SCÈNE PREMIÈRE
GUSTAVE, SIMON, assis.
SIMON, ô Gustave qui entre. Eh bien !
Gustave ?
GUSTAVE . Tranqui I lisez-vous mon père, je viens de voir monsieur le procureur du roi : il m’a assuré que les pièges employés par ce Saint-Hilaire rendaient toutes circonstances atténuantes ; que votre moralité ne peut être atteinte par un événement d’autant plus malheureux pour vous qu’il frappe un enfant que vous chérissiez de toutes les forces de votre Ame; et d’ailleurs, quand il ne le croirait pas ainsi, j'ai ru vingt négocians des plus notables se faire inscrire au parquet, se portant caution pour vous afin qu'on ne vous ravisse pas la liberté.... ils ne veulent pas. ont-ils dit devant moi, que le plus honnête marchand de la ville soit traîné en prison comme un scélérat et déjà des cotisations sont faites pour vous sauver également de la ruine et rétablir votre crédit.
stMON, sanglotant. Mais ma fille ? ma fille ?
GUSTAVE. Hélas ! mon cœur est brisé aussi ! mais enfin, le coup est porté.
SIMON. Et c’est moi, moi qu’ello aimait tant 1
Gustave. Pourquoi vous accuser quand le monde vous absout ?
Simon. Eh! que m’importe le inonde?
j’ai frappé mon enfant !
GUSTAVE. Le malheur peut être réparé ; le docteur ne désespéra pas encore de ses jours.
SIMON. Non, non, elleenmourra. vois-tu.
GUSTAVE. S’il n'y avait plus d’espoir, ne pleurerais-je pas aussi? car enfin, le charme de ma vie serait détruit. Elle seule pouvait embellir mon existence.
Allez la revoir, mon père ; elle ne veut pas que vous la quittiez ; elle craint votre désespoir ; chaque minute que vous passez loin d’elle est une nouvelle angoisse pour son Ame !... allez la revoir mon père!
Simon. C’est vrai, elle le veut, je dois lui obéir. Me suis-tu Gustave ?
GUSTAVE. Non, mon père ; M. le préfet maritime m’attend sans doute, je dois me rendre auprès de lui. Mais je ne tarderai pas A revenir.
v* ràil.
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