ACTE IV
LAURENCE
Pas un mot de plus! Je vous pardonne Votre injure; pourtant, ce n’est pas généreux,
Car vous vous êtes dit qu'un mari, laid ou vieux, Eût-il traîné sa vie aux fanges de la ville,
Eût-il le cœur méchant, l’esprit faux, lMme vile ; Qu’un homme, quel qu’il soit, fût-il honnête ou non, Pour la 1111e sans dot était bien assez bon !
ALBERT
Laurence !
LAURENCE
Cependant, dites-lui qu’il renonce A demander ma main, de peur d’une réponse Qui pourrait refroidir sa belle passion,
Et chargez-vous pour lui d’une commission :
Prenez des mots polis pour lui faire comprendre Que je préférerais, plutôt que de descendre Jusqu’à ce déshonneur de lui donner ma main,
Errer de ville en ville en mendiant mon pain!
, ALBERT
Mais vous le jugez mal, car, tout à l’heure encore,
Je viens de lui voir faire un acte qui l’honorc.
(Mouvement de Laurence.)
Pardonnez ; si pourtant son nom vous a froissé.
Je ne me souviens plus de ce qui s’est passé ;
Mon amitié pour vous n’en sera pas moins tendre.
Je veux oublier tout, Albert ; allons entendre Le projet de contrat. — Je craindrais d’y manquer, Votre père m’attend.
ALBERT
Mais veuillez m’expliquer...
LAURENCE, avec mépris.
Quant à lui, devant moi, n'en ouvrez plus la bouche.
(Avec douceur.) "
Venez! je m’intéresse à tout ce qui vous touche.
(Elle lui tend la main.)