CHAPITRE ONZIÈME
Le gouverneur Franklin.—Son humanité, -L'abbé Bailly de Messein, —Sa mission en Acadie. —Les d'Entremont, — MM. Bourg et LeRoux.
Le successeur de Wilmot adopta une ligne de conduite toute différente de celle de ses devanciers ; il se montra aussi bienveillant que ceux-ci s'étaient montrés barbares. Michael Franklin, qui s'était élevé de la condition de simple marchand, aux plus hautes charges de sa province, paraît avoir été un homme excellent ; il avait dû gémir bien souvent de tout le mal dont il avait été témoin. Il n'épargna rien pour faire oublier aux pauvres Acadiens, restés dans la Péninsule, les traitements dont ils avaient eu tant à souffrir. Au reste, il ne faisait qu'obéir aux injonctions du gouvernement anglais, qui,
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mieux informé du caractère et des dispositions des Acadiens,voulait le reconnaître en se montrant juste et équitable envers eux. “ Vous ne manquerez pas, lui écrivait le ministre anglais, Lord Hillsborough, de leur donner les plus entières assurances de la faveur et dela protection de Sa Majesté, et de ses bienveillantes intentions... Sa Majesté est pleine de tendresse et d'attentions à l'égard de ceux qui ont fait des établissements au Cap Breton, sous la protection de permis temporaires du gouvernement de la Nouvelle-Ecosse, et elle veut qu’on veille avec un soin attentif à leur avancement.” 1 Franklin n’avait eu rien de plus pressé que de mettre en vigueur cette politique de conciliation. Dès la réception de cette dépêche, il écrivit à l’un des magistrats du Bassin des Mines: ‘“ J'ai recu ordre de Sa Majesté de donner aux Acadiens les plus amples assurances de sa royale faveur et de sa protection. Et vous pouvez aussi leur donner, de ma part, la plus entière assurance que je repousse totalement et désavoue toute intention de les employer comme milice hors de celte province, et que de tels rapports n'ont pu venir que de la part d'esprits faibles et mal intentionnés. Vous pouvez