‹ Un pere ou La famille Simon drame en trois actesChapitre 2 sur 57 · POTIN, UN COMMISSIONNAIRE · texte numérisé non relu

POTIN, UN COMMISSIONNAIRE

POTIN, entrant avec des commissionnaire s portant des ballots. Allons donc, allons donc, vous autres, entrez donc par ici, posez donc ça par là. On n’dirait jamais qu’vous travaillez pour le plus riche négociant d’Marseille, le rôi au commerce, le. . . c’est-à-dire, l’ex-roi du commerce, car à présent, grâce à Mme Simon, je

ne sais pas trop si M. Simon. . . Ali! ça, mais qu’est-cç vous faites donc là ? Vous me r’gardcz la bouche béante comme si vous n’aviez rien de mieux à faire. Si j’n’y étais pas, j’erois qu’la maison de monsieur irait bien 1

UN COMMISSIONNAIRE. J’croisM. Polin, qu’elle irait bien mieux si vous ne parliez pas tant!

potin. Tiens, c’t’autre, si je ne parlais pas tant! est-ce qui n'faut pas qu’la cour soit débarrassée avant le lever de madame? Ah! ben! elle me ferait un beau train

N. B. Messieurs lu Directeurs de province qui désireraient «voir la mile en scène exacte, peuvent écrire franco à l Auteur ; u # euprtueia de lu leur faire parvenir. (S’aértttçr au Théâtre. )

»*awü. tom u .

LE MAGASIN TliÉATAAL.

si elle V voyait scul’mcnl le moindre petit ballot !

IÆ COMMISSIONNAIRE. Pourquoi donc l avez-vous laissé encombrée ces jours-ci?

POTIN. Parce que madame était malade et qu’aucune voiture n’pouvait y entrer, et puis qu’monsicur 1 voulait.

Mais aujourd’hui qu’elle va mieux, qu’elle va peut être sortir, c’est différent : monsieur n’est plus rien, et madame est tout.

LE COMMISSIONNAIRE. Ah! c’est vrai.

On fa dit bien fière. Elle n’est pas aussi bonnç. que- son mari. .. et vous qui êtes soifporticr, vous craignez. . .

POTIN. Qu’est-ce que c’est qu’ça, portier? concierge, s’il vous plaît!... qu’estce que je dis, concierge ? suisse ! si vous l’voulez bien. Et d’plus pensionné de monsieur , pour les services que je lui rends et...

LE COMMISSIONNAIRE. Et parce que la voue d'son cabriolet vous a passé sur la jambe. Ça n’vous a pas mal fait. La place que vous avez vaut mieux qu’celle que vous occupiez au coin du quai lorsque vous étiez. . . cordonnier.

potin, le faisant taire. Voulez-vous bien ! D’vant tout le monde, comm’ça. . .

c’est joli !

LE COMMISSIONNAIRE. Allons, allons, M. Potin, n'nous fâchons pas. Nous allons Oter tout c’qu’il y a dans la cour afin que madame ne gronde pas son suisse! ! ! Ah !

ah ! ab !

( Il iort en riaot avec les autres. I

SCÈNF n.

POTIN, seul, et criant après eux.

Oui, oui, riez; j’n’en suis pas moins suisse, entendez-vous? VI à pourtant c’que c’est qu’d’êt’e trop libre avec tous ces gens... quand on est r’vêtu d’Ia confiance d’une aussi grande maison qu’celleci. qu’on y occupe une place importante, on n’devrait jamais s’mésailler.Car enfin, je suis l’premier d’Ia maison... personne ne peut me l’contester j’espère... et ça j n’empêche pas que j’rends d’fameux services â c’bon M. Simon, tout d meme :

qu’est-ce qui l'as averti de la conduite de M. Victor, son fils? c’est moi. Qu’est-ce qu’il envoie aux informations quand l’jcune homme rentre tard ou même quand il ne rentre pas du tout? c’est encore moi. Potin ! et ces porteurs, ces misérables porteurs!. ..y n’y a pas d doute que l’cabrioletde monsieiirm’asécrasc la

jambe... je n’chcrohe pas à l’cacher ça

s’voil d’reste... et quoiqu’ils en disent, ca n’me fra jamais clocher. ( Il veut marcher et fait un faux pat. ) Aïe ! Aïe ! liens ! v’Ià mademoiselle !

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