‹ Un Parfait Gentilhomme et Quelques AutresChapitre 1 sur 5 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Un jour que le ciel de Neiv-York se laissait tout entier couler sur la ville en ruisseaux glacés^ le charmant écrivain George S, Hellman pensa que le moment était venu de nous montrer Chinatown, la ville chinoise incluse au Sud, dans Vimmense cité.

Des rues serrées, des enseignes bizarres, des caractères chinois sur les portes, quelques Célestes silencieux qui fuyaient entre les flots de pluie, c^est à peu près tout ce que nous pûmes distinguer de pittoresque dans le paysage.

Une boutique désordonnée, où une odeur chaude et fétide attaquait les narines, nous offrit de belles pantoufles de soie brodées en rose et en bleu, et une autre, non moins sordide, une coupe en faux Coréen, Deux ou trois f crames, habillées à la chinoise, entrées en curieuses par le fond, petites et sautillantes, jaunes et fardées de rose comme les pêches d'Espagne, échangeaient^ d'une voix d'oi-

seau^ avec les hommes qui nous vantaient d'a^reux services à thé en Satsuma moderne, quelques paroles à peine perceptibles, sans doute sur le meilleur moyen de nous faire payer très cher.

Enfin, sous un parapluie dérisoire, nous remontâmes dans le taxi-cah qui repartit à toute vitesse sur le chemin de Fifth Avenue, et f aurais toujours cru que Chinatown était, en somme, quelque chose d'assez insignifiant, si George S. Hellmann, à qui je demandai quelques explications supplémentaires, ne m^eût aimablement envoyé, en guise de réponse, The honourable gentleman and others par Captain Achmed Abdullah.

Captain Achmed Abdullah ? Je regardai ce nom avec surprise. Que pouvait bien être ce mahométan qui, ayant emprunté un titre militaire aux Anglo- Saxons, écrivait en américain sur les Chinois de New-York ?

Vous adressiez'vous à Véditeur de The honourable gentleman and others, vous receviez une lettre courtoise qui, après vous avoir renvoyé à je ne sais quel article de journal, vous apprenait que Captain Abdullah était parti « dans les bois », ce qui ne vous étonnait pas de sa part, mais ne vous renseignait pas beaucoup non plus.

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