‹ Un pere ou La famille Simon drame en trois actesChapitre 45 sur 57 · VICTOR, GEORGES , GUSTAVE · texte numérisé non relu

VICTOR, GEORGES , GUSTAVE

VICTOR. Ah !.. C’est vous , capitaine?

j’allais au rendez-vous.

GEORGES. Et moi j’en viens. Je vous y ai attendu près de trois heures.

VICTOR. Et vous avez pensé que la.

crainte seule m’empêchait de m’y trouver?

GEORGES. Non , monsieur , non ; si j’avais pu le croire, je ne serais pas ici en ce moment. Je soupçonnais bien que quelque événement vous retenait, mais je ne m’attendais pas à ceux qui affligent votre famille ; je viens de les apprendre à l’instant. Et comme le capitaine Georges a un père et une sœur comme les vôtres, que si pareils malheurs venaient les accabler il oublierait tout excepté la vengeance qu’il leur devrait; le capitaine] Georges a effacé la tache faite à son habit et ne croit pas commettre une

Il MICiStI» Ttrf.iTBU.

io

bassesse en vous rapportant votre parole et vous priant de lui rendre la sienne.

GUSTAVE. Ah! capitaine!

VICTOR. Ah ! monsieur, que d’excuses je vous dois!

Georges. Vous ne me devez rien , car je ne le ferais pas si je ne croyais agir en honnête homme , faire mon devoir en soldat.

viCTOn. Puissé-je un jour reconnaître dignement celte action. Vous pouvez disposer de mon sang, de ma vie, car ils sont â votre service.

GEORGES. Ce que vous m'offrez, j’allais vous l’offrir moi-môme. Je me souviens parfaitement de tout ce qui s'est dit, de tout ce qui s’est passé hier. Ce n’est pas vous , c’est Saint-Hilaire qui sans motif a jeté le dôfi sur table lorsqu’il s’agissait de savoir lequel de nous ôtait préféré. C'est lui qui connaissant notre caractère 4 tous deux avait pour but de nous faire entr'égorger; c’est donc sur lui que doit retomber le poids de notre colère ; je vous propose de m'accepter pour votre témoin et vous promets que vous ne serez jamais mieux secondé que parle capitaine Georges.

Gustave. C’est moi qui lui en servirai, capitaine.

GEORGES. Ah! c’est juste, je n'avais pas réfléchi. Et quand vous battez-vous?

VICTOR. Dans une demi-heure.

GEORGES. En quel lieu?

VICTOR. Non loin de la porte St.-Yiclor, près les remparts.

Georges. C’est bien. Je dirigerai ma promenade de ce côté.

VICTOR, Pardon, capitaine, mais avant de quitter cette maison . pour n'y plus revenir peut-être, je voudraiséerireà mon père une leltre d adieu qu’on ne hii remettra qu’après le combat.

GEORGES. Que je ne vous dérange pas ; je nie retire, .le Tais aller cliez moi pour câliner l’inquiétude que mon départ avant le jour a pu faire naître. Nous nous reverrons 14-bas.

VICTOR. Adieu , capitaine. Si le sort me favorise je ne vous demanderai qu’une grâce, celle de vous regarder comme mon ami.

GEORGES. Victor , votre main ? (d Gustave). La vôtre, capitaine? Maintenant c’est entre nous 4 la vie, 4 la mort!

(lisent.)

Page 1