Vita Gebnardi, éd. Wattenbach. Âf. G. SS.y XII, 582 sq
église. C'est là aussi qu'il montra déjà ce soin pour l'organisation des églises particulières, dont il donnera fréquemment des preuves pendant son suprême pontificat.
Au début de l'année suivante (1085), Odon se rendit auprès d'Hermann, élu roi de Saxe contre Henri, à la place de Rodolphe, pour assister à une conférence où Saxons et Impériaux devaient débattre leurs communes prétentions *. Il n'en sortit rien et chacun des deux partis s'attribua la victoire. Gebhard, archevêque de Salzbourg, qui y défendit la cause catholique dans un long discours, vit se lever comme opposant l'archevêque de Mayence, Wecilon, dont la thèse inouïe indigna l'assemblée : l'archevêque osait prétendre qu'un prince, une fois dépouillé de ses possessions, n'est plus tenu par les lois divines. Nous allons voir comment il fut reçu au concile de Quedlimbourg qui se réunit la même année, peu de temps après.
Au milieu de ces graves dissensions, les partisans de Grégoire, pour se mettre en garde contre les attaques de leurs adversaires, avaient donc résolu de convoquer un concile. On le fixa à la semaine de Pâques et on se rassembla à Quedlimbourg où le légat Odon, Hermann et d'autres seigneurs avaient célébré les fêtes liturgiques. Il y avait là un grand nombre d'évéques dont les principaux étaient les archevêques de Salzbourg et de Magdebourg, Gebhard et Ilartwig. « Ce fut, sur Tordre du Pape, Odon, archevêque d'Ostie, qui présida, avec l'assistance de Hartwig de Magdebourg et des évêques de Saxe, flambeaux que nulle tempête n'était capable d'éteindre et qui brillaient au milieu d'une nation dépravée et méchante ^. » Quand tous se furent assis, on commença par rappeler les décrets des saints Pères au sujet de la primauté du Siège apostolique, primauté en vertu de laquelle il n'est jamais permis ni de jnger son jugement ni de passer outre. Or, un certain Cunibert,
I. On ne sait pas au juste dans quel pays eut lieu cette entrevue. L'abbé Trith^'me la veut à Berbares, ville de Thuringe.
•i. • ... jubente papa... prœfuit Otto, archiepiscopus Osticnsis, cooperantibus ttullo turbine extinguendis in medio nationis pravaB et perversae luminaribus ». Hartwig de Magdebourg et les évoques de Saxe. {Litr. can, contra Henric, IV. yon, Oerm, hisL De litc imp. et pont., I, p. 488.)
clerc de Bamberg, se leva au milieu de la salle en disant que les Pontifes romains s'étaient attribué .cette prérogative sans l'avoir reçue de personne. L'assemblée tout entière protesta et même un laïque prit la liberté de répliquer par cette parole évangélique : Le disciple n'est pas au-dessus du maître. C'est alors que fut condamnée l'hérésie d'Henri qui attribuait aux empereurs et aux rois un pouvoir absolu sur les choses profanes et sacrées. On flétrit également l'erreur de Wecilon dont nous avons parlé. L'archevêque de Mayence prétendait en outre que les séculiers dépossédés n'étaient pas soumis au jugement ecclésiastique, qu'ils ne pouvaient être excommuniés . pour leurs excès, et que, soumis à une sentence d'excommunication, ils pouvaient être reçus sans la réconciliation canonique.
Mais ce qui nous intéresse particulièrement, c'est l'hommage que le concile rendit publiquement à la conduite du légat apostolique durant son séjour à Constance, et la confirmation qui fut donnée avec éloge à l'ordination de Gebhard. Il est à remarquer qu'en souscrivant les règlements du concile, Odon ne mentionne pas son titre d'évêque, mais prend les seules qualités de moine de Cluny et de légat du Pape Grégoire ^.
Tandis qu'au concile de Quedlimbourg, les évêques, tenant en main des cierges allumés, prononçaient Tanathème contre Guibert, l'envahisseur du Siège apostolique, et contre les apostats ses complices -, les partisans de l'empereur se préparaient à tenir leur concile à Mayence, trois semaines après. Le légat du Pape y fut excommunié. « Alors, dit Berthold, s'accomplit cette prophétie de l'Apocalypse : Malheur à la terre et à la mer parce que le diable est descendu vers nous avec une grande fureur, sachant qu'il n'a que peu de temps. » Alors les dignités ecclésiastiques étaient à l'encan. Alors Henri nourrissant dans son cœur plusieurs adultères et des crimes sans nombre, et retranché de la communion de l'Eglise, pour ne pas penser à la justice, dressait sa tête vers le ciel comme un lion rugissant et secouait de leurs sièges tous les évêques qu'il savait être ses