SCÈNE III
VICTOR, entrant furtivement , GUSTAVE.
Victor. C’est vous, Gustave ? je vous cherchais.
GUSTAVE. Que me voulez-vous, Victor?
VICTOR. Un service que vous ne me refuserez pas, j’en suis convaincu.
GUSTAVE. Parlez.
VICTOR. Je m’aperçois maintenant, que j'ai été l'instrument de vengeance du fils de Bernard, qu’il s’est servi de moi comme d’un jouet. C’est lui qui, par ses Calais conseils, me rendit la terreur ou le bourreau de ceux qui m’approchaient et l’opprobre de ma famille ! Croyez-vous qu'on ne doive pas se venger d’un tel homme ?
GUSTAVE. Je l'ai pensé.
VICTOR. Et moi je l’ai résolu. Je suis allé chez lui pour le trouver, il n’était pas rentré; je courus visiter les endroits qu’il a pour habitude de fréquenter , je ne me rebutai pas ; enfin, après deux heures de recherches , j’eus le bonheur de le voir et le rendez-vous est donné pour dans une heure.
GUSTAVE. Déjà ?
VICTOR. Oui, dans une heure l’un des deux aura cessé d’exister. Mais il est adroit; si la chance le favorise je serai une seconde fois sa victime et ce monstre jouira de l’impunité. Ce n’est donc pas un témoin ordinaire qu’il me faut , mais un homme brave , qu’un même désir de vengeance anime. . . et j’ai pensé à vous.
GUSTAVE. Moi , votre témoin ? quand je voulais être le premier. . .
VICTOR. Cela ne se peut plus , maintenant , la parole est donnée. D’ailleurs comme il le dit partout , je suis son élève 1 C’est à moi qu’il appartient d’attaquer un maître tel que lui ! Pourvu qu’en mourant j'emporte l’assurance qu’un
autre ne tardera pas à le punir , je suis satisfait. Et vous me le promettez , n’estce pas?
GUSTAVE. Oui , je vous le promets , je vous le jure même. Je n’ai qu’un regret , c’est celui de ne pouvoir vous épargner le combat. Fussiez-vous vainqueur , il manquera quelque chose à ma félicité.
VICTOR. Elle sera peut-être complète...
Vous aurez sans doute deux existences à venger.
GUSTAVE. Que dites-vous?
VICTOR. Au reste ma vie m’importe peu, je la donnerais à celui qui la rendrait pure et sans tache. Mais une autre chose m'inquiète.
Gustave. Qu’elle est-elle?
VICTOR. Ma réconciliation avee'Gcorges n’était pas sincère; nous devions nous retrouver à cinq heures ce matin pour nous battre ; l’évènement de cette nuit et le désir de m’en venger me firent oublier ma parole. Georges ne me voyant pas aura pensé que j’étais un lâche. Je ne voudrais pas qu’il eût de moi cette opinion. elle me ferait rougir. .
GUSTAVE. Il faut le voir , lui peindre votre situation. Lo capitaine est homme d’honneur, cela lui suffira.
VICTOR. Vous avez raison. Mais auraisje encore le temps?..
GUSTAVE. Oui , sans doute . il ne faut que quelques minutes.
VICTOR. Eh bien ! attendez-moi ici, je cours
a8aaasea wi eaa8a a &jaaaaatti. >aM» w att> . «j C'i-M« M «a