Juin
donnent si bien au bon Dieu ; oui, il est touchant de voir comment Jésus sait se conquérir peu à peu les âmes. »
Quand venait l'époque du tirage au sort, il y avait messe au patronage, pour les membres de l'œuvre qui y prenaient part ; les amis des futurs soldats venaient y assister et prier pour leurs camarades. Vers midi, les mêmes jeunes gens revenaient au patronage faire connaître à M. de Préville le résultat des opérations. Alors, le bon directeur se mêlait à eux et leur donnait d'intelligents et minutieux conseils pour le reste de la journée.
Il préludait ainsi à tout ce salutaire mouvement, créé depuis, en faveur des jeunes conscrits .
Que dirons-nous de cet esprit d'union, lorsque la mort venait frapper l'un des enfants de M. de Préville? Alors, c'était un deuil pour tous les membres du patronage ; on chantait un service, dans la chapelle, pour l'âme du défunt, et le saint directeur, en même temps qu'il réclamait les prières de l'oeuvre, ne manquait pas de mettre sous les yeux de ses patronnés les grands enseignements de la mort.
Entendons-le dans une circonstance de ce
genre: « Mes enfants, il y a dix jours à peine, nous étions tous réunis autour d'un cercueil : l'un de vos camarades était mûr pour le ciel . Pendant sa maladie, il me disait : « J'aimerais « mieux mourir que de devenir un mauvais « enfant! » Admirable parole, si Ton considère qu'elle est prononcée par un jeune homme de vingt ans, à qui, je puis le dire, tout souriait! Comme cette parole suppose une foi vive et un ardent amour de Notre-Seigneur ! » (1) Quelques jours plus tard, en face d'une autre tombe prématurément ouverte, M. de Pré ville disait à ses fils : « Allons, mes enfants, ne perdons pas cette triste occasion de nous relever et de nous encourager au bien. Si j'étais mort, moi qui suis si lâche dans le service de Dieu, moi qui me laisse aller si souvent au péché! O mon Dieu, ne m'infligez pas, comme punition, une mort subite ! Prions ensemble pour ce cher camarade et toutes nos prières réunies toucheront le cœur de Dieu. » (2)
Afin de perpétuer le souvenir de ces frères trop tôt disparus, M. de Pré ville fit sceller