‹ Un pere ou La famille Simon drame en trois actesChapitre 9 sur 57 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

SAINT-HILAIRE, ttul.

Oui, dépêche-toi, va demander ton pardon, ce ne sera pas le dernier, je l'espère. Enfin je puis donc rendre à cette famille tous les maux qu’elle a causés à la mienue. Grâce â ce nom de St-Hilaire que j'ai pris après une longue absence de ma ville natale, on ne se doute pas ici que je suis le fils d’un ancien ennemi, le fils du pauvre Rernard qui fut ruiné il y a plus de vingt ans par la concurrence et les procès qu’il perdit contre Simon, quoique jeune encore, j’ai juré haine et malédiction à celui qui en fut la cause, je tiendrai mon serment. J'aurais pu tout oublier pourtant ; la vue d’Elise avait éteint en moi tous senlimens de vengeance : le relus de son père et la préférence accordée â Gustave me les ont rendus plus forts, plus audacieux qu’ils le furent jamais ! prends garde, Simon, prends garde ! une fois déjà je suis parvenu à ébranler ton crédit, encore un revers, je l’anéantirai. D'ailleurs, enhardi par quelques succès, Victor ne peut plus rien entendre d’un homme sans aussitôt s'en rapporter au sort des armes...

un jour viendra où une main plus exercée que la sienne jettera le deuil dans sa famille ; ce que j 'eusse déjà fait moi-même si je n'en voulais qu’à son existence : certain de lui envoyerune balle droit au cœur, j'aurais pu le provoquer., mais j'ai des projets plus élevés ; avant sa vie il me faut la fortune qu’ils m’ont fait perdre, que je la possède un jour ! et si les moyens que j’emploie ne suffisent pas pour triompher du père, ma main, j eu suis persuadé ne tardera pas à me venger sur le fils!... Le voici.

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