‹ Un pékin sur le front;Chapitre 13 sur 13 · LE GÉNÉRAL GOURAUD · texte numérisé non relu

LE GÉNÉRAL GOURAUD

Je le devine : c'est plus fort que lui. Il faut qu'il les frôle, qu'il les touche, ces drapeaux sacrés, n oublie les distances et le voici, maintenant, tout près d'eux : il en est envi* ronné. Il les manie, les caresse, plonge sa main avec ivresse dans leurs plis déchiquetés. Sa brune silhouette disparaît par instant au mi* lieu d'un frémissement de soies mouvantes qui semblent vivre et l'enveloppent d'un palpitement d'ailes diaprées. Il a l'air d'un charmeur de drapeaux.

Hais c'est fini. Un brusque adieu à ses hommes et il rejoint son État-Major qui l'attend là-bas. Je le regarde s'éloigner, toujours droit et cambré, appuyé sur sa canne, — et sa manche vide, non repliée, déployée au contraire dans un superbe étalage de sa glorieuse infirfnité proclamée» sa manche étoilée flotte, se tord sous l'effort du vent autour de son corps svelte, érigé, comme autour d'une hampe: il est lui-même un étendard vivant 1

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