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peut souffrir le triomphe des méchants et la défaite des bons, et s'il est permis de se servir d'armes matérielles pour défendre sa foi*.
Après Bonizo, ce fut le tour d'un prêtre milanais, Luitprand, qui subit le martyre dans des circonstances à peu près semblables. Les schismatiques, pour raffiner dans l'insulte, lui coupèrent le nez et les oreilles.
Cette même année, le parti catholique, en Italie, perdait un de ses plus vaillants champions, saint Pierre Ignée, cardinal évéque d'Albano. La contagion du crime s'étendait jusqu'en Allemagne, et là, à Strasbourg, le comte Hugues d'Egentheim, qui se trouvait sans défiance auprès de l'évéque, était assassiné par ses serviteurs 2.
Mais le sang répandu ne faisait qu'augmenter le courage des vrais enfants de l'Église. La mort, endurée pour la justice, provoquait de belles paroles comme celles, par exemple, qui furent dites à l'évéque intrus de Magdebourg, Waltram, par Etienne, le courageux successeur du martyr Burchard , sur le siège d'Halberstadt. Après avoir énuméré les attentats d'Henri contre l'Église, contre les évêchés et les abbayes vendus pour des motifs imfâmes, le fier Pontife s'écriait : « Excommunié par le Siège apostolique à cause de ses forfaits, il n'aura jamai^s ni empire, ni puissance sur nous, parce que nous sommes catholiques... Pour nous, qui avons gravé la parole de Dieu dans notre mémoire comme sur le diamant, nous méprisons tous les fantômes qui se dressent contre la vérité de Dieu ; nous nous glorifions dans les tribulations : on peut nous calomnier, nous proscrire, nous exiler, nous égorger; mais, nous courber ou nous vaincre, * jamais! Notre plus grande joie, c'est la gloire de nos pères qui, en résistant aux ordres des princes, ont gagné l'éternité bienheureuse*^. »
Le parti des catholiques se fortifia aussi du mariage de la