CoU. Brit. Urb. cp. 43. (Epistol. P. R. IxKwenfeld
C'était rallumer le foyer du schisme. Les fureurs redoublèrent. Il y eut des martyrs. On frémit en pensant à l'affreuse mort de Bonizo, Tévêque de Sutri. Chassé de son siège, il fut accueilli par les habitants de Plaisance qui le proclamèrent leur évéque. Puis, ressaisi par les schismatiques, il fut malmené de la façon la plus barbare. Au rapport de Berthold, ils lui crevèrent les yeux et coupèrent ses membres en morceaux. C'était le 14 juillet 10891.
11 est consolant de penser que le Pape avait toujours puissamment soutenu la cause de ce généreux athlète de la foi. A vrai dire, Bonizo n'avait pas été accueilli également comme évêque par tous les habitants de Plaisance. Un grand nombre de clercs et de laïcs, et non parmi les moindres, n'avaient pas approuvé son élection. Urbain, peiné de l'apprendre ^, demanda à Farchevéque de Milan et au cardinal Hermann de contribuer de tout leur pouvoir à maintenir sur ce siège et y introniser solennellement, pourvu que la discorde du clergé et du peuple ne fût pas à ce prix, un homme qui avait beaucoup souffert pour TEglise ^.
Bonizo, l'un des plus zélés défenseurs de la réforme grégorienne, avait écrit son Liber adamicum^ peu de temps après la mort de Grégoire VII. Il y répondait, par un exposé historique des luttes de son temps, à ces deux questions : Comment Dieu
L I^ date exacte» do son martyre nous a vie conservée par Tinscription suivante gravée sur l'urne où ses précieux restes furent recueillis par les fidèles «•atlioliques qui les transporttM*ent à Ci-éinone, dans l'église de Saint-Laurent : Autistes Bonizo Christi pro nomine martyr. Septima bis Julii lux bu ne collegit in urna.
Ughelli. Ilalia 9acra, t. Il, Placentini episc, p. '211.
Bonizo a composé plusieurs importants ouvrages. Celui qui nous intéi-esse le plus est sa vie d'Urbain II, dedesln Urbani. Il en fait lui-même mention à la fin lie son abrégé de VIfisloire des Pontifes romains, en ces termes : « Si Ton veut connaître les actes du Pape Urbain et les détails de sa victoire, qu'on lise le livre que j'ai écrit contre Hugues (le Blanc), on y trouvera tous les éclaircissements désirables. • (Cité par Lambecils, DeBibL Cœsarea, liv. 11, c. 8. Vienne, 16(>5-79, H vol. in-fol.) Malheureusement l'ouvrage de Bonizo ne nous est pas parvenu. Il en est de même de l'ouvrage de Geoflfroi, évéque de Sienne, De utroque apostolico (Urbain et Guibert) cité dans Uohelli, Ilalia saci^a, t. III, p. &40.