‹ Un Père prodigueChapitre 18 sur 113 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

ce qui peut arriver. Je lui ai demande à déjeuner ce matin. Je voulais connaître l'intérieur de sa maison; mais une femme dans ma position ne peut avoir qu'une liaison sérieuse. En cinq minutes, j'ai su à quoi m'en tenir : mauvaise maison, mauvais service...

DE TOURNAS

Mauvais ! !

ALBERTINE

Mauvais entourage. S'il faisait un beau mariage!... et encore... non... ce n'est pas cela qu'il me faut,

DE TOURNAS

Qu'est-ce qu'il vous faut ?

ALBERTINE

Je suis la meilleure fille du monde; mais, que voulez vous! j'ai de l'ordre, c'est dans ma nature. Aussi on dit du mal de moi, parce que j'ai eu l'esprit de mettre un peu d'argent de côté.

DE TOURNAS

Vous êtes riche?

Non; j'ai une trentaine de mille livres de rente, j'en veux quarante.

DE TOURNAS

C'est v)tre chiffre?

ALBERTINE

On ne peut pas vivre à moins. Quand j'aurai mes quarante mille livres de rente, je dis adieu au monde; je vends les diamants, les voitures, les chevaux en vente publique, c'est ce qu'il y a de mieux. J'ai horreur de tous ces biim-

borions-là, mais il faut en avoir, sans cela on ne vous regarderait pas. J'achète un bon petit hôtel dans un coin de Paris, je le meuble bien modestement avec un mobilier anglais, rien de plus; j'y reçois quelques bons amis, des artistes, ils sont amusants; pas de femmes, bien entendu : je les connais, ces dames! et alors, n'ayant plus d'inquiétudes matérielles, je m'occuperai d'aimer, ce que je n'ai pas encore pu faire, si toutefois je trouve un cœur qui comprenne le mien...

DE TOURNAS

Oh! vous trouverez ça!...

Pendant la réplique de Tournas, le comte a ouvert la porte de son appartement.

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