ÉLISE, SIMON
SIMON. Mais, ma chère Dise , conçoistu cela de ta mère? Quand toute la fortune que j'avais acquise ne suffira peutêtre qu’à réparer les pertes consécutives que j'ai faites, vouloir donner un bal dans un pareil moment 1
Élise. Mais, mon père, c’est que depuis plusieurs jours vous paraissiez avoir oublié vos peines.
SIMON. Sans doute. D'après les lettres que j'ai reçues de Gustave, je pouvais penserqu’enün, après deux annéesde voyages et de combats, il reviendrait dans les premiers jours du mois : nous voilà au quinze, et point de nouvelles ! Je crains bien qu’il n'ait été forcé de continuer ses expéditions.
Élise. J’en souffre autant que vous , mon père !
SIMON. Mais cela ne dérange pas tes projets à toi ; car j’ai pris mon parti , vois-tu. Dés que vous serez mariés, je fais mes comptes, je réalise ; et s'il me reste quelque chose après ta dot , nous irons ensemble habiter une campagne; et là , ne recevant personne, vivant dans sa famille, ta mère peut-être ne me donnera plus aucun souci. Nous tâcherons d’attirer ton frère à nous ; et si ces projets réussissent , nous pourrons jouir encore de quelques momens heureux.
ÉLISE. Oui, mon père, n’en doutez pas :
Gustave nous ramènera le bonheur; votre félicité sera complète , votre existence embellie et prolongée par l’amour de vos enfans !
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