LA PERSÉVÉRANCE
Mes chers amis,
' Pendant ces quelques jours, nous avons médité les grandes vérités ; et sous l'impression de ces pensées graves et austères, nous avons pris des résolutions bien sérieuses. Nous nous sommes promis de déclarer une guerre à mort à nos mauvaises habitudes, nous avons décidé de pourchasser le diable jusque dans ses ruses les plus cachées ; en un mot, de ne prendre de repos, qu'après une victoire complète.
Aujourd'hui, je veux vous prévenir contre
le découragement. Vous avez, j'en suis convaincu, fait une bonne et sainte retraite ; j'ai vu, pour ainsi dire, la grâce pénétrer vos âmes en même temps que ma parole pénétrait dans vos esprits. Il s'agit aujourd'hui de vous prémunir contre quelques dangers en vous indiquant les remèdes les plus propres à les combattre.
Le premier et le principal danger que rencontrent des jeunes gens ardents et généreux, c'est de croire que la lutte est terminée, parce qu'ils se sont résolus à lutter vigoureusement.
Ne croyez pas que le démon va se reconnaître vaincu, parce que pendant les premiers jours qui vont suivre la retraite, vous allez être tout autres à son égard. Croyez bien que telle ne sera pas sa tactique vis-àvis de la plupart d'entre vous. Non, il vous laissera, au contraire, bien paisibles pendant les premiers jours ; pendant quelques semaines, peut-être même pendant quelques mois. Mais bientôt il profitera, par exemple, des premières effluves du printemps, pour se présenter à vous sous des dehors bien séduisants : ce sera une toute petite faute dont il vous offrira l'occasion ; il vous distraira
même pendant qu'il vous la fera commettre, pour en diminuer l'horreur. Ainsi quand le soir, vous vous examinerez, vous verrez qu'il y a dans votre cœur quelque chose de louche ; mais il vous sera difficile d'en apprécier le degré.
Cela fera naître, dans votre cœur, certain trouble, certain malaise qui, si vous n'y prenez bien g-arde, ne manquerait pas de vous amener à penser au mal, à y réfléchir.
Aussi, dans ce cas, le seul conseil vraiment utile que je puisse vous donner, c'est de faire une bonne prière, et de confier ce petit trouble, cette petite faute à votre confesseur, et mieux encore à votre directeur.
Parce que vous aurez fait la retraite, vos ateliers ne seront pas meilleurs, vos camarades ne seront point changés ; les occasions de péché d'autrefois, vous les aurez encore. Mais ce qui est changé, c'est que Jésus est avec vous, et si Deiis pro 11061s ^ cuis contra nos, si Dieu est avec nous, qui donc oserait être contre nous ?
Voilà donc la situation. Vous étiez, avant la retraite, des amis du démon ; pendant la retraite, vous êtes devenus ses ennemis, et les amis de Notre-Seigneur. Il y a lieu de
penser que le tentateur n'est guère satisfait de ce changement, et qu'il vous prépare quelques mauvais tours de sa façon.
Comment faire donc pour le tenir à distance ?
Nous célébrons aujourd'hui la fête de l'Immaculée Conception de la Sainte Vierge. Ce n'est pas sans intention que votre cher directeur a choisi cette belle fête pour terminer notre retraite. Sa pensée a été, j'en suis certain, que vous emportiez de ces jours de bénédictions, un ardent amour de la Sainte Vierge.
}e vous en ai parlé au commencement de ces saints exercices ; j'ai parlé aussi à la messe, des merveilles opérées dans notre pays, par la récitation du chapelet ; et je ne vois pas pourquoi la Sainte Vierge serait moins bonne pour vous, Orléanais, qu'elle ne l'a été pour nos Boulonnais. Si, pendant cette retraite, vous avez senti, de temps en temps, votre cœur touché, c'est que là-bas, sur le bord de la mer, vos camarades de Boulogne récitent, tous ensemble, leur chapelet pour vous.
Nous aimerons donc la Sainte Vierge, parce que c'est elle qui a été choisie de Dieu même, pour écraser la tête du serpent. C'est
elle qui a pour mission de nous protéger et de nous défendre contre des attaques incessantes ; et déjà vous avez constaté son influence sur vous, depuis que nous avons, chaque jour, récité le chapelet.
Le chapelet, si vous y êtes fidèles, sera pour vous une véritable sauvegarde ; mais, prenez bien garde de vous en dépouiller, de le laisser chez vous, et de vous habituer à vous en passer. Il est impossible qu'un fidèle enfant de Marie périsse. Donc, ayez votre chapelet et servez-vous en souvent, souvent.
Le chapelet et son usage vous fait entrer dans ce moyen principal de la persévérance : la prière. Qu'il y ait même, chaque jour, dans votre chapelet, une dizaine pour votre persévérance et celle de vos camarades. Cela m'amène à vous parler d'un moyen bien efficace de persévérance :
« Commendavit unicuique de proximo suo. »
Dieu a confié à chacun le soin du salut de son prochain. Je voudrais qu'en terminant cette retraite, vous acceptiez, comme moyen essentiellement pratique de persévérance, le soin de vous garder les uns les autres.
Il ne se peut trouver de réunion comme celle-ci sans que, de temps en temps, il
arrive que l'un de ces jeunes gens ne se trouve entraîné, ou par une occasion ou par un camarade. Eh ! bien, c'est dans ces cas, que je demande, de votre part, un acte de charité .
Il y a un an ou deux, au cercle Montparnasse à Paris, un jeune homme avait fait une mauvaise connaissance et se dérangeait tout à fait.
Le directeur du conseil déclare qu'il va être obligé de signifier son congé à ce jeune homme. Les membres du même conseil, qui aimaient beaucoup ce camarade, autrefois l'un des meilleurs parmi eux, demandent au directeur du cercle, de vouloir bien patienter quelque temps, parce qu'ils ont déjà commencé à le ramener. Ils se sont confié cette besogne à plusieurs, et ils espèrent pouvoir le détourner de cet ami qui l'entraîne.
Le directeur, heureux de voir cette bonne volonté des conseillers, donne de grand cœur la main à cette petite conspiration, et comme les conseillers regardent le directeur du patronage, M. Maignen, comme un vrai père, ils lui disent : :< Voilà ce que nous voulons faire et ce que nous avons fait. » Les jeunes gens échangent quelques petits moyens
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que M. Maignen leur indique, et quelques semaines ne se sont pas écoulées, qu'ils amènent leur camarade repentant et confus, demandant pardon.
Le directeur, tout heureux, lui raconte ce qui s'est passé, et lui dit de remercier et d'embrasser ses amis qui ont obtenu à force de prières et d'instances ce beau résultat.
S'il faut être bon camarade quand un enfant du patronage commence à se détacher de l'œuvre, il faut surtout l'empêcher de s'éloigner en cherchant par tous les moyens possibles à le faire s'amuser dans l'oeuvre. Que chacun s'oublie soi-même pour ne penser qu'aux autres : c'est là le meilleur moyen de persévérer.
Aimer ses camarades, se dévouer tous les jours pour les aider à s'amuser, les consoler et les secouer quand ils croient qu'ils doivent s'ennuyer ! Commendavit unicuique de proximo suo. Dieu a donné à chacun de nous le soin de veiller sur son prochain. Et remarquez bien que votre honneur y est engagé.
Si Ton parle mal de tel camarade, tous les enfants de l'œuvre sont généralement compris dans ce blâme. Si l'on remarque que les grands ne sont pas fidèles, les méchants,
que votre persévérance gêne, parce qu'elle est un reproche vivant de leur infidélité, ne manquent pas de grossir le nombre des déserteurs et de dire qu'à l'œuvre de la jeunesse, il n'y a que des enfants, qu'il est impossible de jamais aller au bal, au café, au concert ; que cela est bon seulement pour les enfants. Et tous les auditeurs qui ne sont pas courageux, de conclure : oui, oui, c'est impossible. Ah ! qu'il serait plus beau d'entendre dire : Voyez ces enfants de l'œuvre, comme ils s'aiment les uns les autres, comme ils se soutiennent, comme ils se défendent contre les attaques de ceux qui ne sont pas comme eux.
Mettons cette résolution et cette pensée au nombre de celles qui nous doivent devenir familières : « Aimer mes camarades assez pour me dévouer pour eux et pour les obliger à force de bonté et d'efforts, à se plaire avec nous. »
Nous sommes nombreux, mais pas assez unis, pas assez fiers d'appartenir à cette belle œuvre. Devenons fiers de notre œuvre, de notre piété, de notre dévotion et fiers surtout de demeurer chrétiens.
Examen sur les Devoirs d'un Jeune Homme envers Dieu
Adorons Notre-Seigneur Jésus-Christ rendant à Dieu son Père, pendant toutes les circonstances importantes de sa vie, l'honneur qui lui est dû. Jamais Jésus ne se glorifie de ce qu'il fait, mais il en renvoie toujours l'honneur à Dieu. Il ne fait rien de quelque importance sans prendre le temps de consulter Dieu dans une prière longue et fervente. Oh ! que ma vie serait meilleure, comme elle serait plus édifiante, si je prenais ainsi le soin, d'appeler chaque jour et à chaque instant important, Jésus à mon secours .
Guidez-moi, Seigneur, dans cette recherche que j'entreprends des fautes que j'ai commises contre le service de Dieu.
Ai-je toujours accompli aussi courageusement que je l'aurais dû, tous mes devoirs envers Dieu ?
Avec quel soin ai-je offert mon cœur à Dieu, le matin à mon réveil ? Avec quelle
confiance ai-je imploré le secours de la sainte Vierge et de mon bon ange ?
Ai-je fait, chaque jour et tout entière, ma prière du matin ?
Ai-je fait, chaque matin, quelques minutes de méditation et de lecture pieuse ?
Quelle a été ma fidélité à assister à la sainte messe et aux vêpres ?
Pendant la semaine, ai-je fait effort pour assister à la messe ?
Ne m'en suis-je pas trop facilement dispensé ?
Ne me suis-je pas souvent laissé entraîner aux distractions volontaires ?
Ai-je prié dans les tentations? dans un travail difficile ? dans les occasions dangereuses ?
Ai-je été fidèle à ma prière du soir? La fatigue ne m'a-t-elle pas bien souvent endormi, pour n'avoir pas su la faire un peu plus tôt, aussitôt mon retour du travail, par exemple ?
N'aurais-je pas pu la faire chez moi en commun, avec tous mes parents, ou du moins, avec ma mère, ma sœur, mon frère ?
N'ai-je pas ainsi par faiblesse, perdu une bonne occasion de faire du bien ?
Ai-je fait mon examen de conscience avant de me coucher ?
Ai-je récité chaque jour, mon chapelet ou partie de mon chapelet selon qu'il était convenu avec mon confesseur.
Ai-je eu soin de faire chaque jour, quelque lecture de piété ?
Me suis-je confessé chaque semaine, ou du moins, me suis-je bien conformé à cette règle, de ne jamais me coucher avec un péché grave sur la conscience ? sans avoir mis ma conscience en paix par une bonne confession, ou un acte de contrition, si je n'ai pu me confesser ?
Ai-je fait chaque jour, ma petite visite au Saint Sacrement ?
Ai-je observé les commandements de l'Eglise sur l'abstinence ?
Mon Dieu, je vous demande pardon d'avoir si peu tenu compte, jusqu'à présent, de mes devoirs envers vous. Je me suis donné tant de peine pour des choses insignifiantes ; et tout ce qui regardait mes devoirs envers vous, je le mettais de côté.
Faites-moi, s'il vous plaît, la grâce de profiter de cette retraite, pour mettre votre service au premier rang de mes occupations,
et de mériter ainsi d'être par vous comblé de grâces pendant le cours de ma vie, en attendant que j'aille jouir au ciel du bonheur que vous promettez à vos élus. Ainsi soit-il.
Examen sur les Devoirs d'un Jeune Homme Chrétien à l'Atelier
Adorons Notre-Seigneur travaillant dans l'atelier de saint Joseph. Quelle obéissance et quel respect pour saint Joseph ! quel courage ! quel soin des objets qui lui sont confiés ! quelle exactitude aux heures du travail ! quel respect du temps et des outils, et généralement de tout ce qui appartenait à saint Joseph !
Quels sentiments ai-je au fond de mon coeur pour mon patron ? Ai-je pour lui le respect et l'obéissance que je dois avoir ?
Quelle est mon exactitude à arriver à l'heure à l'atelier ? Me suis-je accusé du tort que j'ai pu faire en arrivant trop tard à mon travail ?
Ai-je traité les outils et les objets appartenant à mon patron, avec le même soin que s'ils m'appartenaient à moi-même ?
Ai-je grand soin de réparer mes pertes de temps par une activité plus grande, et capable de compenser le tort que j'avais pu lui faire ?
Ne me suis-je pas trop facilement attribué des objets qui lui appartenaient, sous prétexte qu'il avait moyen de les remplacer ?
Quel respect et quel soin ai-je eu de la réputation de mon patron ?
N'ai-je pas souvent pris plaisir à le dénigrer moi-même ou à l'entendre dénigrer par les autres ?
Quel courage ai-je eu pour me montrer ce que je suis, sans forfanterie, comme sans lâcheté ? N'ai-je pas souvent par respect humain, manqué de défendre la religion et les prêtres?
N'ai-je pas souvent été trop craintif, pour interrompre une conversation trop libre et indécente, quand je l'aurais pu?
Me suis-je opposé au mal que l'on voulait me faire faire, ou me faire voir ?
Ai-je courageusement refusé les livres ou journaux mauvais que l'on m'offrait ?
Ai-je évité de vexer lâchement ceux qui étaient les souffre-douleurs de l'atelier ?
Ne me suis-je pas, au contraire, amusé moi-même à leur faire de la peine ?
O mon Dieu ! quelle belle récompense vous accorderez à un ouvrier chrétien, qui se sera toujours bien conduit à l'atelier ! Quelle gloire n'aura-t-il pas pour avoir ainsi, chaque jour, à chaque instant du jour, tenu son cœur uni au vôtre pour résister à tout ce mal qui se fait autour de lui !
O Jésus ouvrier ! aidez-moi à demeurer un ouvrier chrétien.
Examen sur les Devoirs d'un Jeune Ouvrier Chrétien envers ses Parents
Adorons Notre-Seigneur traitant avec tant d'honneur la sainte Vierge et saint Joseph, ses parents ! Quel beau modèle d'obéissance ! Erat sub.iilus Mis — il leur obéissait quand ils commandaient, comme quand ils défendaient quelque chose.
Adorons aussi Notre-Seigneur rendant h saint Joseph mourant les derniers devoirs. Quel ne fut pas son empressement à le soigner durant sa maladie et jusqu\à son dernier soupir !
Ai-je toujours bien honoré mes parents ?
Les ai-je aimés ? leur ai-je voulu et fait tout le bien que je pouvais ?
Ai-je été prévenant pour eux ? complaisant envers eux ?
Ai-je supporté patiemment leurs défauts ?
Leur ai-je toujours obéi dans tout ce qu'ils m'ont ordonné de conforme à la loi de Dieu ?
S'ils m'ont ordonné des choses défendues, ai-je eu le courage de leur refuser bien simplement de faire ce que le bon Dieu ou l'Église défendait?
Ai-je obéi promptement ?
Ai-je obéi joyeusement et sans murmurer ?
Ne me suis-je pas contenté souvent de faire semblant d'obéir?
Ai-je aidé mes parents, autant que je l'ai pu ?
Ai-je rapporté fidèlement à la maison ce que je gagnais ?
N'ai-je pas souvent gardé quelque chose sans le leur dire ?
Ai-je chaque jour prié pour eux ?
Ai-je veillé sur eux pendant leur maladie ?
Ai-je soulagé mes vieux parents et n'ai-je pas regardé cette obligation comme une lourde charge, tandis que ce n'est qu'un devoir pour moi de leur rendre ce qu'ils m'ont prodigué de soins pendant mon enfance ?
Ai-je prié et fait prier pour eux après leur mort ?
Devoirs d'un enfant envers soi-même
Ai-je été gourmand — dans le boire ou le manger ?
Ai-je été paresseux ?
Me suis-je laissé aller à l'impureté ?
Ai-je eu soin de m'instruire sur la religion en repassant mon catéchisme et en suivant les instructions qui m'étaient faites ?
Ai-je cherché à devenir habile dans ma profession ? Ne me suis-je pas contenté de savoir mon état tant bien que mal ?
O mon Dieu, qui promettez une longue vie, la vie éternelle, à celui qui honore ses parents, donnez-moi le courage de vaincre pendant cette retraite mes mauvais instincts sur ce point ! Donnez-moi aussi de comprendre bien la parabole des talents et de me souvenir que vous me demanderez compte du peu qu'aura produit en moi le talent que vous m'avez confié.
Que je devienne, Seigneur, un bon et un saint ouvrier !
Examen sur les Dispositions que nous
avons apportées
pour entendre la Sainte Messe.
Honorons la très sainte Vierge comme le modèle le plus parfait que nous puissions prendre pour bien entendre la sainte messe. Elle assiste au sacrifice que son Fils offre sur le Calvaire, et qu'il continue d'offrir tous les jours sur nos autels ; elle y assiste avec les dispositions les plus excellentes et les plus saintes. Son esprit tout occupé de ce qui se passe devant ses yeux, ne peut être
distrait par d'autres pensées ; son cœur tout embrasé d'amour pour Dieu, et qui ne respire que sa gloire, fait que, sans avoir égard à sa tendresse maternelle, elle offre ellemême avec Jésus, cet adorable sacrifice ; et cette divine Mère, toute pénétrée de sentiments de religion, s'immole en esprit pour ne faire avec son cher Fils, qu'une seule et même victime.
Demandons au bon Dieu par Marie, de nous accorder quelques-unes de ces belles dispositions. Qu'il nous fasse voir et comprendre en quoi nous y manquons.
Avons-nous regardé l'assistance à la sainte messe comme une des actions les plus importantes que nous puissions faire, et nous y sommes-nous préparés?
Nous sommes-nous préoccupés de sonder notre cœur, afin de le purifier, par un acte de contrition, et s'il est nécessaire par une bonne confession, avant de nous y présenter ?
En nous rendant à l'église, avons-nous soin de ne rien donner à la curiosité, de mortifier nos sens, et de retenir notre langue ?
Nous sommes-nous bien persuadés que nous n'avions pas de meilleur moyen d'adorer Dieu, que de lui offrir avec le prêtre, Notre-Seigneur Jésus-Christ, la Victime sans tache ?
Avons-nous compris que notre reconnaissance, pour les grâces sans nombre qu'il nous a faites, serait insignifiante, si nous ne priions Jésus, au saint sacrifice, de remercier Dieu pour nous de ses incomparables bienfaits.
Devant nos péchés accumulés, avons-nous, par la sainte messe, essayé d'apaiser sa justice, et de réparer l'injure qu'ils lui ont causée ?
Avons-nous profité de notre assistance au saint sacrifice, pour demander et obtenir de Dieu, par Notre-Seigneur Jésus-Christ, les grâces dont nous avons besoin pour nous et pour les autres ?
N'avons-nous pas, au contraire, bien souvent assisté à la sainte messe sans aucune intention, par coutume, par habitude, pour faire comme les autres ?
Ne nous y sommes-nous pas souvent tenus sans respect, oubliant que nous devions y assister avec une humilité profonde, une
crainte religieuse, et une foi bien vive en la présence de Dieu ?
Quand nous avons assisté à cet auguste mystère, avons-nous évité d'y causer et de regarder de côté et d'autre ?
Ne nous sommes-nous pas contentés de mettre un seul genou en terre ? X'avons-nous pas cherché à nous y mettre trop à l'aise, au détriment du respect dû à Dieu?
Avons-nous été heureux de nous offrir pour servir la messe, nous rappelant que nous imitons ainsi le service des anges?
O Dieu! qui prononcez anathème contre ceux qui font négligemment votre œuvre, quel compte terrible n'ai-je pas à rendre de tant de messes auxquelles j'ai si mal assisté ; que j'ai entendues sans nul respect et sans nulle application ! Un Dieu y est produit à la parole du prêtre ! un Dieu s'y sacrifie ! un Dieu s'y anéantit ! et un homme aura assez peu de religion pour y paraître avec indifférence ! Pardonnez-moi, Seigneur, et ne permettez pas que cela m'arrive jamais plus.
Remplissez, je vous en supplie, mon cœur
de dispositions si saintes que je n'aie nul sujet
de craindre les funestes effets de cette terrible parole que vous avez mise sur les lèvres de votre prophète Jérémie :
Maudit soit celui qui a fait l'œuvre de Dieu négligemment. — (Jék. L. 8 . 10.)
Examen sur notre manière de faire la Sainte Communion.
Adorons la bonté immense de Notre-Seigneur qui, après être mort pour les hommes sur la croix, se donne encore à eux dans la sainte communion, aussi souvent qu'ils le désirent. Quelles ne doivent pas être nos dispositions, quand nous avons cet incomparable bonheur de recevoir en nourriture, le corps, le sang, l'âme et la divinité de Notre- Seigneur Jésus-Christ, sous les espèces et apparences d'une petite hostie ! Il me semble l'entendre nous redire : « Mon bonheur, c'est d'être avec les enfants des hommes. » Voyons quelles ont été nos dispositions avant de recevoir son corps sacré ; quelle reconnaissance nous lui avons témoignée pour avoir bien voulu venir à nous.
Avons-nous toujours apporté à la sainte communion une grande pureté de cœur, nous souvenant, que celui qui communie indignement, s'expose à voir exécuter contre lui les plus terribles menaces de Dieu ?
Avons-nous fait effort pour éloigner de nous, non seulement les fautes mortelles, mais aussi les fautes légères et jusqu'aux moindres imperfections volontaires ?
Avons-nous cherché à n'avoir au fond du coeur aucune autre intention que celle de plaire à Dieu, et d'attirer sur nous les grâces dont nous avons un si impérieux besoin ?
Nous sommes-nous préparés dès la veille au soir et pendant toute la matinée, excitant en nous d'ardents désirs de recevoir Notre- Seigneur ?
Avons-nous eu soin, pour faire honneur au bon Dieu, qui voulait bien descendre dans notre cœur, de nous revêtir de nos habits de fête ?
Avons-nous excité dans notre cœur, chaque fois que nous avons eu le bonheur de faire la sainte communion, des sentiments d'une foi bien vive en Notre-Seigneur Jésus-
Christ, la seconde personne de la Sainte- Trinité, que nous recevons ?
Nous sommes-nous bien humiliés en considérant nos misères, nos fautes si souvent répétées, malgré tant de résolutions de nous corriger ?
Enfin avons-nous essayé de développer en nous, un amour bien vrai et bien sincère pour ce divin Jésus qui se veut donner à nous ?
Voyons, si après un si grand bonheur, nous avons été fidèles à remercier Notre- Seigneur ?
Avons-nous pour cela, consacré quelques instants après la messe à une action de grâces véritable ?
Avons-nous laissé de côté, tout ce qui pourrait nous distraire d'une affaire aussi importante ?
O mon Dieu, vous que j'ai tant éloigné de moi par mon peu d'exactitude à me bien préparer à la sainte communion, oubliez, je vous en conjure, toutes mes négligences. Pardonnez-moi la négligence dont je me suis aussi rendu coupable après la sainte
communion, et accordez-moi, pour l'avenir, le courage de toujours faire librement et du plus profond de mon cœur, cette action de grâces dont je comprends si bien la nécessité.
Faites, Seigneur, que je me souvienne qu'après la sainte communion, quand vous venez de vous donner tout à moi, je puis tout obtenir de votre divin Cœur.
O Vierge Marie ! aidez-moi à être bien fidèle à remercier toujours Notre-Seigneur des communions qu'il me permettra de faire.
Ainsi soit-il.