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« O temps, ô mœurs ! s'écrie Trithème, en racontant ces événements, ridule Guibert était assis sur le trône de saint Pierre, et le véritable vicaire de Jésus-Christ errait sans pouvoir trouver un abri ^ ! » Aussi , d'après plusieurs documents de Tépoque, le règne du pontife Urbain était alors désijçné sous cette formule : u Urbain présidant la sainte Eglise romaine sous la persécution (le Henri le tyran ^ ».
Cependant, Bologne se souleva pour la défense du souverain Pontife. Les autres cités de la Lombardie l'imitèrent. On déploya tant d'acharnement pour lutter contre les schismatiques, que le pacifique Pontife dût intervenir pour modérer les ardeurs. La guerre était un mal parfois nécessaire ; il convenait de justitier ceux qui la faisaient dans les limites du droit, mais ceux-là seulement. Si l'Eglise, par la voix de ses conciles, condamnait la j^niorre, néanmoins, par la plume de ses docteurs, elle savait encourager les justes combats. Et le temps n'était pas encore loin où saint Pierre Damien qualifiait d'infâmes les déserteurs '. Cependant, il fallait se maintenir dans les limites de l'équité et blâmer ceux que la passion en aurait fait sortir. Urbain II était l'homme de la modération. C'est à ce moment sans doute qu'il adressa à -un évéque un rescrit qu'Yves et Gratien nous ont conservé dans leurs décrets. Il y disait qu'on ne devait point regarder comme homicides ceux qui avaient mis à mort des excommuniés, dans une guerre juste comme la guerre actuelle, mais pourtant qu'il fallait leur imposer une pénitence proportionnée, à cause de la perversité possible de leurs intentions *.
Urbain II continuait à créer des Evéques et travaillait cons-
1. Rom» in cathedra sancti Potri Wigrbertus sedebat idolum, et vonis Christi vicarius nullum manendi locum potcrat invcniro tutum. Tritii. Annal. Hirmug.
2. Urbano sancta? Roman» Ecclosiaî pi^assidentc sub persecutione Honrici tyninnici. Kuinart, Vit. Urb., XC.