‹ Un peintre paysanChapitre 37 sur 70 · LE RAISIN · texte numérisé non relu

LE RAISIN

Adrienne cl Louise,

Deux sœurs

D’une douceur exquise,

Friandes de douceurs,

Vont chantant et jouant le long de la journée.

La première a trois ans, deux de moins que l’ainée.

Ali ! comme elles s’aiment bien !

Quelle ingénuité d’angélique caresse !

Si délicate est leur tendresse Qu’elle s’effarouche d’un rien.

Entre elles point de querelle jalouse,

De bouderie aux égoïstes pleurs ;

A la maison comme sur la pelouse,

On partage jouets et fleurs.

En ce moment on est à table,

Au dessert,

Et toutes les gaîtés éclatent en concert,

Car c’est l’heure délectable Pour les petits enfants et pour les grands aussi, Dieu merci !

AUBE ET CRÉPUSCULE

Dehors la neige papillonne Et tourbillonne :

C’est l’hiver,

Le givre étoilé sous la bise!

Plus de raisin ni de cerise !

Cette grappe, mangée hier,

Semblait leur arriver de la Terre Promise, Enorme ! gracieux présent qu’avec grand soin Un ami leur avait envoyé de bien loin,

Du lin fond des pays que le ciel ensoleille!

Or, tandis qu’on chante en refrain.

Voici qu’au fond de la corbeille La maman retrouve un grain,

Seul raisin qu’a laissé la grappe de la veille.

Maman, cela ne peut manquer,

L’offre à la plus petite Qui s’en saisit bien vite,

Et déjà pour le croquer Sa lèvre s’avançait mignonnement avide, Lorsque, voyant sa sœur dont l’assiette était vide, La petite, parmi biscuits et macarons,

Dépose le raisin et dit de sa voix d’ange Où vibrait sa bonté candide et sans mélange :

« Nous le planterons ! »

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