‹ Un pere ou La famille Simon drame en trois actesChapitre 10 sur 57 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

ELISE, LA MARQUISE, Mme SIMON, VICTOR, ST-HILAIRE.

MAD. SIMON. Oui , monsieur , votre père est furieux, votre conduite est blâ-

mable, très-blAmable ! si j’ai parlé pour vous, c’est pour la dernière fois, je vous en préviens ; car j’entends que vous vous corrigiez ou, loin de vous défendre, j'engagerais M. Simon à prendre des moy ens extrêmes.

ST-lllLAlRE, bat ù Victor. Saurait-on ici?...

VICTOR. Non, rien de cette nuit, mais mon père m’attendait hier, et je crains...

MAD. MMON. Mais, marquise , je ne puis tolérer , je lui ai tout passé jusqu'à ce jour parce qu’ii ne s'agissait que de quelques dettes, de folies de jeune homme.

Mais risquer sa vie ! lui, notre fils unique ! M . Victor devrait pourtant se rappeler que si le nom de son père est vulgaire, celui de sa mère au moins est illustre, que plusieurs de ses parens occupent des places éminentes, qu'avec eux il peut arriver à tout, s’élever aux honneurs!

LA MARQUISE. Allons, calmez-vous , mon amie ; ce jeune homme sent parfaitement la force de votre raisonnement, il se corrigera.

ELISE. Ma mère !

ST-HILAIRE. Croyez madame que je ferai tout mon possible afin d’opérer en lui un heureux changement.

LA MARQUISE. Puisque M. de St-Hilaire veut bien s’employer, vous ne devez plus craindre ma chère amie.

mad. SIMON. Non sans doute. Mais depuis quelque temps M. de St-Hilaire nous néglige; à peine le voit-on une fois la semaine.

ST-HILAIRE. Je crains d'être importun. .

mais je me féliciterais d’être aujourd’hui près de vous, si ma faible voix pouvait être utile à mon ami, si elle pouvait lui faire obtenir un pardon, qu’il s’efforcera toujours de mériter.

LA MARQUISE. Ali! vous ne pouvez vous y refuser.

ELISE. Ma bonne mère !

mad. SIMON, à Victor. Je vous pardonne. Mais à condition qu’il ne vous arrivera jamais pareille chose et que vous suivrez ponctuellement les conseils que vous donnera M. de Saint-Hilaire qui est votre ami . l’ami sincère de la famille.

st-hilaire Madame!

VICTOR. Oui, ma mère.

la marquise. Ab! ça, maintenant, vous allez me promettre de venir à notre soirée oli 1 vous ne pouvez vous y refuser : une réunion superbe, ce qu’il y a de mieux composé, presque toutes les dames nobles de la ville.

MAD. SIMON. Je suis sensible A toutes

l'X PÈSE.

cps marques d’intérêt, mais il m’est impossible de me rendre à vos aimables invitations ; j’en suis désespérée, marquise, je l’ai promis à M. Simon.

la marquise. Comment ! vous avez promis à votre mari de fuir la société 7

mad. SIMON. Non, mais....

LA MARQUISE. Ah ! si vous n’y venez pas, la soirée sera encore plus triste qu’à l'ordinaire.

st-iiilaire. Rendez-vous ; madame la marquise vous prierait-elle aussi sincèrement si votre présence n’était nécessaire pour embellir cette réunion ? M.

Simon ne pourra vous en vouloir, je suis même certain que s’il était ici, il vous y aurait déjà fait consentir.

mad. SIMON. Le voici.

VICTOR. Mon père !

mad. SIMON. Ne parlez de rien devant lui.

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