DERNIÈRE ATTACHE
A Auguste Dorchain.
Le vieillard pensif songe à l’éternel mystère ;
Il s’empresse à hâter les dernières moissons,
Et, triste, c’est de loin qu’il entend les chansons Dont l’écho berce encor son rêve solitaire.
Il lui reste si peu d’heures et de soleils !
Vers l’horizon désert son Etoile s’incline Et va se perdre, hélas! par delà la colline,
Aux pays inconnus, ténébreux ou vermeils!
Et toujours s’élargit le gouffre vide et sombre Où tombent les élus de son cœur, tour à tour ;
L’œil trouble, il 11e voit plus la ligne d’un contour, Il va, cherchant l’énigme insondable de l’ombre.
Cependant il tressaille aux doux feux du printemps, Il adore l’enfance aussi bien que la rose.
Et l’attendrissement dont son âme s’arrose,
Comme un prisme, s’irise aux rayons éclatants.
Il rit. Petit oiseau, répète ton solfège!
Que pour le consoler des frimas importuns,
Tes furtifs sons de flûte errent par les parfums Et qu’ Avril fleuri rie en ses buissons de neige !