GUSTAVE, ELISE
GtSTAVE. Ma chère Elise! combien ce moment m'est agréable! que je craignais de ne pouvoir vous trouver seule afin de vous faire connaître tout ce que me fait éprouver line séparation si longue avant d’être votre époux ! qu’il y a loin aujourd'hui de ce plaisir si pur que je ressentis lorsque votre père me dit, en me serrant la main : Pars, tu es brave, reviens capitaine et ma fille est à toi I El quand mes yeux fixés sur les vôtres y cherchaient un autre consentement, je les vis mouillés «le larmes qui me semblèrent produites
par la joie ; votre main tremblant dans
la mienne, les marques d’affection et de tendresse que nous prodiguait votre père, tout enfin concourait à faire de ce moment le plus beau de ma vie! je semblais défier le destin... Et quoiqu’il dût me séparer de vous, j’aurais voulu pouvoir avancer mon voyage, afin de revenir plus tôt recevoir votre main. Eli bien ! ce jour est arrivé, et des craintes se sont emparées de mon esprit.
ELISE, vivement. Des craintes! Gustave, pensez-vous que ce voyage ne sera point heureux? AU ! si cela est, 11e partez pas, mon ami. ne partez pas !
GUSTAVE. Non, non, ce n’est point cela! ce que je crains, Elise, c’est de ne plus vous trouver libre à mon retour.
ELISE. Mon ami, vous 11e doutez pas de mon coeur?
GUSTAVE. Ab! plutôt mourir que d’avoir une pareille pensée !
ELISE. Que pouvez-vous donc redouter encore? N'est-ce pas mon père qui le premier vous a promis ma main ?
GUSTAVE. Oui. Elise. Mais sotre mère?
elle ne m’aime pas, vous le savez. Votre mère, issue d’une noble el ancienne famille, n’a quitté sa noblesse qu’à regret , pour s’unir à votre père; et quoiqu’après plus de vingt années d'un heureux mariage, elle rougit souvent encore d’avoir épousé (ce qu'elle appelle uu marchand) ; consentira-t-elle jamais?...
ELISE. Mon père vous aime tant, Gustave, que nous pouvons tout espérer !
GUSTAVE. Oui, car si je cherche les honneurs, la fortune, c’est pour les mettre un jour aux pieds de son Elise, toute mon ambition, tous incs vœux sont pour elle !..
dites-moi ! comment ne pourrions-nous pas nous entendre?
ELISE. Oui, Gustave, soyez-en sûr; mou père ne consentirait jamais à faire notre malheur. Et puis, s’il vous faut une assurance plus positive, je vous promets de ne penser qu'a vous, de n’uppartcnir qu à vous, à vous seul, vous entendez. Ma inéiv, j’en suis persuadée, lie voudrait pas forcer notre inclination.
GUSTAVE. Ah ! je puis partir, maintenant, car vous tiendrez votre promesse...
Elise sera à moi !
ELISE. Vous êtes plus tranquille, n'estcepas ?
Gustave. Oui, oui, car vous êtes un ange!
( il lui baùc la nais,)
LE MlCàSlI fHElTBÀL;