‹ Un parvenu: comédie en cinq actes, en versChapitre 22 sur 81 · ACTE II. Î · texte numérisé non relu

ACTE II. Î

A LR ERT^ la faisant asseoir à set eôtés.

Quand je suis iei^ tout : Tair, Teau, la lumière^ Fait refaire à mon cœur l'école buissonnière : Je le sens qui tressaille ; il n'était qu'engourdi !

— C'est "dans ce parc d'Engbien que nous avons grandi. J'étais encor gamin, vous, presque demoiselle.

Vous étiez toute bonne et je vous trouvais belle,

Et je vivais ainsi, courant avec douceur.

Des baisers de ma mère aux baisers de ma sœur !

— Tiens, Laurence, vois-tu, là-bas, sur la pelouse. Ce fameux cerisier, si fatal à ma blouse ,

Tu sais, le cerisier du mal, aux fruits si beaux !

Quand j'avais déchiré ma blouse à ses rameaux.

J'accourais tout honteux, barbouillé de cerises.

Et tu te dépêchais d'y faire des reprises !

C'étaient mes premiers fruits défendus; — et j'en sais

Qui, me coûtant plus cher, ne les vaudront jamais. —

— Tous ces vieux souvenirs me semblent de la veille, A ce passé charmant mon âme se réveille.

Et j'oublie à ce point le présent près de vous. Que je vous redis tu comme en ce temps si doux I

LAURENCE

Quel homme singulier et mobile vous faites !

On vous quitte l'esprit tout entier à vos fêtes.

En train de méditer, grave comme un Solon,

Sur l'étrange couleur d'un nouveau pantalon,

La coupe d'un gilet, ou s'il sera de mode

D'inventer un hubit qui soit bien incommode, ^ •

El Ton retrouve en vous, du dimanche au lundi, %

Un poète champêtre en place d'un dandy î

ALBERT

Mon Dieu! l'on est toujours séduit par son contraire. Tout dépend de l'instant ! — Si j'aime l'onde claire D'un ruisseau dans les bois, je serais attrapé Qu'on allât abolir le chami>ague frappé.

La chanson du bouvreuil, ici, me remplit d'aise; Mais ôtez l'Opéra, la chanson est mauvaise; Faites un champ de blé du boulevard de Gand, Et l'œuvre du bon Dieu me semble extravagant l L'homme est ainsi bâti; mais la chose réelle. Qui, dans le cœur humain, soit vraiment éternelle,

C'est la sainte amitié de deux âmes de priz^

Et vous ayez la mienne aux champs comme à Paris!

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