Deum me offendere mctucbain
Église romaine votre mère ; je le veux à tout prix. Ou si vraiment cela ne vous était pas possible, hâtez-vous de m'envoyer de vos fils, mes frères ; je vous verrai en eux, je vous recevrai et, jeté dansla tempête, j'écouterai d'eux vos paroles d'encouragement; ils me diront votre charité, votre affectueuse tendresse, ils m'apprendront comment va Gluny, vous et les frères de notre congrégation. Je vous prie de leur demander à tous qu'ils répandent des prières auprès de la clémence du Dieu tout-puissant afin qu'il daigne nous sauver, nous et la sainte Eglise exposée à tant de maux. Mais sachez que ce salut dépend de vous plus que de personne. A Dieu. Donné à Terracine, le 3 des ides de mars *. »
Dans la lettre qu'il écrivit le même jour à l'archevêque de Salzbourg et aux autres évêques d'Allemagne, de cette Allemagne où il venait d'être légat, il déclara qu'il avait dû obéir en chargeant ses épaules de l'écrasant fardeau, malgré sa résistance personnelle ^. En même temps, il affiche sa ligne de conduite : ce sera d'être le continuateur de Grégoire VII dont il se fera un honneur d'être le valet de pied, comme l'appelle ironiquement Benon ^. « Reposez-vous avec confiance sur moi comme vous avez fait de notre bienheureux Père Grégoire dont je veux en toutes choses suivre les traces ; ce qu'il a rejeté je le repousse, ce qu'il a censuré je le condamne, ce quil a aimé je l'embrasse, ce qu'il a ratifié je l'approuve et le confirme; jusqu'à la fin je ne veux d'autre manière de voir que la sienne. » Après quoi il invite les évêques à la guerre, mais c'est le Dieu de la paix qu'il invoque sur eux, c'est à la miséricorde du Dieu tout-puissant qu'il en appelle *. On peut dire que là est tout le programme d'Urbain II, là tout l'esprit de son Pontificat : continuer l'œuvre de Grégoire VII, mais en combattant à force de clémence^.