‹ Un Pape français: Urbain IIChapitre 74 sur 356 · MiGSE, Pair, lai., CXLV, '<m · texte numérisé non relu

MiGSE, Pair, lai., CXLV, '<m

4. Quiataxnen aliquidsinistri ineorum voluntatomirrepercpotiierit^ congniam ei5 secundum ooinim intontioneiu satisfactionem injungeiidam esso... Pi*écé(lemment les Pères du concile de la Province de Reims, en 923, avaient soumis à la pénitence ceux qui avaient pris part «^ la bataille* de Soissons, entro Robert et Charles se disputant la couronne» de France, pour la raison qu'il n'est guère possible, dans ces sortes de gueri'es civiles, de se battre uniquement pour le bien public. V. sur la question Isidore de Péluse, I. IV, lettre 5(.K).

tamment à rextensîon de la vie régulière. Il établit des chanoines réguliers à Arouaise, dans le diocèse d'Arras * ; et dans Téglise Sainte-Marie de Tonnay, au pays de Saintes, il établit des moines de Saint-Jean d'Angély.

Sa bonté pour les religieux était tendre et délicate. Ainsi, tandis qu'il allait et venait dans la Gampanie, il reçut un jour la visite du prieur d'Hirschau, Gebhard, que Tabbé Guillaume lui envoyait pour solliciter humblement de sa charité quelques parcelles des reliques de saint Pierre. Rome étant occupée par Tantipape, il était impossible à l'rbain de se procurer aucune relique du Prince des Apôtres. Toutefois, pour récompenser Guillaume de son dévouement au Saint-Siège, il remit à l'envoyé des reliques d'autres saints, qu'il portait habituellement sur lui, afin de satisfaire la dévotion du vénérable abbé.

Cependant il s'en fallait que le Pape, qui « présidait l'Eglise romaine sous la persécution de Henri le tyran », demeurât dans l'exil délaissé et sans honneurs. Durant ses voyages dans ces contrées, il était presque toujours accompagné de quelque personnage éminent, laïque ou religieux. Les vrais enfants de l'Église avaient à cœur d'entourer de leur sympathique vénération un Père dont le prestige recevait du malheur son achèvement et son lustre.

VI. — Mort de quelques défenseurs du Saint-Siège en Allemagne. — Tentatives de paix. — Défaite de l'empereur.

Pendant ce temps, la Germanie était éprouvée par la disparition successive de ses meilleurs athlètes. Le saint abbé Guillaume d'Hirschau et le comte Frédéric, intrépide défenseur du Saint- Siège, venaient de mourir, le premier en juillet, l'autre à la fin du mois de juin (1091), le jour môme de la fête de saint Pierre, pour lequel, dit Berthold,il avait si énergiqueraent lutté jusqu'au

1. Leur premier supérieur fut Hildemar, A ce momont-là, ils n'étaient pas encore gouvernés par des abbés.

bout contre le schisme. D'après le même chroniqueur, Frédéric « avait été sous l'habit séculier un très vaillant soldat du Christ, i\ la façon de saint Sébastien ; Grégoire VII et Anselme de Lucques Taimaient comme le fils de leur tendresse ; il était d'ailleurs affectionné de l'universalité des clercs et des moines * ». Quelques jours après, saint Altmann de Passau émigra vers le Seigneur. Peu de temps auparavant l'avaient précédé Wolphelme, abbé de Brauveiler, au diocèse de Cologne*, et Benoit, abbé (lu monastère de Cluse, en Savoie.

Les événements politiques continuaient d'évoluer en faveur d'Henri. Les villes et les places fortes que Matliilde possédait de sa mère, au delà des monts, étaient tombées en son pouvoir ^. En Lombardie, la comtesse en personne lui avait fait opposition, (»t victorieusement, pour un jour. Lorsque Mantoue se fut livrée après onze mois de siège, au 12 avril, la veille de Pâques, Henri releva la tête ; l'antipape qui séchait reprit vigueur, et les rangs des sisbismatiques grossirent des défections de nombreux fidèles fpii se laissèrent abattre « comme les roseaux qui plient parce que le vent est plus fort » *. ^

Mais l'âme d'Urbain n'était point déprimée par la tempête. Plus que jamais confiante dans les promesses du Sauveur, elle opposait la force de son immobilité au flot des événements. Les défenseurs de la politique pontificale, Welf et ^Mathilde, harcelés sans cesse par Henri, qui voulait les détacher de leur fidélité au siège de Pierre, essayèrent d'en finir. Le duc de Bavière, père du jeune Welf, au temps où nous en sommes, alla trouver l'empereur en Lombardie et lui faire des propositions de paix, à la condition qu'il abandonnerait le parti de Guibert et restituerait ses injustes conquêtes. Henri, grisé par le succès, refusa. Welf retourna en Allemagne où les troubles étaient tels que l'élection d'un nouveau roi s'imposait. Mais les timides et les malveillants empêchèrent le projet d'aboutir.

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