SCÈNE III
ANDRÉ, MADAME GODEFROY
ANDRÉ, à mada:i'e Godefroy.
Comment ! c'est vous, chère madame!
MADAME GODEFROY
Moi-même, qui viens vous apporter les renseignements que vous m'avez demandés dans votre dernière lettre.
ANDRÉ
Il fallait mïcrire d'aller vous voir.
MADAME GODEFROY
Ce que j'aurais fait, si je ne vous avais pas trouvé; mais à quoi bon vous faire verdir à la campagne? Tout est per-
mis à une femme de mon âge ; d'ailleurs se gône-t-on entre amis, car j'espère que vous avez un peu d'amitié pour moi ?
ANDRÉ
Beaucoup !
MADAME GODEFROY
J'en suis heureuse ; car, moi, je vous aime comme J'aimerais mon fils, si j'en avais un! (roj-ant Joseph qui vient préparer sur
une chaise le paletot d'André.) Vous êtes pressé, VOUS alliez sortir?
ANDRÉ
Quelques courses avant mon départ.
MADAME GODEFROY
Vous allez à Dieppe ?
ANDRÉ
Rejoindre mon père, qui m'écrit lettre sur lettre pour que j'arrive.
JOSEPH, à André.
Le mouchoir de monsieur le vicomte, la monnaie du billet et les journaux.
11 dépose le toul sur la table et sort. MADAME GODEFROY.
Votre père a retrouvé à Dieppe madame de Chavry, avec la nièce de laquelle vous avez été élevé, pour ainsi dire. Pour une raison ou pour une autre, vous désirez, avant de retourner chez elles, avoir des renseignements sur ces deux dames que vous avez perdues de vue depuis huit ans ; et, comme ma propriété est à une demi-lieue de Dieppe, vous m'avez priée de prendre tous les renseignements possibles et de vous les faire connaître.
ANDRÉ
C'est cela même; vous avez dû supposer, chère madame...