ALBERT, MOSCA
ALBERT^ à Mosca, qui tient son chapeau à la main et qui se dispose à sortir*
Et VOUS nous revenez ?..
MOSCA
Dans une heure au plus tard.
Je vais parler au duc pour votre oncle Bidart. Ce cher duc,
(Riant.)
Tantôt gueux, tantôt millionnaire.
Était le plus grand fou du monde sublunaire.
Nous étions autrefois les deux doigts de la main. Et je puis vous jurer que nous allions bon train. — Ahl de pareils viveurs on a perdu la graine! Vous n'en trouverez pas quatorze à la douzaine. C'est à l'heure qu'il est un personnage! — Enfin ! C'est dans l'ordre!.. Après tout, il faut faire une fin!..
ALBERT
Vous pouvez aspirer à tous honneurs, cher comte.
MOSCA
Qui? moi! je n'y tiens pas.
ALBERT
Vrai?
MOSCA
Je n'ai nulle honte
D'avouer frsmohemeat que je ne 9uis pas ne
Pour les honiieursy maïs bien pour les plaisirs. Je Q*ai
Aucune ambition; quoique je sois en passe
D'obtenir des emplois assez hauts, je m'en passe.
En philosophe. — Avec un grain d'ambition.
Et le certain éclat de ma position,
J'aurais pu me lancer dans la diplomatie;
Mais, bah! le siècle est trop à la démocratie.
Je reste gentilhomme, et je ne suis jaloux
Que d'user mon crédit pour des gens comme vous !
ALBERT, lui serrant la main.
Je n'oublierai jamais. ••
MOSCA
Voulez- vous bien vous taire!
ALBERT
Tout ce que je vous dois !
MOSCA
Mais c'est élémentaire
De s^aîder entre amis ! .
Je vous dois tout.
ALBERT
Huni! quelquefois!.. Pourtant,
A moi! Que me devez-vous tant?
ALBERT
Je vous dois mes amis, mon cheval, ma voilure. .
MOSCA, souriant.
Et Carmen ?..
ALBERT
Et Carmen I
MOSCA
L'étrange créature, Hein?., c'est un vrai cadeau «lue je vous ai fait là. Elle était Tan dernier choriste à l'Opéra.
ALBERT
Elle a fait du chemin!
MOSCA
C'est une belle fille ; Pas de cœur, mais des nerfs lorsque le vin pétille, Et puis une insolence à cravacher parfois; Bref, une libelle bête à promener au bois I