‹ Un parvenu comedie en cinq actesChapitre 4 sur 140 · LAURENCE, ALBERT · texte numérisé non relu

LAURENCE, ALBERT

LAURENCE

Bonjour, Albert !

ALBERT

Bonjour, nia petite Laurence!

Votre comte est parti?

ALBERT, riant.

Le comte? Ah! bon! j’y pense,

Vous le délestez?

LAURENCE

Oui.

ALBERT

C’est un homme charmant !

LAURENCE

Il ne me charme, moi, que médiocrement.

ALBERT

Pourtant, c’est un garçon d’une tournure aimable. -

LAURENCE

Oui... que je n’aime pas.

ALBERT

Tout à fait convenable.

LAURENCE

Oui... qui me convient peu.

ALBERT

Qui porte un beau nom.

LAURENCE

Oui,

Mais moi, cousin, je crois qu’il est porté par lui!

A son âge...

ALBERT

11 n’a pas encor la quarantaine !

LAURENCE

1 ne me parait pas d’une âme bien hautaine,

Ni d’un bien noble esprit de passer tout son temps Dans la société d’étourdis de vingt ans.

ALBERT

Oh! diantre! à ce discours magistral, je devine Que vous êtes l’écho de mon père, cousine;

Voilà de point en point le style paternel,

C’est très-bien imité ! — sauf son air solennel Qui me lige le sang à ses heures moroses.

— Et vous osez prêcher avec ces lèvres roses !

Ah 1 fi ! — Que c’est vilain, Mademoiselle ! — Fil C’est odieux 1 — Eh bien, je vous mets au défi.

Je vous écoute. — Allons, prêchez tout à votre aise !

(il approche une chaise qu’il offre à Laurence.)

En qualité de père, acceptez une chaise.

— Le fils reste debout. — 11 s’agit simplement De cent louis au plus que j’attends humblement.

(Adoucissant sa voix.)

Cent louis l c’est bien peu. Mon père, je suis sage :

Que fais-je, que ne font tous les gens de mon âge?

Cent louis!..

(Riant.)

Refuser deviendrait inhumain,

Et pour cause I — J’en ai tant besoin pour demain !

A votre tour, parlez !

LAURENCE

Cent louis l je refuse!

ALBERT

Non, ce n’est plus cela du tout!

(imitant la voix de son père.) Monsieur s'abuse.

Ou bien Monsieur me prend pour un père barbon

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