LAURENCE, MERCIER
MERCIER
Tes ordres sont remplis, j’ai là les fonds. — La chance Fut pour toi très-galante eu cetle circonstance.
Un de mes vieux amis qui m’écrit de Bordeaux,
Me charge d’acheter de la rente à son taux.
Je viens de lui céder, à titre de service,
Tes coupons et tu fais un joli bénéfice,
Presque sans y songer. — Voici pour le moment.
Mais il faut, pour tes fonds un autre placement. Dis-moi, ma chère enfant, ce qu’il faut que j’en fasse? Sur quel chemin de fer veux-tu que je les place? L’Orléans a monté, le Nord donne un beau gain.
Le Grand-Central suivra.
LAURENCE
Placez-les dans ma main.
MERCIER, étonné.
Si tu l’exiges, soit; mais qu’en prétends-tu faire?
LAU RENCE
Une bonne action !
C’est une bonne affaire Que la raison conseille en ta position,
Et non, ma chère enfant, une bon action !
— Tu me vois désolé d’avoir à contredire
Aux nobles mouvements que ton bon cœur t’inspire ! C’est le devoir du riche, — et c’est malheur à lui. Quand ce n’est son plaisir — que d’obliger autrui j Je puis mettre et je mets ce précepte en pratique ; Pourtant, le cas n’est point tout à fait identique.
— Ton père, pour avoir t’a laissé seulement Cinquante mille francs, lesquels, en ce moment,
Ne forment qu’un total de soixante-trois mille.
Car je fus très-prudent, si je ne fus habile.
LAURENCE
C’est trop, il ne m’en faut que soixante.