‹ Un parti de tire! [microforme]Chapitre 5 sur 6 · Gloire ÿ re le Code * ä, ” ÿ · texte numérisé non relu

Gloire ÿ re le Code * ä, ” ÿ

ressent au. © 2

il, l l et h le Ra + Le chant patriotique de M. Girouard | faisait un monlinet menaçant pour le el sure tuVait fait vibrer avec tant de force la nez de M. Desneyers.

fibre nationale des convives qu’un si- | L’appendice riasal de ce dernier s'al- Iunce éloquent succéda soudain aux longeait en se renflant aux nariries et arclamations chaieureuses qui avaient | dessinait sur le mur un coin gigantes- “accue:li les complets admirables de | que. “l'aimirable improvisateur. M. dela Bruère, fils, se tenait le

Un :or- Imes, gur-quel mal.

lONS si mal ) ; À n; N Quelque peu impressionné moi-mèê | ventre à deux mains comme un malquer qu'u- Me, je cherchai une diversion aux | heurevx pris de coliques.

* émotions qui m'assaillaient de toutes | M A. Choquette reltournait ses po-

à bien ve. À E Hi sérieux : À bürts, en jetant un coup d'œil autour |ches et M. Romuald dito, à cahfour-

emblée #t 24e moi. 2 | ___ [chon sur une chaïse, fixait des yeux

de la fat: + Pour la centième fois peut-être, il | ébahis sur le nez monstrneux de M.

sacrifie et Me fut amplement démontré que l’ex | Desnoyers.

n patrioti. M ‘itation mentale. quel qu'en soit la! .M.*** grignotant un morceau de tire source, se manifeste d autant de ma- | tout en soupirant et M. ***" grattait le

j'aipu la # ‘uères dane uncréanion d'êtres hu | fond du plat en geignant douloureuse-

{ mains que l’on y compte d'individus. | ment. ‘5

F Par exemple : M. Taché larmoyait, |} La situation se compliquait étran-

4 levait une main au ciel et l'autre dou-| gement pour votre serviteur qu’une

fa

jus cciment repliée sar l'occiput sem' lait | implacable envie de rire martyrisait, vouloir arracher une touffe de che- | quand M. 4.4. Chagnon, en se dandi veux absente naturellement. |vant et mouhnéttant as aforesaid, at 4 MR Raymond toussait légèrement | teignit d’un reverside main le nez de + et mettait un biscuit dans sa poche. |M. Desnoyers et duschjen, de la maiux 3 M. A. Raymond se grattait frénéti- cd fuis à 4 quement le bout du nez. DODarent 1 + M. Perreault frotiait le verre de ses hurlement épouvantable, tel, que M. :. lunettes sur le genou de son voisin. |]e Vicomte de Kéroack s’en boucha ! M. HRROIRE brossait sa manche d'hs hermétiquement les oreilles. bit sur le dos rétréci de son Pcau-père. | ; fie FES à M. Girouard s'épongeait le 1m | Chacun reprit sa position prive : 4 ; te | pendant que M. Caagnon pensait pieu du RE ne Dé sement les deux biessés.

M. Gendron serraït une bouteille de t ; bière sur son cœur. |. M.ze PRéÉsineNT : —Messieurs, il se

M. de la Bruère, père, mangeait tou- | fait tard : néaumoins plusieurs santés jours et tentait vaimemen de trencher | restent encore en arriere- Dépêchons ; sut pain avec une cuiller. |c'est le seul moyen de faire disparai-

M. le Crmte de Keroack fesait des | tre l'émotion inséparable de l'incident efforts herculéens pour s'agenouiller | douleureux qui viens d'assombrir nodans le dos de M. Pagnuelo. tre fête [Très bien ! | Buvons, Messieurs,

M. le Vicomte de Keroack tenait son buvons aux dames QUI. sosvssoeses AUX beau-frère Camille par le cou et lissait dames que............ aux dames :......…. les anneaux soyeux de sa brillante! M PEerraucr soufilant et M. Raychevelure. | mond répétant : —Dont auxquelles % M. Lussier laissait faire et lorgnait nous devons nos joies et notre bon- — dramatiquement je plafond. heur et dont avec esquelles pas d'en- Fi M. J. A Chicoine se dandinait et! nui !{ Hourras ! |

$ nr nie es ones

ETES DENTS ere 2

FRE ec

M. ne LA BRUERE, fils, à M. Raymond jar, ;—Reponds, Alphonse.

M. A. Raymonp : ÆJ'ai le. rhum: !

Tocs :— Alphonse ! Alphonse.

M. A. Raymox», debout et la main sur le cœur :— Messieurs ! [7 tousse | Messieurs ! [Z crache] Messieurs ![J} se gratte l'oreille yauche\ Messieurs, les

‘dames, comme vous l'a dit papa [I se |

gratte lenez] sont aimables. Mais par don, Messieurs ! | Z hésite et bredouille !

M. pe LA BRUERE, fils : —Parle donc, Alphonse !

M. De LA BRUeRE, père :— Un peu.

de confitures, Réini : merci | |

M. A. Raymonp : — Messieurs, par-.

don ! mais C’est que j'ai un mauvais | rhume que ÿai attrappé en me baïignant l'été dernier. ( 1 tousse et crache ) | J'avais pourtant eu le soin de garder |

( Applaudissemenats uaanimes.|

} Lo

dappl + [let ün ra Mravé:

oura najes Miro!

[M. Taché éclate de rre.]

mon corps de flanelle et mes bottes et de meître des claques ! [ Z4 se mouche.|| Adam, mon grand père, s'ennuyait

M. DE LA BRUERE, père :—J'ai jamais | tout seul dans le paradis terrestre vu de famille comme la tienne pour | quand le rhume, Rémi. Te rapselles-tu de ta | toux de 1863 ? |

M. Raymonn, père : —Lors de mon élection ? Oh aui! j'en tousse encore | quand j'y pense ! [li éternue.]

M. A. Raymonp : —Je vous remercie | bien messienrs...….

M. PERRAULT :—Pas d'quoi !

M. À Raymonp : — Mais j'passe la parole à un autre.

M. Raymonp. père : — C'est bien, mon fils, assied-toi.

L M. Raysonp fils :—-Oui papa !

À la demande de M. le p'ésident, M.

| Adam répondit comme suit à la santé | (Bravos) des dames, au lieu et place de M. Ray- 2 mond, fils.

‘ Messieurs :

ss...

M. Perraur : — J'aime bien les femmes, mais faut pas-qu’elles soient poumoniques !.…

M. Adam :—

Si j'eusse comme vous, M. le prési.

dent, cueilli trois roses dans le jardin de l'amour, je pourrais

eu à

1animes, |

CRRLREREZ)

© L'orateur reprend son siège au bruit | d

Œapplaïcissements prolongés.

| son diner ei son vin, après avoir fait (M. A. Baymoud tousse et salue.)

allait entrer dans le royaume des songes pour mieux digérer.

M.le président, toujours alerte et dispos, portant comme à quinze ans

remarquer à mi voix à son fils l’incouvenance de baiïller à table, se leva et proposa la santé de “ Sir George E.

Cartier.”

Desrvivats unanimes accueiilirent ce toast porté ai: plns grand génie que la paroisse de St. Antoine ait jamais produit et se renouvelèrent avec plus e force et d’entrain si possible quand M. de la Bruère, fils, fut appelé à re-

© Ilétait alors une heure du matin ; | poudre.

€ de rire] Mn rayon de lune indiscret, perçant à Mravérs les rideaux de la fenêtre erourait d'une auréole argentée le front ' Mhajestueux de M. de la Bruère, fils, et Miroitait en compagnie de la pâie Hueur de la lampe fumeuse sur le cou- Meau et la fourchette que M. de la Bru ‘Pre père, tenaitencore dans ses mains Mevenues immobiles.

æ La noble figure du greffier conjoint “resplendissait d’une pieuse allégresse t d'un saint enthousiasme ; celle du wvénérable inspecteur des agences, de la satisfaction complète d’un vaste appétit assouvi. Le regard profond du fils ‘illuminait aux reflets d’une visica in- Mérieure et s’irrisait pour ainsi dire de nuances snrhumaines, indices du génie qui s'éveille, bouillonne et menace éruption ; jé vis que le grand homme ‘allait parler.

Les petits yeux du père clignotaient égèreinent, son teint empourpré par la circulation plus rapide d’un sang vipoureusemenñt fouetté par un vin gé

ennuyait èsire., …

bien les 8 Soient

éreux ; sa respiration entrecoupée de petits soupirs digestifs, tout, jusqu’à a pose abandonnée caiquée à s'y mé

prendre sur celle du vieux Silène après les bacchanales, présageaient un chan gement prochain dans son état hygiènique ; je vis que le grand homme

}prési jardin

Jene m'étais donc pas trompé le

“and homme du greffe allait parler.

Al ! j'aurais voulu que tous les lib:raux, tous les démagogues, que dis-je tous les habitants de la Province eus.

sentpu comme moi admirer la prestance majestueuse et la' noble pose de l'Orateur les éclairs magnétiques ja‘ lissant de ses yeux, la flamme du génie éclatant sur son frontet sentir comme moi leur cœur et leur esprit enchainés d'avance aux lèvres du grand homme ! Oh alors ils eussent comme moi reconnu et confessé hautement un seul dieu politique en Canade, M. Cartier, et un seu! prophète digne de lui, M. de la Bruère !

En entendant des hourras unanimes éclater en l'honneur, tant de son chef que de son fils, M. de laBruère, père, ferma ses paupières alourdies ; un air de suprême béatitude se répandit sur

| ses traits, sa bouche dessina ce char mant sourire de la conscience en repos ils’endormit comme je l'avais prévu, du sommeil du juste qüi a bien diné.

Ah ! j'eusse voulu vous voir, là, en face du digne inspecteur, vous tons, enñemis de labonne chère, qui frémissez devani un gigot de mouton rôli à point; indignes buveurs d’eau, qui reculez de ter eur à la vue d’une bouteille de

Bordeau ou d'une caraffe de vieux rhum ; misérables figures de careme, qu’un dinde farci épauvante ; stupides prédicants d'abstinence, qu’un plat succulent fait tomber en pamoison ; oui, tous ! Oh ! comme vous auriez été prêts à vous agenouiller aux pieds de cet illustre mangeur, confessant votre erreur damnable et prociamant cette grande vérité que vous foulez aux pieds, ce saint principe que vous étran glez, barbares, de vos barbares mains !

Oui, vous auriez crié tous d’une voix :

Qu'il est bon de bien manger ! Vive le dieu de la table et M. de la Breuère, son vivant portrait !

L’orateur ouvrit la bonche ; vous au riez, en cet instant solennel, entendu le vol d’uue mouche ; enfin il parla :

“ M. le Président—Répondre à la sante du plus grand homme d'état de l'Amérique et probablement du monde entier est pour moi tout à la fois un immense bonheur et un immense de voir : bonheur accablant pour mon cœur reconnaissant, devoir écrasant pour mon esprit trop restreint pour pouvoir embrasser dans son vaste ensemble le vaste génie dontje vais vous entretenir. Néanmoins, messieurs, le sujet présente tant d’aspects féronds et variés que je crois,votre patriotique indulgence aidant,pouvoir y faire honneur, au moinsen partie ; votre bienvaillance fera le reste (Oui! Oui!) La vie de Sir George, grande comme luimême, est parsemée de faits héroïques et d’exploits sublimes quil me sufira de passer en revue pour m'acquitter en cette circonstance de la tâche qui m'est impose. C'est ce que je vais faire.”

M. Tacne :—Bene ! Bene !

M. DE La Brune, fils :--M, Cartier na sa a St. Antoiue, chez son père, qui

escendait ex droite ligne de ce fameux Jacques Cartier qui découvrit Le

um

oo

couramment le français et l'anglais.

Canada. De sorte que Sir Geoïge en descend lui aussi. *

M. TACHÉ :— Veré ! veré ! talis palein talis filius !

M. DE LA BRUÈRE :-—-Dès sa plus ten-# dre enfance le jeunes Georges démon trait qu’ils était appelé à de grande:

choses ; à peine sa laugue put elle ar# ticuler quelques mots, qu’il bégayar"#

Jp fl Et)

déjà sur les genouz de sa mêe : Graniw Tronc ! Cauchon ! Delisle ! Bréhaut ! Schil"®# ler ! paroles incompréhensibles alors à mais dont la signification mystérieuse à

nous est connue aujourd’hui.

« Comme vous le savez, la précocité:

de l'intelligence et son développement!

trop rapide produisent une reaction souvent fatale sur le physique : aussi 4 l'enfant futil malingre, faible, mal 4 dif et soutireteux. L’epoque de. la den-# tition fut terrible à traverser d'autant # lus que, phenomève extraordinaire # es dents de sagesse lui percèrent en # même temps que lesautres ! (sensation # profonde.) | “ Atrois ans ileut la rougeole, à ® quatre la coquelnche, à cinq une grip. 4 pe qui faillit nous l'enlever à la fleur 4 de son âge!” Le M. Tacxé, tout ému :—Nous l'avons 4 échappé belle ! % M. DE LA BRüUÈRE :—Ges maladies # r’entravèrent nullement la course rapi- 4 de de cette intelligenve vivace et ar- 4 dente vers le but de tontes ses ambitions—le bien du pays et de ses con-# citoyens. Georges faisait. des progrès © inouis, tels qu'à huit ans il servait 118 messe aussi bien qu’un acolyte expéri- y menté..… 0 M Tacné :-—Ce cher enfant!

M. De La BRuÈRE :--Eit qu'il parlait

di

Tôus :—-Pas possible ! Me M. »E LA BRUÈRE :—et à dix ans, je tiens ce fait de sourre authentique, # Georges plaida sa première cause à L1® Cour des Commissaires !

Ï J talis pate

sa plus ten-* rges démon.

br.

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put elle arh il bégayar# > : Graniw ‘éhaut ! Schis ® isibles alors * In ystérieuse à ui. à la précociti veloppemen:

une reaction sique : aussi à faible, mal: * e de la den er d'autant traordinair

rougeole, à À nq une grip. À Fr à Ja fleur à

ous l'avons à

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ni!

u'il parlait anglais.

ix ans, je 4 bentique. !

Cause à {a

George en”

ss

de grande

M: LE CouTe DE Kénoack :—Ce cher bébé !

M pe La Bauèns:—Ætà quinze ans il était consulté à 10 lieues à la ronde sur les questions les plus épineuses de

droit es de théologie et faisait autorité |

euces matieres !

on se retranche.; où ne voit partout que soldats, canons, fusils, sabres et pistolets ; le drapeau Canadien flotte majestueusement au-dessus du camp et Cartier est là qui commaide du geste et de la,voix, donnant à l’armee improvisée l'exemple de la disciplise

M. Ginovakp :=— V'là pourtant l'hom | unie à la bravoure.

me que les rouges méprisent| M. pe LA BRUEUE :-=-Soun père le mit

au coliège : durant 8 ansil fit la barbe | ; “ok | M.pbELa BRUÉRE :—mais voilà les

| anglais faronches qui s'avancent : Gore

À tous ses condisciples eb mème à ses professenrs.

M. TACHÉ :—Bene, Petrus, bei e ! Ho-

| nor Libi qui bene parlat !

M. Keroack :—Ament

M. lacuë:=—Mais non! mais now! | les conduit! ; {eS atriotes frénrissent à

Garlier m'a jxmais rasé personne,

MCE LABKUËRE à #= Qui oi ! mais altégoriquement, en fait de thème, Versiun, latin, grec, vhimie, poésie, Bts,

M, rAGHÉ : -— Lone! Suficit ! Distin- |

qu!

M6 La BRuÈRs: — A: chaque fin d'année Cartier revenait.chez son papa écrasé sous le poids des prix et des couronnes avec des bulletins irréprochables.

Ses admirables facultés oratoires ‘rappèrent les hommes marquants de

l'époque qui s'empressèrent de conseil |

ler àsou père dule consacrer au barreal

M GirouarD :—Quel.barrean ?

M. pe La BruErg : —Au barreau...

des avocats.

M: GirouarD :—Ah!je comprend !

ma five !

M: p# La BRuERE :—Durant sa cléricoture les troubles de 1837 commencèrent : M. Papineau qui ne faisait rien sans le consulter l’entraina avec lui M. Cartier fit des prodiges en fait d’organisation. Lés-chefs pattiotes l'envoyè ront a St: Denis pour y concentrer les forces canadiennes et les commander

comme général. Il arrive : de suite,

"captivés par s4 parole; éloquente, 500

braves.se groupent à.ses côlés et se pré parent à battre les anglais, on s’arime,

| à la vue des fils barbares de la sängaiuaire Albion ; 800 soldats et 3 cations se dressent devant eux ; les trompettes | | reteutissent, les armées rangées eti ba- | taille s'ébranlent, les canonièrs brandissent les mêches meutrières, Pen- | fanterie meteu joue, les cavaliers, le | sabre au: poing, s'élancent...

| M..PenrauiT :—Baissez—vous, bra- | ves Cauadiens, ils vont tirer !

|. M. DE LA BRUÈRE :—La itraillé et les Dalles vont se répaudre en jetsk meurtriers ; le sang va couler, le carnage va commencer !...... Que fait M.

Cartier ? IL part, courageux “omme Île liou du désert, brave et frémissant |d'uneardeur sans égale et se ren | St Antoine pour chercher des muni

tions !

M. TacHé :—J’en aufais fait autant.

M. p£ La BRUERE :—Forcé de s’expa trier, il passa 2 ans à Cooksakee,où lu le grend homme, futcontraint de fai re de la brique pour vivre ; c'est làqu'i

acquit cette. profonde connaissance dé [la langue anglaise quille distingue à un aussi haut degré, ;

‘ [revint et se consacra , uniquel ment à l'exercice de sa profession. Und clientèle immense lui permit d’acqné rir en peu d'années une ivfluence tink meuse : À l’âve de 26 ans on lui offri 2 ou 3 fois une place dans le mimost re ; il refusa par modestie ; plus tard

} élu, malgré lui, deputé, il prit de suite ! un tel ascendant en Parlement que les 1} rouges tentérent de le faire assassiner !

M M. Tacxé : Horribile dictü ! (Sensation, l} mouvement prolongé.) M. DE LA BRUÈRE : — Un spadassin | | démocrate lui chercha querelle et un duel en fut la conséquence. Heureu- | sement qu'averti: à terups la police se M rendit avant les combattants sur le 2! terrain et les désarma.

I UNE voix : — Tant mieux !

!. M. ne LA BRUERE : — M. Cartier avait 111 34 ans alors: six ans plus tard il fut | ministre.

M, Rayuonp : — Enfin !......

M.pE LA BRUERE : — Et que n'a-til pas fait dans sa longue carriére politique et ministérielle qui couvre 23 des aunées les plus glorieuses de nos annales ! Il laissa s’'accomplir une fou le de réformes ; ilinit la main à toutes les grandes mesures : nous lui devons le Grand Tronc, le Pont Victoria, l’abo lition dela tenure seigneuriale, la décentralisation judiciaire, lé code civil, lecode de procédure, les lois municipales, notre système judiciaire, notre armée, notre marine, la confédération, le Nord-Ouest, l'annexion des Esquimaux, le chemin de fer Intercolonial, iôtre commerce, notre industrie, nos manufactures, notre prospérité, notre nationalité, notre langue, nos us, nos .coutumes, le maintien de notre religiou et de nos institutions, nos places ;

votre shérifat, M. Taché,

M.TacHé, saluant les ?:rmes aux yeux : — Benedictum sit ! Alleluwa.

M pe LA BRUÉRE :—Votre géole, M.

Choquette, votre place, M. Boivin, la vôtre M Chicaine.

fl

de bois, Camille 1M. Lnssier salue.

M. pe LA Baueng : —Et moi la unenne ! (Bravos) Oui, messieurs. il a tout fait et tout donné, notre grand chef ; :1 a mené l'Angleterre et les Etat-Uuis par le bout du uez, forcé la preinière de le sirer et les seconds de nous ôter le traité de réciprocité qui gènaient nos cultivateurs en les-empèchant de garder leurs grains, leurs bestiaux et leurs produits chez eux.

M. Girouarp :— C'est vrai !

M.nE LA BRUÈRE :—Il a eu le génie de comprendre qu'il fallait purger le pays de la parte iinpure da sa popula

[tion ; en augmentant les taass et en

entravant uotre comtmerce avec les américains, il a reussi a chasser du Bas-Canada environ 300,000 Canadiens indignes de ce nom dont nous sommes pour toujours débarassés, Pour assurer notre prédominance sur les anglais, il nous a réunis aux autres provinces de l'Amérique du Nord et main tenant au lieu de lutter un contre un, comme c'était avant lui, nous sommes un Canadien contre trois anglais et nous n’en avons que plusde mérite !

Pour sauvegarder davantage la race française daris la Confédération, il a stipulé pour nous dans le pacte fédéral que jamais le numbre de nos représentants ne serait augmenté et tout le contraire pour les auglais !

Comme il n’y a de pays riches que ceux qui sont très endettés, en 18 ane, il a su porter de 34 à 100 millions notre dette publique !

M. GENDRON :—QOui, oui !

M. Tacné :—Salus, honor gloria quoque Georgü Cartieri !

M. & LA BRUÈRE :—Je n’en finirais

M. PErnRrauLrT :— C'est pourtant vrai, Jerôme !

M. DE LA BRUÈRE :—La vôtre papa !

M. DE LA BRUÈRE, père, ouvrant l'œil droit :—Que veux-tu mon Pitte ?

M. DE LA BRUERE, fils :—Vos contrats

|jamais sl me fallait vous retracer | tous les actes marquants de cette belle vie si bien remplie !

M: A. Raymonn, baillant. à M.R.

Raymond, baillant aussi :—Je m'endors, papa ! AE |

salue.

la unenil à tout d Chef ; i] Etat-Uuis preniere us ôter le

le génie urger le popula.

2s et en avec les isser du

res proet main ntre un, sommes nglais et mérite !

la race On, ila e fédé- L08 renté et uglais !

es que ané, ONS noO-

quoque

Anirais tracer e belle

m'en-

bon fils, roufle.

OM. pe LA BRUÈRE :-—Eh bien, il vit #icore, messieurs, plus fort et plus r'obüste que jamais.

.M.R. Raymon», poussant du coude M: de la Bruère. père : — Parle t-il bien Gh Pelo un peu ?

M.ne La Brune père, ouvrant l'œil fuche:— Rieu d'étonnant à cela, Wémi, il a têté jusqu’à sept ans !

“M. 0e LA BRUÈRE, fils : — Que de services il peut rendre encore |! Jugez en:

par le passé : il nous a fait l'existence agréable et facile.

M. TAcHÉ : — Vere ! Curtierus nobis nec otia fecit, Alleluia !

« M. KeRoOACK : — Amen !

M. DE La BRUERE : — Continuons donc à l'entourer de notre amour et de Hotre affection ; soutenons-le ardem Ment ce grand cœur quia passé sur la erre en nous fesaut du, biun ! Tant que Québec possèdera un tl chef, notre Drovince ne pourra qu'augmenter en Mfluence et en prospérité ; nos places Festent assurées. des emplois nouveaux æÆncore plus lucratifs viendront à leur £our : heureux en ce bas monde par la grâce de M. Cartier, le pain sur la planthe assuré pour nos vieux jours grâce & M. Carter, en le suivant fidèlement Hous restons dans le chéminde la justi

di R. Ravwonp : —Hnite le docteur,

“dans la céleste Jerusalem ! ”

4 M.J. A. CnaGnon. hénissant : —C'est Ce que je vous souhaite de tout mon Æœur au nom de M. Cartier ! ae + À pplaudissements prolongés ;enthou- Msiasme indescriptible. Tous les convi- “ ves serrent tour-à tuur l’oratenr épuisé “sur leur cœur, excepté MM. de la Bruëre, père et À. Raymoud qui-ronflent.

M. Gendron mêle ses larines de joie Lavec celles de M. Taché, M. Girouard

SEPT ve

… s'évanouit re M. Kéroack lui … fait respirer de

sels. MM. Perrault,

poing fermés ; M.

cc et de la vérité et nous irons avec lui:

Lussier et autres fontle serment de mourir pour M. Cartier.

Quelques rondes de liqueur rerai rent dans leur assiette les convives repus ethientôt la conversation devint éuérale. Que d'esprit dépensé ! Que e bons mots. malheurensement trop nombreux et pour cela trop vite oubiiés ! M. A. Raymond faisant assaut de finesse avec M. Girouard, M. Keroack, fils, assommant de calembourgs M. de la Bruëre, père, dormant les eroack, père, chuchotlant des psiumes à l'oreille de M.

Perrault—Quel spectacle rejouissant, admirable, sans pareil !

De temps à autre un couplet épicé éclataitcomme une fusée promenant le fou rire par toute la salle, avec accompagnement du glou glou des bouteilles et du choc des verres. Combien nos bons Canadiens s'amusent à un parti de. tire dans notre bonne Province de Québec !

Soudain M.J.A. Chagnon se penche à quelques lignes du couduit anditif de M.le président et rougissant, murmure tout bas quelques mots, M.

Raymond opine du bonnet sourit et frappe, sur. la table comme l’orateur des Communes. Le silence se rétablit; M.:le président annonce que M. Chagucn offre de lire des vers de son crû, composés pou: l’occasion. (Cris de : C’est bien ! des wrs ! des vers!

.. M Grnouanp :—Des verres ! nous en avons àssez pourtant ! Ce sontdes bouteilles qui nous manquent !

On chutte impitoyablement l'interrupteur, et le poëte sortant son cale:

pin, deploie deux longues feuilles de foviscap, attachées bout à bout et tourh4 couvertes de lignés d'inégales gran-

eur.

Il tousse, se mouche, se redres:2, rejette en arrière les ‘boucles de s. chevelure ‘lustrée et dit :

“M. le Président — J'ai cru moi,

prosaieur inéxpérimenté, mais poète comme tout jeune homme l'est, ne faire mieux que de mettre en vers les idées et les principes qui doivent servir de guides dans la politique aux

| (M. Chicoine salue; Le fonds est exil

fonds même de ce morceau poét:à m'a été inspiré, diclé, poux ainsi di par nos chefs. M. Chicoiné la approtf

si la forme pêche, pardônnez-le moi à

adoiescents intelligents et instruits. Je RAA AE HOMGA HT. vous en offre la primeur. Comme nons considération de ma , jeunesse et sommes en famille, il n'y a pas de mal | MES bonnes intentions. Au resie, 4 à vous lire pareïlle chose : au reste le | ci Messieurs, jugez :

A mes Jeunes Compatriotes. À

Dm rome TE ES : DS

Jeunes qui convoitez des vieux aux chefs branlants

Les sacoches d’écus, les gras appointements,

Qui rêvez, jour et nuit, sans trève, sans relâche,

Combien bêtes sont ceux qui meurent à la tâche

Du labeur quotidien, qui n'êtes pas si fous

Que de les imiter en l£ar grande sottise,

Permrttez qu’à vous tous bien franchement je dise : “Jeunes gens, prenez garde à vous’ :

ue met mn. + t-tmnt st bont Men Du out +

Vous aimez l'or qui donne à ceux qui le possèdent Les plaisirs d’ici-bas, devant qui toujours cèdent Le peuple aveugle et sourd, amis et ennemis : Le travail vous fait peur, vous remplit de soucis ; Croyez-moi, vite ! entrez dans la sainte carrière Des vrais chercheurs d'emplois, et laissez dans l’ornière Ceux qui de travailler sont encore assez fous ! Jeunes gens, prenez soin de vous !

Durant. cinq ans au plus, pour faire votre stage, | ‘? PBarbouïllez à gogo toute une grande page D'un journal bien dévot, bien crétin, bien cafard; Talomniez toujours, sans scrupule.et sans fard, ; : ;: : Des gueux de libéraux, cette infernale engeance D'éplucheurs de budgets, de rogneurs de pitance : Calomniez, mentez, cinez, damnez les tous !

Jeunes gens, prenez soin de vous !

D Pt ne er pr mercenaire ane na amener ie,

La)

norceatr poét: à

Le ainsi dé IV Din l'a approik fonds est ex: Soyez dévots, béats, en public, à l’église,

bliilézé!nio: M. Bien exacts à la messe, afin que chacun dise : € é "AO “Combien pieux ils sont maigré fiel et venin ! !? Jeunesse et "# Le peuple vous croira quand vous crierezdemain : j 8. Au resie, 06 “A bas les libéraux, ces imriondes voyous ! ?’ dés Autour d'eux se fera bientot un vide immense, Et le peuple aveuglé dira plein de confiance : “Jeunes gens, j'aurai soin de vous ! ”? e.:

Et puis, sur les tréteaux, crachez les mêmes choses :

Sans vergogne et sans peur, prenez les nobles poses

De gardes des autels ; à la religior

Criez partout, toujours, et si l’on vous: ,0nd , |

Que nos hommes publics grapillent les finances

Et vident le trésor pour mieux remplir leurs panses

Prouvez au peuple ému que les rouges sont tous ;

Ennemis de la foi, qu'ils font gras en carême,

Détestent les curés et les sacristains même ! Jeunes: gens, prenez soin de vous !

Pour la foule, très bien ! Voilà votre seul rôle : Berner les habitants, que le plus fin enjôle ; A coup de goupillon les mener au scrutin, Ce n’est pas difficile, allez ! j'en suis certain, Pas besoïn de savoir, d'étude, d'éloquence, De travail, ni d'esprit, non plus de conscience : La langue, un chapelet, nos chefs l'assurent. tous, : Bien maniés-tous deux, avec peu de pratique Assurent le succès d'un mince politique.

Jeunes gens, ayez soin de vous !

Mais, lévites naifs, parbleu, n'allez point croire

Qu'il faille pour cela, sans aimer et sans boire,

Imiter sottement l’ermite du désert ;

Faire bien maigre chère et ne prendre au dessert

Qu’une goutte de vin dans un demiard d’eau claire,

Et dédaigner Venus ! Sachez tout le contraire ! 4

Buvez toute la nuit, aimez, enivrez:vous !

Soyez sages le jour, la prudence l'exige :

Mais le soir, en secrét, amusez-vous, vous dis-je, Jeune: gcn:, en vrais tourlourous !

Tant que brille un rayon de soleil ou de lune

Amis, tenez vous cois: mais arrive la brune,

I1 fait bien noir ; on dort : allez chez Margoton,

Et revenez de nuit, peür du qu'en dira-t-on. | Qui le saura ? personne ! Et puis, voyez, nous sommes Gaillards ét hatisfaits, mais toujours des saints hommes b Pour le peuple borné compôsé de vrais fous !

: Jeunes gens, ayons soin de nous !

Si de pique-niquer en société d’actrices Il vous prenait désir pendant les saints offices, Faites ! et dansez-moi jusqu’au cancan, parbleu ! Mais que ce soit, de grâce ! en quelque sombre lieu. : Si de la Gatineau les rives vous appellent, Ù Fuyez, fuyez l'écueil que ses ondes recèlent ! if] Ne compromettez pas l'autel, le trône et nous !

Jeunes gens, prenez soin de vous ! :

Et si de vous baigner en société d’actrices ?

11 vous prenait désir pendant les saints offices,

Baignez-vous, mais ailleurs que dans la Gatineau !

Songez que si Royal chez le‘sale Esquimeau

S'embête nuit et jour, c'est qu’un certain dimanche

Dans les eaux de ce fleuve il laissa voir sa hanche, a Et compromit ainsi l’autel, le trône et nous ;

Jeunes gens, prenez garde à vous !

Puis un jour, couronnant cette vie exemplaire, Les ministres à qui vous êtes sûrs de plaire Dans quelque bon emploi facile et lucratif, ('o1.me ceux Ge greffier, recenseur ou shérif, Vous caseront! cela vaut mieux que d’être rouge, Avec bonne conscience habiter en un bouge,

Et porter noble cœur sous un frac plein de trous : Jeunes gens, prenez soin de vous !

à Un véritable ouragan d’applaudisse- | robustes épaules de MM. Girouard et ments, de battements de mains et de | Raymond. :

L1|! pieds éclata quand le dernier, vers eut . TACHÉ : —Coronatus sit !

||. été prononcé. En proie à un véritable M.LE VICOMTE DE KÉROAck :—Qu'il ||} détire les assistants se pressèrent au- | soit couronné !

|} tour du poëte essoufflé qui, en un clin | Et joignant l’action à la parole, de d'œil, fut huché triumphalement sur les | ses aristocratiques mains, À arracha

malin. Ecoutez et dites-m'en des nouvelles. ” M. Taché redresse le verre de ses lu-

Ecadre d’un miroir une bordure en Dier de soie.déconnpé, à couleurs as- 1 *

dties, Lressh une couronne et en cel:

fit le chef de M. Chaguou. | tetlus, sort.de sa poche un petit mans es vivats recomimencèrent ! | crit, le er, vs sur son assiette et lit ‘ ON ce vicowre DE Kénoacr := Mes- | de sa meilleure voix de baryton :

dêhirs, j'ai couronné le poëte, mais] En Rp <n notre are fu ct ‘ mm; . ‘ ‘1 ‘ \ DAS Y aan ; Wäut de le promener eu w'iomphe au Ta nie La Nr NT À + qu ir de cette salle, imatons les Romains | "°° 7 Motel IL DST TT D Se celte shui PA US | gros et gras notaire à figure rubiconde, tout he " cb 0e } ?

Méqu'uu bout. Corinne portait 100 | ;ond, tout beau, tout charmant, d'un em- , ftlemeut une couronne, elle était de | bonpoint irréprochable, d'une prestan- # lis enveloppée de la tête anx pieds | ce herculéennie.... en profondeur, d'une Mn inmense voile blanc, enibièrme | rotondité à faire envie dans l'ensémble de # Jél'innocence et d: la simplicité. De | son agréable bn or AR rt Ge Même que j'ai substitué du papier de | à mettre en image, la téte dans le cou, le « Se aux lauriers pour la couronne, | 2 rer #° d'mire Ne A recu g Are ER ‘ fénons la nappe pour remplacer la pe re grace Ar et LAS A PER: tre dans lès jambes, allant, boulant, rouï] de telle en point. d'Angleterre pour le | lant son petit train de vie de la manière la vo le ! lus chrétienne du monde—un vrai chéru- Cris unanimnes de : Oui ! Oui ! in en chairs et en.os, quoi! x Fer Oncques ne vit jimais pareil homme!

(set M. ‘Chagnon. enveloppé dans la | ‘Les commères s’asséyaient sur le seuil nappe, le crâne cha re de ce laurier de leur por*e pour lé voir passér : tout le Mpu nouveau genre fut promené t:ois | monde le saluait chapeau bas : la vénérais autour de la table, et si grande tion publique était poussée si loin à son lait l'ardeur des convives que ce ne e gere rs sg ADAnE ) ré 0 ft qu'en. l’entendant geiudre : ! J'é- | A6 PR IAUe Ces DEQULEONS.. | de ses CEVOUE

LONBE TV 04 minutes.

iffe ! j'étoutfe !” que les purteurs de

LOI a! x Le Or, oyez comment cela advint.

f& paquet poétiqre le déposèrentsur | Le ssint homme; étant jeune et tout Les genoux de M. Gendron.

, gentil à voir faillit de bien près faire la for-

UM. racHé : — Plaudite gentés, virgines | tune de maints compères des alentoure. Ppucri! Alleluio ! Messieurs, parlons | L'histoire rapporte que bien loin aux iérature, cela nous distraira un peu | RES REUMe | HEMMBRAS, her Loto : HAS x £ .” |opulent personnagé portant au baptême Ja poésie de notre jeune ami est fort 16 n6m de Jean Népomucène Bonnet, débelle, les rimes sont riches, les seriti | laissant faute d‘hoirs de son corps, aux Ments exprimés en icelle admirables, | héritiers collatéraux d'icélui six-vingt mil.

Mais la prose bien ajustée a aussi son | lions de francs. |

Mérite. Permettez moi de vous faire) .1e6 saint homme ouît la chose et s’en art d'une magnifique amplification | YMt.par dévers certains autres Bonnets te de omenern nine domiciliés en la bonne Province du Cana- :. AR | : P | da et se fit fort, és-qualix de Notaire, de eur, par modestie. C'est tout SIM: | leur faire percevoir la succession de Jean uard et Blement un chef d'œuvre. En d’aatres | Népomucène Bonnet leur parent putatif “émps je lavais apprise par cœur et je | trépassé en l'ile de Madagastar. Sus, les Æai toujours portée sur moi comme un | dits Bonnets furent en grande liesse, en :—Qu'ij Mélisman. Anssi je puis vous la Lire sa- | apprirent leurs voisins, amis et connais ant que vous en goûterez le sel et sances, et conseil étant pris, appointèrent

8h respirerez le parfum avec délices. aeillte dt AOUNNE di VHÉTEdIE du

C'est une légende, pur jeu d’esprit riche oncle décédé ; ce qu'ils fit.

role, de arracha

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