‹ Un parvenu: comédie en cinq actes, en versChapitre 5 sur 81 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

Qu'on mène par le nez!

(De sa Toii midleose.)

Mais^ mon cher père^ non !

(Reprenant la toîx de son père.) Taisez-vous î A votre âge, au lieu de ne rien faire. Je travaillais. Monsieur!

(De sa Toix natorelie.)

Nul ne dit le contraire.

Cependant...

(Reprenant la t<hx de son père.)

Taisez-vous! vos cris sont superflus, Voilà vos cent louis, mais n'y revenez plus !

(D'un ton kste.) Merci, papa t

(a Laurence.)

Voilà tout bonnement Thistoife, Et si vous refusiez vous auriez Tâme noire!

LAURENCE

Et je refuserais d'autant sévèrement Que voiis ne dites pas l'emploi...

ALBERT

L'emploi!... comment!

Mais vous voudriez donc, cousine, que je dise A mon père : C'est pour...

(a part.)

J'avais une sottise Au un bout de la langue !

Eh bien?

ALBERT

Non, je me tais.

Car vous me comprenez...

LAURENCE

Je ne comprends jamais.

ALBERT

Voyons, petite sœur, n'est-il pas légitime D'être jeune à mon âge; et fais-je un si grand crime, Lorsque je me permets, moi riche, de laisser Tomber d'entre mes doigts l'argent sans me baisser? — Quoi! j'en serais réduit à ces nobles orgies Qui se font aux lueurs de quatre ou cinq bougies.

Et d'où les calembours, fine fleur de galté.

S'échappent d'un vin bleu que l'on a frelaté! Lovelace râpé, don Juan de gouttières.

J'irais conter fleurette aux lilles des portières. Comblant mon idéal, tant l'amour vous rend fou, De bouteilles de bière et de bouquets d'un souf Et mon père serait richissime ! — Mon père Aurait cinq millions! — Ah! cousine ! — J'espère De meilleure façon placer ses capitaux, Nous verrons à fonder, plus tard, des hôpitaux Où nous abriterons le malheur. Rien ne presse. Attendons l'âge mûr! Mais tant que la jeunesse M'offrira ses fruits verts, à tous buissons pendants, J'y mordrai sans remords de mes trente-deux dents!

LAURENCE

Vous venez de parler, Albert, à la légère.

— A de certains sujets je suis fort étrangère. Mais avant de quitter un entretien pareil.

Je voudrais simplement vous donner un conseil. Croyez-en là-dessus les avis d'une femme; Persuadez-vous bien que, pour toucher une âme. Il n'est point tant besoin de bouquets orgueilleux, De camélias blancs ou de dahlias... bleus!

L'amour se i>asse bien de splendides toilettes : Car un petit bouquet de simples violettes.

Alors qu'il est offert avec sincérité, Pw»ut embaumer le cœur un éternel été I

ALBERT, Tircment.

J'entends mon père, — Adieu! — Sa grosse voix m'annonce Quelque belle fureur! — A demain la réponse.

Je ne tiens à le voir qu'au diuer ; là, du moins, 11 ne peut me gronder que par-devant témoins!

(n sort.) LAURENCE, rêveuse, ea rentrant chez elle.

L'oublieux ne m'a pas seulemeut embrassée ! ^

(Elle sort.)

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