DERNIER RAYON
Le grand soleil du soir, dont l’orbe vibre et plonge Sous les saules brumeux, rougit un chaume obscur Et, sur le pré cendré cl’ombre grise, prolonge Un trait de feu dormant dans des reflets d’azur.
Deux vieillards sont assis à l’abri cl’un vieux mur, Bonnes gens au cœur droit, ignorant le mensonge; Près d’eux jase dans l’herbe un enfant rose et pur. L’homme carde le lin, la femme file et songe,
Et voici que leurs yeux sont pris d’un tendre éveil. Là-bas, le couple jeune et fort, dans le soleil, Revient de la moisson a l’agreste chaumière.
Et le petit, encor baigné d’aube première, Au-devant de sa mère au front clair et vermeil, Comme un chevreau joyeux, bondit vers la lumière.
AUBE ET CHÉPUSGULE