Ps. bU
chose me soutient, c'est votre paternelle tendresse pour moi, tendresse que je ne puis apprécier autant qu'elle le mérite. * »
Urbain II parut afficher une certaine indulgence, après le concile d'Autun, en renvoyant la conclusion de la grave affaire au concile de Plaisance. Cependant il est hors de doute qu'il ne s'écarta pas un instant de la voie droite. L'ensemble de son attitude, sa lettre à l'archevêque de Reims et le témoignage d'Yves de Chartres le disent assez haut. Dans ses insinuations malveillantes, Hugues de Flavigny se fait simplement l'écho des courtisans du roi qui avaient tout intérêt à discréditer l'autorité du Pape. A moins qu'on n'ait le droit de reprocher à celui-ci de n'avoir pas voulu éteindre la mèche qui fumait encore ou de briser le roseau plié par l'ouragan des passions ! A moins qu'on ne fasse un crime à Urbain II de s'être approprié le langage ipi'Yves de Chartres tenait de lui-même! Yves, dans la crainte d'arracher le froment avec l'ivraie, tolère beaucoup de vices et ferme les yeux sur nombre de misères ; il voit dans la maison de Dieu.beaucoup de désordres qui le torturent, mais il attend, et, d'attendre, il ne sait si c'est discrétion ou faiblesse, en sorte que cette perplexité le désole. Enfin, dans le champ du Seigneur, il fait tout ce qu'il peut, mais la sagesse le fait marcher comme une fourmi ^ !
Urbain II parlait sans doute comme son disciple. Mais « Tare demeura tendu et le glaive tiré ^ ».