‹ Un parvenu comedie en cinq actesChapitre 54 sur 140 · LAURENCE, MERCIER · texte numérisé non relu

LAURENCE, MERCIER

MERCIER

Tes ordres sont remplis, j’ai là les fonds. — La chance Fut pour toi très-galante eu cetle circonstance.

Un de mes vieux amis qui m’écrit de Bordeaux,

Me charge d’acheter de la rente à son taux.

Je viens de lui céder, à titre de service,

Tes coupons et tu fais un joli bénéfice,

Presque sans y songer. — Voici pour le moment.

Mais il faut, pour tes fonds un autre placement. Dis-moi, ma chère enfant, ce qu’il faut que j’en fasse? Sur quel chemin de fer veux-tu que je les place? L’Orléans a monté, le Nord donne un beau gain.

Le Grand-Central suivra.

LAURENCE

Placez-les dans ma main.

MERCIER, étonné.

Si tu l’exiges, soit; mais qu’en prétends-tu faire?

LAU RENCE

Une bonne action !

C’est une bonne affaire Que la raison conseille en ta position,

Et non, ma chère enfant, une bon action !

— Tu me vois désolé d’avoir à contredire

Aux nobles mouvements que ton bon cœur t’inspire ! C’est le devoir du riche, — et c’est malheur à lui. Quand ce n’est son plaisir — que d’obliger autrui j Je puis mettre et je mets ce précepte en pratique ; Pourtant, le cas n’est point tout à fait identique.

— Ton père, pour avoir t’a laissé seulement Cinquante mille francs, lesquels, en ce moment,

Ne forment qu’un total de soixante-trois mille.

Car je fus très-prudent, si je ne fus habile.

LAURENCE

C’est trop, il ne m’en faut que soixante.

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