CHAPITRE SEIZIÈME
Haliburton. — Abolition du serment du {esé, — Les Acadiens de nos jours.
La petite société, si bien organisée par le curé de Sainte-Marie, et restée si française qu'on eût cru se retrouver, chez elle, sur uu rivage reculé de la Bretagne ou de la Basse-Normandie, avait un cachet d'originalité qui frappait les visiteurs.
« Dès qu’on entre dans le canton de Clare, racontait l'un d'eux en 1825, les maisons, les instruments de culture et de ménage, la langue étrancère et les coutumes uniformes mais caractéristiques, excitent la surprise du voyageur. On ne croirait pas qu'il existe, dans la Nouvelle-Ecosse, un canton d’une physionomie si distincte du reste du pays. Les Acadiens sont loin d’être aussi avancés en agriculture que leurs voisins. (Ils diffèrent en cela de leurs ancêtres, qui étaient d'excellents cultivateurs ; mais la raison en est facile à concevoir, pour quiconque connaît leur histoire depuis leur dispersion.) Il ont un singulier attachement pour leur langue et pour leurs coutumes. Quoique leurs trafics les mettent naturellement en rapport avec les Anglais, ilne se fait aucun
mariage entre eux ; ils n’adoptent pas leurs manières, ils ne s'établissent pas dans leurs villages. Ceci ne provient pas d'un sentiment d’aversion pour le gouvernement anglais, mais doit être plutôt attribué à leurs habitudes, à leur caractère national et à leur système d'éducation.
» S'ils n’ont pas autant d'esprit de progrès que les colons anglais ils peuvent soutenir fièrement avec eux Ja comparaison, sous le rapport des vertus domestiques et sociales. Sans ambition et d’une grande frugalité, ils vivent selon leurs moyens. Dévoués à leur ancien culte, ils ne sont point divisés entre eux par les discordes religicuses. Avec leur disposition joyeuse et leurs habitudes morales, ils jouissent peut-être de tout le bonheur compatible avec la fragilité de la nature humaine. Ce canton et celui du ruisseau à l’Anguille (Ze! Brook), dans le comté voisin de Shelburne, ne forment maintenant qu’une seule paroisse sous la direction de M. l'abbé Sigogne, missionnaire d’une rare activité et d’un grand zèle, qui a pris la charge de cet établissement, il y a très longtemps, et qui y est profondément attaché.
» Le canton de Clare est dans un état florissant : on y possède un bon nombre de petits vaisseaux, et le surplus des produits du sol et les revenus de la pêche permettent aux habitants d'agrandir et d'améliorer leurs terres, et d'acheter ailleurs tous les articles nécessaires à leur confort. Ils ont deux chapelles, une à chaque extrémité du village : celle qui s'élève à l'extrémité orientale est une des plus grandes de la Nouvelle-Ecosse, et fait beaucoup d'honneur à la libéralité du peuple qui l’a construite et terminée sans aucune aide ou secours étranger. Ils ont plusieurs moulins à farines et au delà de trente-deux scieries mécaniques. On ne voit plus de trace du grand incendie qui consuma tout le village pendant l'été de 1820.
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» Il y a deux autres établissements français dans le canton d'Argyle (situé à cinquante milles plus loin) : l'un à Pubnico!, l’autre à Æel Brool:. Dans ces deux endroits, le peuple a aussi la réputation d’être tempérant, industrieux et hospitalier. Ils ont de bons troupeaux de bétail, et sont en général logés très confortablement. Les naissances illégitimes sont à peu près inconnues dans ces établissements, et la vraie misère y est presque ignorée, car les pauvres sont soutenus par le reste des habitants ; et comme ils sont les membres de la même
grande famille, ils passent leur vie à séjourner de maison en maison ?. »
On a qualifié de fantaisies romanesques les descriptions faites, par certains écrivains du siècle dernier, des Acadiens du bassin des Mines. N’en trouve-t-on pas ici toute la réalité sous la plume d’un témoin oculaire dont la véracité ne peut être révoquée en doute ?
L'amitié de Haliburton pour l'abbé Sigogne remontait à l'époque de son élection comme député pour le comté de Clare, dans lequel est comprise la paroisse de Sainte- Marie.
Ces deux hommes, d’un talent supérieur dans des carrières différentes, s'étaient compris dès leur première entrevue. L'auteur de San Slick prenait un intérêt infini à la conversation de ce prêtre français, dont la vie, les idées, les habitudes contrastaient si singulièrement avec tout ce qui l’entourait. De son côté, le curé de Sainte-Marie estimait et aimait ce protestant convaincu, éclairé, libre de préjugés, cet esprit fin, sarcastique, d'une gaieté toute gauloise. Il n'avait pas tardé à comprendre le parti qu'on pouvait tirer de son influence, en
1 Pomcoup où Poboncoup.
? Haliburton's Nova Scotia, vol, I, p. 172, vol, XI, p. 172 et suivantes,
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faveur de la liberté religieuse. Il fut un des premiers : lui proposer l'abolition du serment du fes{, qui rendait tout catholique inhabile aux charges publiques. En 1827, l'abbé Sigogne fut un des premiers promoteurs de la loi d'émancipation présentée devant la législature de la Nouvelle-Ecosse, et adoptée à l'unanimité, grâce au discours magistral prononcé en cette circonstance par Haliburton. On y remarqua surtout l'éloge qu'il fit du peuple acadien, dont il avait fait une étude toute particulière pendant son séjour à Annapolis, de 1822 à 1824.
« Ce discours, remarque à ce sujet Beamish Murdoch. est le plus magnifique morceau d’éloquence qu'il m'ait jamais été donné d'entendre. Haliburton était alors dans tout l'éclat de la vie et de la force mentale et physique. L'atmosphère fortifiante de la campagne, dont il jouissait à Windsor, son lieu natal, lui avait donné une apparence robuste, quoique alors sa figure fût encore jeune et mince. En cette circonstance, il enleva littéralement son auditoire par l'élévation et l'éclat de son éloquence, nourrie des classiques et des lecons de l'histoire, et par l'appel qu'il fit aux sentiments les plus généreux de l'humanité !, »
Ce discours entre trop bien dans notre sujet pour n’en citer au moins quelques passages.
Après avoir dit qu’il était le représentant d'un grand nombre de catholiques, et que, depuis plusieurs années, il vivait dans l'intimité de leur respectable et vénéré pasteur, l'abbé Sigogne : « Pour quelle raison, ajoutaitil, les protestants et les catholiques de ce pays se mélentils dans les “mêmes réunions sociales et vivent-ils dans une si parfaite harmonie ? Pourquoi le catholique pleuret-il dans la mort l'ami protestant qu'il a aimé dans la vie ? Pourquoi porte-t-il son cercueil et suit-il ses restes
1 Beamish Murdoch, Æistory of Nova Scotia, vol, IT, p. 538.
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mortels à sa dernière demeure, en mélant ses larmes à Ja poussière qui le couvre? Si dans la Grande-Bretagne il y à un sentiment d'hoitilité évidente, la cause doit en être autre part que dans une simple différence de religion. L'état de l'Irlande offre le spectacle le plus triste ; tandis que le catholique y est lié par devoir et entrainé par inclination à soutenir ses prêtres, il est obligé par la loi de payer la dime au ministre protestant. On voit là des églises sans fidèles, des pasteurs sans troupeaux, et des évêques jouissant d'immenses revenus sans avoir aucun devoir à remplir. Ces catholiques doivent être quelque chose de plus ou de moins que des hommes, s'ils supportent tout cela sans frémir ; ils le sentent et ils murmurent. Les protestants, de leur côté, poussent des clameurs incessantes contre eux, et les déclarent un peuple méchant. Les propriétés de l'Eglise catholique ont passé aux mains du clergé protestant avec les terres, les dimes, les domaines des monastères.
» Qui peut contempler sans regret ces monastères, vénérables encore dans leurs ruines ? Que sont devenus ces asiles de la science, de la charité et de l'hospitalité, où le pèlerin, accablé d’une longue route, où le voyageur harassé reposait ses membres et trouvait un accueil bienveillant ; où les pauvres recevaient leur nourriture quotidienne, etimploraient, d’un cœur plein de gratitude, les bénédictions des hommes bons et pieux qui les nourrissaient ; ces asiles où le savoir tenait ses assises et où la science plongeait son flambeau dans les ombres de la barbarie et de l'ignorance ?
» Permettez-moi, monsieur le président, de m'arrêter, comme je l'ai fait souvent, dans un temps déjà loin, pendant des heures et des jours, parmi ces ruines ; vous aussi, vous vous êtes arrêté pour contempler ces scènes dé-olées ; dites-moi, pendant que vous contempliez ces cloitres, et que vos pas foulaient leurs mosaiques à tra-
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vers lesquelles pousse l'herbe, n'avez-vous pas cru distinguer les vagues rumeurs des marches lentes et solennelles des moines, dans leurs saintes processions ? N'avez-vous pas cru entendre le carillon des cloches, jetant le soir ses douces et mélancoliques harmoniex, dans la tranquille et solitaire vallée ? N’avez-vous pas évoqué les cœurs séraphiques répandant les flots harmonieux de leurs hymnes à travers les immenses nefs, où parmi les ogives aériennes ? Est-ce que les colonnes cn ruine, les arceaux gothiques, les murailles lézardées et les tourelles couvertes de lierre, ne vous demandaient pas, en vous rappelant l’œuvre des spoliateurs, le tribut d’une larme à la mémoire des hommes grands et bons qui les ont fondés ?
» On a dit que les catholiques étaient les ennemi: de la liberté ; mais cela, comme tant d’autres accusations portées contre eux, est entièrement faux ! Qui a créé la Grande Charte? Qui a établi les juges ? les procès }aï jury, les magistrats, les shérifs, ete... ? Ce sont les catholiques. C’est à ce peuple calomnié que nous devons tout ce dont nous sommes fiers. N'ont-ils pas été braves et loyaux? Demandez aux collines verdoyantes de Chrystler’s Farm, demandez à Châteauguay, demande aux coteaux de Queenstown |! Ils vous diront qu’ils couvrent la vileur catholique et la loyauté catholique, les cendres des héros tombés pour la cause de la patrie. !ci leurs sentiments avaient libre cours, car il n’y avait point de cause de division, point de propriétés à disputer. Nous les avons regardés comme de bons sujets et d° bons amis. L'amitié est naturelle au cœur de l'homnr, elle est comme le lierre qui cherche le chêne, s'attache à son tronc, embrasse ses branches et les entoure dc superbes festons ; il grimpe jusqu’à son sommet ct balance sa bannière de feuillage au-dessus de sa tcte, comme s’il triomphait d’avoir vaineu le roi des forêts.
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» Regardez le township de Clare : on y voit un magnifique spectacle. Tout un peuple ayant les mêmes coutumes, parlant le même langage et uni dans une même religion. C'est un spectacle digne de l'admiration des hommes et de l'approbation de Dieu. Voyez leur digne pasteur, l'abbé Sigogne ; regardez-le au lever du soleil, entouré de ses ouailles, rendant grâce à l'auteur de tout bien. Suivez-le au lit des malades ; voyez-le répandant le baume de la consolation sur les blessures des affligés ; voyez-le dans son champ, où il donne l'exemple de l'industrie à son peuple, dans son cabinet, où il instruit l’innocente jeunesse. Suivez-le dans sa chapelle ; vous verrez le sauvage accourant du désert avec toutes ses passions farouches et ingouvernables ; vous le verrez subjugué et soumis en présence du saint homme. Vous entendrez ce prêtre dire à l’Indien de reconnaitre Dieu dans le calme et la solitude de la forêt, dans le grondement de la cataracte, dans l’ordre et la splendeur du système planétaire, dans la succession régulière ‘des jours et des nuits. Ce sauvage n'oublie pas de remercier Dieu de ce que l'homme blanc lui a montré la lumière de la révélation dans le dialecte qu'il parle. »
M. Haliburton fait ensuite le récit de la dispersion des Acadiens ; puis, en qualité de représentant des descendants de ce peuple, il demande aux députés l'abolition du serment du fest, non pas comme une faveur, — il ne voudrait pas l’accepter de leur commisération, — mais comme un acte de justice.
« Tout homme, dit-il en concluant, qui met la main sur le Nouveau Testament et qui dit que c’est là le livre de sa foi, qu’il soit catholique ou protestant, anglican ou preshbytérien, baptiste ou méthodiste, quelle que soit l'étendue des points de doctrine qui nous séparent, il est mon frère et je l'embrasse. Nous marchons par différents chemins vers le même Dieu. Dans le sentier où je mar-
che, si je rencontre un catholique, je le salue, je fais route avec lui, et quand nous arriverons au terme, à ce; flammantia limina mundi, quand le temps viendra, ainsi qu'il doit venir, où cette langue, qui maintenant s’'exprime, se glacera dans ma bouche, où cette poitrine, qui maintenant respire l'air pur du ciel, me refusera ses ser. vices, où ces vêtements terrestres retomberont dans le sein de la terre d'où ils viennent, et iront se méler à la poussière des vallées, alors, avec ce catholique, je tournerai en arrière un long et languissant regard, Je m'agenouillerai avec lui, et au lieu de dire avec le présomptueux pharisien : « Grâce à Dieu, je ne suis pas comme ce papiste », je prierai, afin que tous deux. étant du même sang, nous soyons tous deux pardonnés, et, qu'étant frères, nous soyons tous deux reçus là-haut 1. »
Ce langage d’un protestant, adressé à des protestants, devait produire et produisit son effet. Il montre en même temps quelle impres$ion avait faite sur les esprits la vie sainte de l'abbé Sigogne, et de quel prestige il était entouré.
Les catholiques de la Nouvelle-Eco:se, et particulièrement les Acadiens, ont placé, à côté du nom de Haliburton, celui de M. Uniacke, l’un des membres les plu:
marquants de la législature, qui appuya le député de Clare, sinon avec la même éloquence, du moins avec le même esprit de justice. Avec cette victoire tomba la dernière chaine des Acadiens, et s’ouvrit l'ère de liberté qui en a fait un des peuples les plus heureux de l& terre.
La Providence accorda encore dix-sept ans de vie à l'abbé Sigogne; après cette date, pour raffermir le bien
t Beamish Murdoch, History of Nova Scotia, vol, ILE, 0, 514 ct
suivantes,
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qu'il avait fait au miliou de cette population de p'us en plus docile à sa voix et à ses exemples.
Il s'éteignit de vieillesse, en : 844, à l'âge de quatrevingt-cinq ans, emportant avec lui les regrets de tout son peuple, et tout ce qui peut faire croire à un homme qu'il vaut la peine d’avoir vécu, la conviction du devoir accompli et des œuvres qui ne meurent pas.
Si jamais vous passez par la baie Sainte-Marie, vous verrez la tombe de l'abbé Sigogne entourée d'honneur et de respect. Vous y verrez agenouillés, les fils de ceux qu'il a baptisés, et dont il a fait des hommes dignes des confesseurs du siècle dernier.
Avec l'abbé Sigogne s'est éteinte, en Acadie, la génération des hommes apostoliques que la tempête de 93 avait répandus sur sa surface, divisée alors en trois provinces : celle du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle- Ecosse et de l'ile du Prince-Edouard, Les petits groupes de familles que ces missionnaires avaient trouvés à la veille de se perdre, qu'ils ont organisés, disciplinés, au xquels ils ont donné une part de leur vie et de leurs vertus, sont devenus aujourd'hui des légions pleines de force et d'avenir, avec lesquelles il faut compter.
Après s'être accrues par leur propre vertu, « en se doublant tous les vingt et un ans, de 1785 à 1827, elles se sont doublées tous les vingt-deux ans, de 1827 à 1871 1,» Le dernier recensement officiel (1881) constate qu'il y a aujourd'hui 56,635 Acadiens dans le Nouveau- Brunswick ; 41,219 dans la Nouvelle Ecosse, dont fait partie l'île du Cap-Breton; 10,351 à l'ile du Prince- Edouard.
Dans ces chiffres ne sont pas comprises les populations acadiennes des iles de la Madeleine, qui dépassent trois
1 E. Rameau, Une Colonie féodale, p. 362.
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mille âmes !, ni celles du nord du golfe ? et de la baie des Chaleurs, relevant de la province de Québec, ni celles de Terre-Neuve, ni enfin celles de l'Etat du Maine, appartenant au groupe de Madawaska, lesquelles s'élèvent à peu près à vingt mille individus, donnant à la population acadienne de toutes ces régions un total de plus de 130,000 âmes.
J'ai déjà dit que les Acadiens sont représentés par des hommes de leur race, dans le sénat et aux communes du Canada ; qu'ils ont leurs députés et même des ministres aux législatures locales, des hommes instruits et marquants parmi toutes les classes de la société, dans le clergé et dans les professions libérales. On ne compte plus le nombre de leurs écoles, à la tête desquelles brille le collège classique de Memramcouk, sans contredit la première institution catholique des provinces Maritimes. Ils ont plusieurs couvents voués à l'instruction de la jeunesse, dans chacune des provinces, et jusqu'aux îles de la Madeleine.
Ils contrôlent les élections dans plusieurs comtés. Ils ont leurs journaux francais, vigoureusement réd,zés, qui font valoir leurs droits et qui entretiennent passionnément le culte des souvenirs, l'attachement à leur langue et à la France, tout en proclamant leur entière fidélité à l'Angleterre. En un mot, ils possèdent tous les éléments de progrès qu il est possible de souhaiter.
La réunion des provinces britanniques en confédération
1 M. Flynn, député de Gaspé, que j'ai consulté au sujet de la population des îles de la Madeleine, qui dépendent de sa division électorale, estime qu'aujourd'hui cette population est d’environ 5,000 âmes, dont 3,000 au moins sont d’origine acadienne.
? D’après l'évaluation de Mgr Bossé, préfet apostolique de la rive nord du golfe Saint-Laurent, la population acadienne de cette région serait d'environ 2,000 âmes; sur ce nombre, 1,100 seraient groupées à la Pointe-aux-Esquimaux, et 500 à Natashquan,
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