‹ Un parvenu comedie en cinq actesChapitre 20 sur 140 · ALBERT, LAURENCE · texte numérisé non relu

ALBERT, LAURENCE

ALBERT, allant au-devant de Laurence.

Quoi! vous 1 c’est tout au plus s’il fait grand jour encore. Aussi bien, vous avez une fraîcheur d’aurore Qui vous sied à ravir, belle cousine, un teint...

Vos madrigaux se sont levés de grand matin A ce qu’il me parait ; le fait est assez rare,

Mais j’y tiens d’autant plus qu’on vous en sait avare.

Sur quelle herbe avez- vous marché? sur quelles fleurs?

ALBERT

J’ai marché simplement dans les mousses en pleurs! • — Le vent frais du matin qui me souffle au visage M’apporte une senteur embaumée et sauvage;

L’odeur des foins coupés et les fraîches chansons Que les merles jaseurs sifflent dans les buissons,

Les parfums du lilas et ceux du chèvrefeuille.

Tout me monte au cerveau : mon âme se recueille.

Et mon cœur, imitant la nouvelle saison.

Est comme la nature en pleine floraison.

LAURENCE

Et l’on vous accusait de confluer le monde Au boulevard de Gand !

ALBERT

S’il faut que je réponde,

On m’a calomnié, cousine, en vérité !

Le boulevard de Gand ne m’a pas si gâté

Que je n’aime que lui : j’aime, entre mille choses,

Le mois des petits pois, des œillets et des roses;

J’adore les lézards, aussi les papillons,

Et très- sincèrement j’estime les grillons.

Fou!

Page 1