ER TE
Chicoine, A.
un ami m'invite à assister à un parti de tire !
Grand Dieu ! j'acceptaï le cœur gonflé de reconnaissance. Cela coûtait 81.- 00 ; je payai saus délai, trop heureux de sacrifier cette obole sur l'autel de la patrie, À 7 heures P. M,, à la brune, Je m'acheminai, rapide comme, l’amoureux, volant au devant de sa Dulcinée, vers le lieu du rendez-vous
Je frappe quelque part à St, Hyacin the ; un ouvre et lientôt me voilà dans nne grande salle splendidement éclairée, .en fare d’une table somptueusement servie, déjà entourée de con:
vives distingués. Après les poignées de main, les saluts, les embrassades, tont le tremblement ordinaire de.coups de poignets usités en pareille, “irconsiance, j'examine : ving-neuf personnages éminents réanissaient dans celte encéinte toutes les distinctions possibles dans toutes les sphéres de la vie sociale ; des hommes d'état blanshis sous le harnais politique, vieillis au servi ce du pays, comme MM, Raymond et Léon Lebrisse Comte.de Kéroa:k, un député de génie comme M. Gendron ; des écrivains de premier ordre comme MM. de la Bruére, père et fils,Chagnon et Alphonse Raymond ; des inlustriels de mérite comme MM. Lebrisse vicomte de Kéroack, Pagnuelo ei Chalifoux ; des capitalistes et marchands distingués comme MA. Elie Perrault Boivin, [S. & A. Léonard Beauñrv ; des orateurs sans rivaux comme MM.
Choquette, Barbeau et.
Adam ; des philantropes pieux et zélés comme MM. Taché et UC. Lussier et
Gr PER EAN LE en —
enfin plusieurs autres illustrations qu'il serait trop long d'énumérer.
N. B.—M.J. L. Sanguinct n'y était |
as.
: Les procédés préliminaires ne durèrent qu’un instant: en un clin d'œil le plat de tire, flanqaé de bouteilles à ventre rebondi, comme la bosse abdoménile de M. le shérif et de petits hors d'œuvres de circonstance, est apporté et posé majestneusement au beau milieu de la table. Le benedicité est re.
cité avec componction par M. le Comte de Keroack, les réponds exécntés avec ensemble par MM. Chagnon & Pagnne.
lo, un: Cantique est chanté par M. Camille Lussier, et M. Raymond, père, en sa qualité de président, procède avec une 1mpartialité digne d'éloges à la distribulion des bélons, réservant naturellement le plus gros à M. Gendron, l'hôte de la soirée.
Puis chaque convive, armé de son instrument sucré d’une main est requis par M. Raymond de remplir son verre de l’autre.
Les santé: d'usage bues avec enthousiasme, la tire quelque peu croquée, M. le président, de sa voix grave, éloquente et harmonieuse, adresse en ces termes lauditoire suspendu tout entier à ses lèvres.
“ Messieurs, j'ai cru devoir à l’occa sion du départ de riotre ami M. Gendron pour Ottawa préparer cette petite manifestation de l'estime profonde et
dron (Bravos) Vo :s le cornaissez (Qui,
| oui) il m'a succédé au parlement et, grâce à lui, mon influence est restés dans les Conseils du gouveruement. Je ne parlais pas beancoup, c'est vrai ; FM: Gendron suit mon exemple ; mais, | sachez-le, messieurs, le silence esi d'or etla parole est d'argont ; si M. Gen dron, comime-moi, ne parle pas beani- Coup, crovez-imoi, il d'en pelse pas moins, à l'instur de certain volatile trop meprisé (Rires et hocrras !)
“ D'ailleurs, je vous le dérlare sin:
cèrement, mon silente à maintes fois
|embôté l'opposition et le ministèré !
| (C'est! vrait ) Messieurs, debout! ver-
| res en maiu, éère aux deuts, croyez et buvons à la santé de M, Gendron!
‘ (Bravos ! ”
M. A. Raymonb :--Hourra pour toi papa !
M. Gendron profondément ému se lève au milieu d’un calme solennel et répond comme suit :
“ M. Le Président, la Providence n'a appelé au gouverné | de Pétat, j'ai pris la place de M. Raymond et je marche sur ses traces ; je vous suis reconnaissant de votre accueil et je vous rend
{ grâce, Celui qui comme moi se sacrifie pour Dieu et sou pays est heu- 'reux le voirappr'écier ses travaux el | ses efforts pour promouvoir les inté rêts internalionaux et religieux du D:minion. Vous dermoutre: que l'opinion éclairée de la Province comprend mou
de la gratitude sans bornes dont nous | amour pour le bien et ce que j'aipn
sommes pénétrés à son égard pour les immenses services qu'il a rendus au pays durant le premier Parlement de cette province. Le but est tout national aussi y aije adjoint une anaexe tonte patriotique sous forme de parti de tire afin de démontrer notre patriotisme.
‘ Comme j'ai perdu quelque peu l'habitude de parler en public (Cris de non ! non !) je porterai de suite la sante capitale de la soirée, celle de M. Gen-
faire de bon jusqu'ici; ma tâche a cependant été rendue très facile par mes talents natureis et l'exemple de MM.
Cartier et Raymond.
‘ Guidé par ces deux grands hommes [M. Alphonse Raymond salue | je n'ai point où peu parle mais tonjouts voté dans le sens ministériel, le seul qu'un bon catholique puisse ‘adopter.
Quelque fois j'hésitais ; maïs M: Cartier me disait : ‘“ Ecoute, jeune homme
“duc
dette ouJo dlus esoi tout Jour.
Lu, Hort # ‘M.
i M pour «Jean:
ne g vomn “quest que
temp:
Cart promu mauitt CUIR | con À ot
À ce] ON Fi
M.GEnDRoN : — Sur ce, messieurs je termine et permettez moi de mettre dans' ma poche quelques bétons pour mes &mis d'Oltawaet de vous dire mille fois merci et entin je vous déclare que ce bdton de tire.est le plus beau jour de ma vie ! [| Applaudissements
Sez (Oui, fette mesure te parait mauvaise, vote meule, HouJours avec moi ; La n'en auras que st restés dlus de mérite, car nous u’1vons pas ment. Je esoin de toi pour ls bonnes mesures, St vrai ; tont le monde indistinctement vote v ; Mais, pour.” Naturellement je cédui. Plus es d'or lard, je formai le tiers-path ; 1l m'est
M. Gen Mort entre les mains ! requiscat. frénétiques ; M.’ Kerouck tapesur le as beari- # M. KÉRoOACK :—Amen ! ventre de M. Taché ; M. Lussier blan- USe pas 0 M GexonoN :—M. Raymond avait | chit d'enthousiasme et M. Perrault emvolatile pour titre de gloire le bill des bar-| brasse soi gendre]
M. Gendron en terminant propose en quelques. mots appropriés la santé des amis politiques: de St... Hyacinthe et prie M. Elie Perrault de répondre. Ce monsieur. se.lève au milieu d’'applaudissements unillmes:
‘ Monsieur le, Président, ce n’est
136088 ‘Jeaux, moi j'ai celui d'avoir détaché are sin.
iles fois iistèré !
LT ver JUeZ et drun !
“du comte de Bagot 40 électeurs qui ue gétiuient, Je continuerai,messieurs | “omme pur le passé ; par exeuwple, la "question dun bardean est toute natioaile M. Raymoud la dit dans ‘le “temps— il faut qu'elle aboutisse ! M.
“Cartier votera pour et M. B:llérose m'a
pas sans : hésitation dont je suis rem
Dur toi promis son appui ! Moi quisnis né au! plie dont, j: suis venu parmi vous à daquitrème rang dé Ste. Rosalie, j'en soir, Car, en palitique ca va. bien avec mu se sous la nécessité ! M. Cartier me re | M, Gendron, ; mais j'peux, pas m'emnnel et | compeusera de ma docilité en ‘dotant | pêcher. de : lui faire un reproche dont l ion pays de cette loi ‘admirable ! Et{ à l’égard de la jumeut dont il m'a vence m'a “ce jour là je pourrai dire e Nunc dimit-| due garantie mais, dont auquelle elle al pris À dis scroum luum du père Siméon. est poumonique. Néanmoins je. suis arche 7 M. TACHÉ :—A4men! | bleu et J'passe pardessus dont j'veux nais- 0 M. GENDRON : —Messieurs, il faut |tenir mes opiguons dans la politique. s rend . ètre reconnaissant, je l'ai éte etlje le | A part de ça, M, Gendron connaît sés se sit- à suis: je l'ai p ouve. Voyez M: Chicoi-| amis et les encourage dot par exem- | heu- ue. à qui doit-il les charges importan :| ple 11 m'a! moutrè en achetant beauaux el tes dout il est revètu.? [ M Chicoine | Coup à mon magasin quoique mes voiinté se sins Fligne et Dorté dont qu'ils me u Da. M. 'Tacté : — Tibi Domine ! touchent vendent à bon marché le lHion M. GENDRON : —Et M, de fix Bruère | vieux stock de Managanne [M. Taché | mou jur ? qui l'a mis en conjonction avec !applaudit] aipn “ greffier de cette ville ? [M. de la! “ Parlant politique ‘dont à lagnellé a ce- suere salue] 1 M. Gendron s'occupe, j'ai rendu moi mes M. TAcHÉ : — Tu autem Domine ! elout dès grands services au parti : d'a MM. M. Erroack : =Deo gratias ! bord, vous savez M. Raymond, j'ai sou- M. GENDROY : — Je vous garantis | tenu votre élection ; à St Bernabé, M. om que mon inflwence me permet de don-! Duna nn bon jour étaït bien embas- > | je ner totutes les places icron ailleurs sous | rassé ; là pour abattre les rouges;/j'ai ours le gouvernement, etsoyez sûrs qu'aus- | pris l'affaire :enimains dont qu'elle alseul sitôt des trous faits vous auréz le plai- | lait mal ; je criaià M. Dunn : Quiafñm- : itér. sir d'y entrer ! posé Îcs taxes sur les cuirs ? ” “ C’est Car PLusreure voix : — Bien! à moi ! | les rougesrépondit: M. Dun: ime jen veus! M. PAGNUELO : — C'est vrai !
M. PERRAULT : — Qui a renversé la religion dont nous pratiquons ? C'est les rouges !” Et d'autres questions comme ca dont les ronges en vinrent tout en déroute | Hourra !] Cependant messieurs, on n'a pas été reconnaissant à mon égard. J'ai guinque été nommé juge de paix ca paye pas [Non ! Non!} Moi qu'a voyagé en Australie et en Espagne dont Je travaillais les mines, je méritais plus que ça.
Néanmoins, messieurs, ma politique est solide comme celle de M. Lussier.
‘* Parlons de la France dont sur laquelle Pismark fait des siennes. Je suis plein... comme vous de sympho nies pour les français. mais je veux la paix. Honte à Pismark et A bas la Prusse ![ Applaudissements prolongés)
Je crois en avoir dit assez. Mongen-
dre M. Chicoïine, l'avocat de la Couronne et le recenseur[#. Chicoine salue) vous dira le réste Quand à moi je prends ma chaise dont à laquelle j'ai besoin #ais avant je propose la san té de la Presse dont mon gendre qui fait le Farmers Journal répondra !” j Hourras unanimes ]
À pane le bruit assourdissant, tant |
l'enthousiasme de l'auditoire était rendu à son paroxisme par l'éloquente allocation de M. Perrault, se fut il quelque peu apcisé. M. Chicoine, substitut du Procüreur-Général et receuseur, surgit à la gauche de M, Je Président etensevelissont dans les profondeurs de son estomac un débris récalcitrant de tire mal croquée par un effort de gosier mal déguisé, la main gauche sur, le cœur et la dextre dramatiquement éteadue, répondit en ees termes au toast de son beau-Père.
M. le président et Messieurs.—Je suis enfant du sol canadien comme M.
Gendron et comme! lui j'ai vu le jour | vous l'avez dit avec tant d'à propos, M. loin des cités. Je suis né comme ce}
grand homme dans une concession. —
lui au 4 ème raug da Ste: Raralie, moi 4
à l'antre bout du grand St. François.
M. F. A. Ginouanb :—Bravo! c'est @j
mon rang |
M. CHicoinE :—Aussi, l'occasion s'étant présentée de rendre service aux habitants je l'ai saisie : où m'offrait la rédastion d’un journal agricole, j'acceptai et depuis longtemps j'écris pour les cultivaleurs canadiens français des articles sussi longs qu'instructifs, en |auglais, dansle Farmer's Journal!
MF. A. Ginovanb :—Très bien ! très Dien !
M. Cnicoixe :—Mon journal a déjà rendu d'immenses services. M, Casa vant, de St. Dominique, me.le. disait l'autre jour : depuis qu'il lit ma femille ses carottes et ses navets sont pus gens et donnent un meilleur rendement.
Rien de telque le croisement ! Donner en anglais des leçons d'agriculture à ceux qui ne comprennent pas ce lan gage parait drôle au premier. abord, mais j'ai la preuve des bons résultais que cela produit ! cela suffit (Cris de :
Our ! oui !)
“ La presse s'occupe tellement de notre hôte (M. Gendroen salue) qu'il est de mon devoir d'en dire quelque chose en cette circonstance. Que n'a-t-il pas fait dang le passé ? Jetez uu coup d'œil en arrière ! (M. Girouard et Mr. le comte | de Kéroack regardent derrière leurs | Chaises ; M. Pagnuelo regarde sons la | table. ) M Gendron à ramené le comte
de Bagot à la religion et. à la patrie !
| M. TacHE : —gloria li ! vivat!
| M. cHiCoiNE : — J'en sais quelque | chose moi qui ai dans cette lutte gigan- | tesque gagné mes éperons..M. Gendron | fut merveilleux de sang froid, d’adresse et de courage dans ce comhat terri- | ble, corps à corps avec l'erreur et l’im | pieté ; il ne parlaitgnère mais, comme
le président, il n’en pensait pas moins.
C'esten comité qu'il fallait. le voir.
de n
ifaire Hoat C auto {ts LJ Ce 4 à Gre 0 cel À niss slet
A ré
o:alie, moi
François.
Bravo! c'est À
casion s'éervice aux m'offrait la ‘icole, j'acj'écris pour l'alçais des tructifs, en unal !
bien ! très
nal a déjà M. Casa le. disait ma fenille bpusgrns ndement, NL! Donericulture.
is Ce lan 1. abord, résultats (Cris de :
ant de noiLest de chose en
pas fait d'œil en
6e Comté alrie !
Greticr conjoint ;
C'est lui qui orgeuisait le
Jouruissart des aguments à 4 L
tt des documents à M. Cahanas, S'a-
Lissait1l des $ 1000 qu'on l'accusait
l'avoir gardées durant seize mois et Yomboursées, sans intérêt, au secrélire d'une munipacité d'Acton ? Vite, | homme de geuie, il répondait en se | Mmoquant, à ses calomniateurs, avoir eu | besoin de ces $ [U00 pour payer une derre tout récemment achetée. Ses ad- Mersaites se taisaient écrasés.
À * Elu, M. Gendron est resté digne “le notre admiretion et a grandi de cent “oudées notre estime pour lui. Ne di- Sault mot en chambre, ne s'aiusant pas | À faire des lois—trop d'autres membres | duutiles se livrent à cette besognie Insiisnifiunte, M. Gendron travaillait dans !
les comites jour'et nuit, Vous n'en sa
s batailles | pas s'il me fallait vous citer tous les M Thibault | actes qui ont fait de M. Gendron le plus grand homme de S'e. Rosalie et des environs !
‘“ Nous sominers en famille messieurs tous employés actuels ou futurs du onvernement ; pourquoi ne vous pare rai-je pas à cœur ouvert ? Nous ren dons, ce soir un témoignage éclatant de reconnaissance à M, Gendron, au lieu et place de ses électeurs, il faut
| bien le dire tropignorants, trop apa-
thiques, trop ingrats pour remplir leur
| devoir envers leur digne reprèsentant.
Les électeurs de Bagot n’out rien fait pour leur membre, honte à eux ! (Gris unanimes de : Honte! Honte ! \Com:.
ment pas un deux n’est ici ce soir pour approuver avec nous la conduite parleinentaire de M. Gendron ? Les misé-
dvez rien, mais M. Cartier ie sait, lai,et | rables ; il faut que des étrangers au
l'affirine ! Que vous faut-il de plus MM. Penrauzr ET Lussien :—Bravo.
M. ve ea Bruëne, père, à M. Pagaue-
“lo :— Un morceau de rôti, s'il vous
“ piait |
M. Cuicoine :— Du reste l'excellent
“député de Bagot n'a pas oublié ses
Pr
duait l'ouvrier. J'avais ait durs l'excita-
gui de la lutte que j'étais bleu parce que ca payait mieux. Pour ne pas me
faire mentir, il m'a fait nommer avofout de la couronne es recenseur. Voyez autour de vous, M le Président, d’au- Ues preuves vivantes de la munificence de M. Gendron. M.de la Bruëre, M. Henderson, re- ! ceuseur ; M. C. Lussier devenu four-
nisseur de bois du Palais de Justice et de la Prison de St. Hyacinthe {M. Lus- … sier salue); mon beau père juge de
k aix. (M. Perrault fait signe que oui)
a brochure inédite sur la colonistion
"simprime au Courrier et M. Gendron % saura j'en suis sur, m'en faire payer le | de son verre.—M. Taché sanglotte—
de
| HCS
4 * + « | “amis et soutiens ; à l'œuvre, on recon- | , faut pas crier ceia trop haut ; c’est eu-
| tre-1ous.
4 coût, par le gouvernement, au centu- | l’attendrissement devient ple. Éh!bon Dieulje n’en finirais tous les mouchoir:s sortent des poches
? | comté de Bagot comme nous prennent
l'initiative 1
M. GEnuRoN :—interrompant : Ne parlez pas si haut, M. Chicoine, si mes électeurs savaient Ca, qui sait comment ils me traiteruient aux prochaiélections.
M. DE La Bruère :—En effetil ne
| M. CHicoixE reprenant :—Pardonnez | mon zèle et mon ardeur qui m'empor- | tent peut être trop loin : mais un pen-
seur célèbre a dit : Celui qua fait croi-:
tre deux brins d'herbe la où ‘un seul était produit est un bienfaitewr public. Or, M.
| Gendron a fait deux employés du gou- | vernement, là où un seul Fengraissait pe de la Bruère salue] depuis plus de Oans. C'estun bienfateur public ; c’est mon bienfaiteur, votre bieufaiteur beau père ; que son nom soit bém !
| M. Gendron s’incline.—M. Kéroack se signe dévotement.—M. Pagnuelo vi-
général—