‹ Un peintre paysanChapitre 40 sur 70 · AURORE · texte numérisé non relu

AURORE

La Terre à son réveil, verte et toute mouillée, Sous le voile fluide emperlant la feuillée Et sous l’errant soupir de l’air tendre et fumant, Par la plaine aux replis soyeux cpie rien ne cerne, Parmi les lins d’azur, l’œillette et la luzerne, Rerce ses jeunes blés pleins de frémissement.

Sereine et rafraîchie aux brumes dilatées,

Sous l’humide baiser de leurs traînes lactées,

Elle semble frémir dans l’ivresse des pleurs Et, ceinte des trésors dont son flanc large abonde, Sourire à l’éternel Époux qui la féconde,

Au grand Soleil qui sort, vibrant, cl’un lit de fleurs.

L’Astre vermeil ruisselle en sa gerbe éclatante ; Chaque plante alanguie aux lenteurs de l’attente, Voluptueusement, vers le foyer du jour Tourne sa tige et tend son avide calice,

Et boit ton charme, Aurore, et rougit de délice...

Et le Germe tressaille aux chauds rayons d’amour.

AUBE ET CREPUSCULE

CREPUSCULE D’ITIYER

La neige — le pays en est tout recouvert — Déroule, mer sans fin, sa nappe froide et vierge Et, du fond des remous, à l’horizon désert,

Par des vibrations de bleu tendre et d’or vert, Dans l’éblouissement la pleine Lune émerge.

A l’Occident s’endort le radieux Soleil Au milieu de l’ardente auréole qu’il darde A travers les vapeurs de son divin sommeil.

Et la I une tressaille et, sous le feu vermeil, Frissonnante, rougit, très grande, et le regarde.

Et la Neige scintille et sa blancheur de lys Se baigne dans le flux enflammé qui l’arrose ; L’ombre de ses replis a des pâleurs d’iris Et, comme si neigeaient tous les avrils fleuris, Sourit la plaine immense incffablement rose.

AUBE ET C R É P U S C U L E

Page 1