‹ Un Pape français: Urbain IIChapitre 55 sur 356 · II. — Urbain II notifie son élection. — La comtesse · texte numérisé non relu

II. — Urbain II notifie son élection. — La comtesse

Mathilde.

Dans cette élection, Urbain II s'est révélé tel qu'il était, désintéressé et courageux. Il aurait voulu fuir le souverain Pontificat et cependant il eut la force de l'accepter. Toutes les voix s'étaient réunies sur sa tête sans qu'il y ait eu la moindre opposition à ce choix. « Odon fut le seul qui y résista ^. » Mais sa modestie n'alla point jusqu'à la faiblesse. Les déclarations montrent l'homme, comme nous allons le voir, dans les lettres qu'il écrivit dès le lendemain de son élection.

Dans ces lettres où il annonce l'événement qui vient de l'élever sur le Siège apostolique, il fait part de ses dispositions et formule sa profession de foi.

Comme il convenait que ses émotions de la première heure fussent partagées par ses frères en religion, c'est d'abord le monastère de Çluny qu'il fait le confident de ses sollicitudes, Cluny le berceau de sa vie monastique et, à ce moment plus que jamais, le rempart de la Papauté. Élu le 12 mars, il écrit donc, le 13, à l'abbé Hugues. S'il a accepté la charge suprême, ce n'était point par ambition. Dieu le sait, mais parce qu'il redoutait de capituler devant un devoir que de si grands personnages lui représentaient comme absolu dans l'extrême danger où l'Église se trouvait alors. Il avoue simplement qu'il a eu peur d'offenser Dieu ^. Mais, comme Grégoire, c'est à la porte des monastères qu'il vient frapper pour être secouru à l'heure du combat. Son insistance auprès de l'abbé est vraiment touchante : « Je vous supplie, je vous conjure, dit-il, si vous avez du cœur et si vous n'avez pas oublié votre disciple et votre enfant, de venir ra'apporter la consolation de votre présence et visiter la sainte

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