abbé Tri thème dans la Chronique d'Hirschau. Jean Trithème, abbé des bénédictins de Sponheim, auteur des Annales d'Hirschau, né en 1462, est regardé comme le plus savant peut-être de son siècle. Dans la société littéraire rhénane, au rapport de Janssen, on l'avait surnommé le • prince de la science nationale »•