POTIN, ELISE
ELISE. Bonjour, M. Potin. Qu’avezvous donc? vous paraissez n’étre pas à votre aise ?
POTIN. C’n’est rien , mademoiselle, c’est ma diabl’ de jambe qu’était restée en airrière et qui m’a causé une douleur un tant soit peu vive qui m’a répondu au cœur.
ELISE. Oh! mon dieu! quel malheur d’avoir été blessé comme cela. Vous devez bien souffrir?
potin, gauchement. Oh! non, mademoiselle, je n’souffre pas quand vous êtes là.
ELISE. Vous êtes flatteur, M. Potin.
POTIN. Vous vous trompez : je n’suis qu’franc, franc !... comme un Français !
ELISE, allant d la fenêtre. Je vous remercie.
POTIN. Il n’y a pas d’quoi , mademoiselle. ( A part.) Elle a l’air contente, bien contente tout d'même de c’que j lui ai dit.
Ahldame! v’ià c’que c’est, quand l’on a de l’érudition... et qu’on sait parler!... on peut se permettre!... il faut que j’continue... [Haut.) Vous êtes déjà l’vée. mademoiselle? Diable! vous êtes matinière.. à ce matin... madame vot’ mère est mieux portante à c’qui parait? ( Voyant qu Elise ne répond pas, il va te mettre d la fenêtre où elle est occupée d regarder sur le port.) Ah ! ah! j’vois c’que c’est. Vous r’ gardez ('vaisseau deM. Gustave, ce brave et jeune lieut’nant d 'marine qu’monsieur a pour ainsi dire élevé , qui vous aime tant et qu'vous aimez bien aussi... c’est une justice à lui rendre. Il va partir aujourd’hui même pour faire son voyage de long-cours afin de r’venir capitaine et vous épouser. Ah !
tout l'inonde dit qu’ça sera un fameux mariage !... c’est pas l'embarras, vous frez une bien belle couple ! ! ça vaudra mieux que d’vous être unie à c’ M. de Saint-Hilaire, ce soi-disant ami de M.
Victor, qui plaisait bien à votre mère, mais qui en r'vauge déplaisait diablement à vot’ père et à vous, car vous ne l'aimiez pas {riant), vous aviez raison, y m’a l’air d'un sournois!...
ELISE, impatientée, mais avec douceur.
M. Potin, je vous eu prie, parlons d’autre chose.
POTIN. Très volouliers, mademoiselle.
DM >£11.
[A part.) Tl paraît que ma conversation lui plait. [Haut.) Il fait assez beau c'matin ?
nous avons joui d’une bien belle journée, o’tc nuit? («s frottant la jambe.) Mais nous aurons d’I’oragc, c'est sur.
ELISE, vivement, (lue dites-vous? ( à part.) Et Gustave qui va partir! [haut.) Mais en êtes-vous bien certain?
POTIS. Cerlain'mcnt que j’en suis certain... c’est ma jambe qui me Edit... et ma jambe no m’trompe jamais, c’est la plus sûre des thcrmumêt’s qu’on puisse trouver.
Elise, avec peine. C’est assez, ne parlons plus de cela.
POTL'i. Je l’veux bien, mademoiselle.
(à part.) Elle aime lavariation ! voyons...
qu'est-ce que j’vais donc lui dire? ( il cherche) tiens! voilà M. Gustave !
klise. Gustave!
sou -. axietfs sQ O j frBs sa aeQ s a e ws ee w waaaaacaw