‹ Un parvenu comedie en cinq actesChapitre 73 sur 140 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

ALBERT, MOSCA

MOSCA, arrêtant Albert qui va pour sortir.

Franchement, mon ami, suis-je un bon diplomatg ?

ALBERT

Vous dépassez Ulysse et Nestor.

8fi

MOSCA

Je m’en flatte.

ALBERT

Mais, hélas! mon ami...

M.OSCA

Dieu! quel air composé l

ALBERT

Moi, j’ai moins (le succès... — Laurence...

MOSCA

A refusé?

Je crains bien...

ALBERT

MOSCA

Tant mieux!

ALBERT

Quoi!

MOSCA

Sans doute! c’est dans l’ordre, Mais est-ce une raison pour que j’aille démordre De mes prétentions? — Vous n’y connaissez rien :

On répond toujours non au premier entretien ;

Au second l’on rougit, au troisième on soupire.

Cette fille, après tout, ne pouvait pas vous dire :

Ce monsieur veut ma main? la voilà! comment donc!

— J’augurerais fort mal de ce trop d’abandon.

Les femmes ont, mon cher, une diplomatie Spéciale, que seule une femme apprécie;

Nous ne pourrons jamais démêler l’écheveau

De ruses qui s’embrouille au fond de leur cerveau.

— Depuis Amaryllis, qui s’enfuit vers un saule Et regarde, en fuyant, par-dessus son épaule,

Jusques à la grisette en robe d’organdi.

Qui trottine en lançant l’œillade, nul n’a dit :

Philosophe, amoureux, grammairien, poêle,

Eût-il passé sa vie à se creuser la tète,

Le sens mystérieux qu’hier comme aujourd’hui,

Les femmes ont caché dans ces deux mots : non, oui. Montaigne, consulté, répondait : chose absconse !

— Ce qui fait que je suis charmé de la réponse :

Tant qu’on doute, on espère.

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